Classement prévoyance 2017 : sale temps pour les paritaires

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Dans un marché chahuté, les groupes de protection sociale ont vu leurs résultats en prévoyance reculer en 2016. Leurs performances en collective ont notamment été impactées par la fin des clauses de désignation.

C’est ce qu’on appelle une « minitempête » traversée par le marché de la prévoyance en 2016. Selon les chiffres de notre Top 30, près d’un tiers des entreprises citées (30 %) a terminé l’année en recul. Au regard des résultats cumulés des dix premiers acteurs du marché, le total des cotisations encaissées en France en affaires directes (en brut de réassurance, hors acceptations) a même chuté de 3 % par rapport à 2015.

En cause : une forte dégradation des performances en prévoyance collective d’une majeure partie des leaders du marché. Plus précisément, des groupes de protection sociale (GPS) AG2R La Mondiale (-9,1 %), Klésia (1) (-7,1 %), Malakoff Médéric (-6,8 %), Humanis (-5,2 %). « Historiquement, les institutions de prévoyance ont capté la prévoyance collective découlant des accords de branche. La fin des clauses de désignation a bousculé la concentration du marché réalisée par quatre à cinq groupes paritaires. Tant et si bien qu’aujourd’hui, tous les acteurs, dont les compagnies d’assurance, les bancassureurs, les mutuelles, voire les courtiers, manifestent un regain d’intérêt pour la prévoyance », observe Jean-Michel Courtant, directeur développement & marketing du pôle santé prévoyance de Macif Mutualité.

Selon nos chiffres, plusieurs acteurs se sont ainsi engouffrés dans la brèche à la suite de l’ouverture de ce marché. C’est le cas notamment d’Allianz, qui affiche une croissance de plus de 10 % en collective. « En 2016, nous avons mobilisé tous nos réseaux sur la prévoyance et la santé collective. Résultat, nous avons réalisé 50 000 nouveaux contrats », indique Laurent Doublet, directeur protection sociale d’Allianz France. Mutex (+7,2 %), Groupama (+5,4 %) et Axa France (+3,5 %) ont également profité de cette redistribution des cartes. Mais aussi de nouveaux acteurs sur le marché, à l’image de Crédit agricole Assurances dont l’activité assurances collectives a débuté il y a à peine deux ans et demi. « Nous n’avons pas souscrit aux appels d’offres de recommandations ou de labellisations. Mais le marché étant ouvert, nous avons capté de nombreuses entreprises du middle market (50 à 100 salariés), grâce à la relation bancaire et à notre modèle de bancassureur des entreprises », se félicite Pierre Guillocheau, directeur des Assurances collectives de Crédit agricole Assurances.


Sources : L’Argus de l’assurance et les sociétés citées
NC : non communiqué. – : segment non exercé.
1. Cotisations brutes de réassurance, hors acceptations, y compris dépendance.
2. Changement de périmètre par rapport à l’édition de 2016, à la suite du rachat par La Banque postale Prévoyance des 50 % détenues par CNP Assurances, les montants 2015 ont été recalculés.
3. Changement de périmètre par rapport à l’édition de 2016, à la suite du rachat des 50% détenues par CNP Assurances.
4. Y compris Libea.

Un maillage du territoire

« En fait, ce sont les acteurs qui combinent une présence installée sur le terrain depuis de nombreuses années au travers du courtage et les réseaux de proximité qui ont su tirer profit de la fin des clauses de désignation », explique Laurent Doublet, d’Allianz. Avant de souligner que « les paritaires ne peuvent pas s’appuyer sur des réseaux propriétaires largement implantés ». D’autres nuages ont également assombri, l’an dernier, le ciel des groupes paritaires en prévoyance. « Dans un contexte de vieillissement de la population salariée et de taux bas, un certain nombre d’acteurs du marché ont des problèmes d’équilibre technique sur la prévoyance, et ont procédé à un redressement de leur portefeuille, ayant pu aller jusqu’à des résiliations », explique Céline Blattner d’Actuaris. Cette politique plus sélective de souscription a été évoquée lors de la présentation des résultats d’AG2R La Mondiale l’an dernier, et à ceux d’Humanis cette année, pour expliquer leur mauvaise passe sur ce segment. Seulement, les relais de croissance ne sont pas légion. Très impliqués sur la collective, les groupes de protection sociale ont, en effet, très peu investi le marché de la prévoyance individuelle. Un marché où règne pourtant aujourd’hui une certaine embellie, les résultats affichés étant, dans l’ensemble, meilleurs qu’en 2015 (voir tableaux ci-contre). Dans ce segment plutôt porteur, les offres Garanties des accidents de la vie (GAV) connaissent notamment un certain dynamisme.

Méthodologie

  • Le périmètre retenu pour le Top 30 de la prévoyance est celui du groupe (liens capitalistiques majoritaires pour les assureurs, unions ou groupement de mutuelles publiant des comptes combinés, périmètre de combinaison pour les groupes de protection sociale).
  • L’activité prévoyance retenue pour le classement recouvre les couvertures invalidité, incapacité et décès, l’assurance décès souscrites dans un cadre individuel ou collectif, ainsi que les garanties accidents de la vie (GAV ), l’assurance dépendance et les couvertures « hommes clés ». A contrario, elle n’intègre pas l’assurance maladie complémentaire, l’épargne retraite, l’assurance vie et l’assurance emprunteur.
  • Le classement en prévoyance est établi sur la base des cotisations encaissées en France, en 2016 en affaires directes (en brut de réassurance, hors acceptations).

La dépendance toujours en retard

En revanche, la dépendance ne fait toujours pas recette (voir page 12). « Sur ce marché, il y a des réformes qui auraient dû se faire qui ne se sont jamais faites. Si bien que dans un univers de taux bas, les assureurs ont du mal à vendre ces produits, les primes n’étant pas du tout attractives », regrette Céline Blattner. Seul groupe paritaire présent dans notre Top 10 de la dépendance, AG2R La Mondiale a… d’ailleurs reculé de 5,8 % sur ce marché en 2016.

Météo défavorable pour les gps

  • Mauvaise année pour les groupes de protection sociale en prévoyance collective. Quatre groupes paritaires présents dans le Top 10 (Malakoff Médéric, AG2R La Mondiale, Humanis, Klésia) ont connu une évolution négative.
  • Axa France récupère la première place de ce classement au détriment de Malakoff Médéric qui recule d’une marche.
  • En prévoyance individuelle, dans un marché largement dominé par Crédit agricole Assurances, seul Allianz (-0,7 %) affiche un résultat en baisse.

Grand soleil

  • Les dix premiers acteurs présents sur la Gav ont vu leurs résultats augmenter entre 2015 et 2016.
  • Par rapport à l’an dernier, le groupe des assurances du Crédit mutuel (7e) gagne une place au profit de Generali.
  • Les trois plus fortes progressions sont à mettre à l’actif d’Axa France (+16,7 %), Crédit mutuel (+11,4 %) et Groupama (+11,3 %).

Ombre et lumière

  • La moitié des entreprises du Top 10 présente une variation positive sur ce marché.
  • L’autre moitié, composée essentiellement de groupes de protection sociale, affiche des résultats en baisse.
  • La plus grosse chute revient au groupe Humanis (-19,2 %), suite notamment à des « mouvements exceptionnels et non-récurrents constatés sur 2015 », précise le GPS .

Pas (ou peu) d’éclaircie

  • Leader l’an dernier sur ce marché, CNP Assurances chute à la 6e place de notre classement. Les cotisations 2016 en affaires directes du groupe n’intègrent plus les résultats de La Banque postale prévoyance, comme lors de la précédente édition.
  • Quatre acteurs (CNP Assurances, AG 2R La Mondiale, Istya et la Mutuelle générale) sur dix affichent des résultats en baisse sur la dépendance en 2016.
  • Excepté pour Axa France (+16,1 %), les croissances sur ce segment sont faibles.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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