Couvertures contre la sécheresse : les agriculteurs demandent des avancées

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Bruno Lemaire, ministre de l'Agriculture

Bruno Lemaire, ministre de l'Agriculture

Aujourd’hui, 44 départements sont concernés par des mesures de restriction d’eau. La FNSEA, principal syndicat d'agriculteurs, tire la sonnette d’alarme, notamment sur les couvertures d’assurances.

Difficile d’échapper, en ce moment, à la levée de boucliers organisée par la FNSEA contre le manque d’indemnisations adaptées pour faire face aux conséquences de la sécheresse qui sévit depuis plusieurs mois. « Nous sommes sur le quai. Nous attendons que le système soit simplifié et vraiment efficace », résume Patrick Férrère, directeur général de la FNSEA. Avec aujourd’hui 44 départements concernés par les mesures de restriction d’eau, et des cultures et alimentation du bétail menacées, les agriculteurs s’inquiètent des pertes économiques qui s’annoncent.

En 2009, les « grandes cultures » ont, en effet, été sorties du périmètre d’indemnisation du Fonds national des calamités agricoles, une solution d’assurance récolte privée étant censée avoir pris depuis la relève. Dans les faits, à peine 30% des superficies concernées sont couvertes, et les assureurs ont cessé de souscrire de nouvelles polices depuis le 30 avril, le risque étant réalisé. Un retrait mis en exergue par le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, qui a appelé banquiers et assureurs à « la solidarité ».

Côté assureurs, on renvoie la balle dans le camp du gouvernement. Celui avait, en effet, prévu, dans la loi de modernisation de l’agriculture du 27 juillet 2010, qu’un rapport des ministères des Finances et de l’Agriculture viendrait préciser le cadre et les modalités d’un mécanisme de réassurance publique en cas d’événement climatique exceptionnel affectant les récoltes. Ce rapport devait être remis au Parlement au plus tard le 27 janvier 2011, ce qui n’a toujours pas été fait. Assureurs et réassureurs ont planché sur un schéma possible. Sans suite. Pour l’instant du moins, car vu le lobbying des agriculteurs, en cette période préélectorale, la situation pourrait bien finir par évoluer.

La FNSEA milite pour un système "d'auto-assurance", qui reprendrait l'idée de la déduction pour aléas fiscalement avantageuse, et permettrait aux agriculteurs de mettre des sommes de côté les années fastes pour faire face aux mauvaises années. Un schéma qui existe déjà mais qui est jugé par les agriculteurs beaucoup trop complexe et beaucoup trop restrictif, puisque l'indemnisation n'est possible que si l'agriculteur est couvert par une assurance, "ce que beaucoup ne souhaitent pas" selon Patrick Férrère, et bien sûr avec des plafonds.


 


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