Dette grecque : la décote passe à 70% pour les assureurs

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Réunis à Bruxelles, les ministres des Finances de l'Union monétaire sont finalement parvenus à un accord sur le plan de sauvetage de la Grèce

Réunis à Bruxelles, les ministres des Finances de l'Union monétaire sont finalement parvenus à un accord sur le plan de sauvetage de la Grèce

A quand la résolution, une bonne fois pour toutes, de la crise de la dette grecque ? Une nouvelle fois, les créanciers privés ont dû accepter la restructuration de leur prêt. De 21% à l'origine, la perte s’élève maintenant à 70%. Et rien n'indique que la spirale va s’arrêter là…

A l’issue d’une énième séance de négociations sur le fil du rasoir, les créanciers privés de l’Etat grec, parmi lesquels les assureurs, ont accepté lundi 20 février d’effacer jusqu’à 107 Md€ de leur créance, correspondant à une perte de 53,5% de sa valeur ; 31,5% du reste du montant global de leur créance sera en outre échangé contre de nouvelles obligations d'une durée allant de 11 à 30 ans, à un taux d’intérêt moyen sur 30 ans de 3,65%. Au final, la facture se traduira par une perte sèche de plus de 70% pour les détenteurs de la dette grecque. Une mauvaise nouvelle pour les assureurs, au premier rang desquels Groupama, qui détenait 540 M€ de titres souverains grecs en portefeuille à fin juin 2011, déjà fragilisé par ces actifs. Rappelons qu’à cette même date, Covéa était exposé à hauteur de 520 M€, Axa de 300 M€, CNP Assurances de 62 M€ ou encore Macif de 58 M€.

Un accord non définitif...

Précision toutefois : cet accord obtenu à l’arraché n’a pour l’instant été signé que par Charles Dallara, le président de l’Institut de la finance internationale et Jean Lemierre (BNP Paribas), représentants à Bruxelles des créanciers privés de la Grèce lors de ces négociations. Reste maintenant à en faire accepter les conditions par les membres de l’Institut et les acteurs individuels. De leur côté, les partenaires européens de la Grèce ont assorti de réserves le succès des conditions proposées par les investisseurs privés, et le FMI ne décidera de sa participation au plan d’aide à la Grèce qu’en mars, lors de la réunion de son assemblée générale. Commentant l’accord, Charles Dallara a cru bon de préciser : « Je ne dirais pas qu’il s’agit d’un tournant définitif ». Au moins, voilà qui a le mérite d'être clair !

Catherine Dufrêne


 


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