Japon: la facture du séisme s'alourdit
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capture BBC News
Loin devant l’estimation rendue publique par la Banque mondiale (225 Md$), le gouvernement japonais a formulé mercredi 23 mars un chiffrage des dommages causés par le tremblement de terre et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du pays à 309 Md$. Soit 220 Md€ ! S’il se révèle exact, ce montant fera de la catastrophe au Japon, le plus coûteux événement naturel de l’Histoire. Jusque-là ce triste record était détenu par l’ouragan Katrina qui avait ravagé la région de la Nouvelle-Orléans en 2005 pour un montant des dommages de 125 Md$.
Munich Re revoit ses plans
Ces incertitudes persistantes sur l’ampleur économique des dommages consécutifs à la catastrophe interrogent la capacité même des assureurs et des réassureurs à évaluer leur propre exposition. Ainsi, Chartis, la filiale dommages du groupe américain AIG, principal assureur étranger actif au Japon, avec une participation de 55% au capital du nippon Fuji Fire and Marine et 10 000 collaborateurs, a communiqué mercredi 23 mars une exposition de 700 M$. L’assureur note, toutefois, l’impossibilité de mesurer l’impact de sa participation, par le biais de Fuji Fire and Marine, au système d’assurance public-privé Japanese Earthquake Reinsurance Company (JERC), seul habilité à garantir les particuliers contre le risque de tremblement de terre.
Par ailleurs, le séisme du Japon fait vaciller les projets de Munich Re. Le premier réassureur mondial vient de décider qu’il reportait son opération de rachat d’actions à hauteur de 500 M€ qui devait débuter fin avril pour se poursuivre jusqu’au printemps 2012. En revanche, l’opération en cours et qui couvre le rachat d’actions pour un volume d’1 Md€ sera clotûrée comme prévu au 20 avril. Jusqu’à présent, Munich Re a acquis pour 922 M€ de titres. Le groupe avait annoncé en début de semaine que le montant des dommages au Japon se chiffre désormais, pour lui, à 1,5 Md€. Un volume plus important qu’initialement prévu et qui pèsera sur le bénéfice de cette année. Au lieu des 2,4 Md€ prévus, le réassureur ne pourrait atteindre, selon les analystes, qu’1,2 Md€ à la fin de cet exercice.
Stéphane Tufféry et Marie Luginsland








