Jean-Marc Robinet, DG de Réunica : « Nous étudierons tous les paramètres »

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La concentration du monde paritaire bat son plein en ce début juillet. Alors que D et O et Mornay scellent leur mariage au sein de Klesia, Réunica vient de lancer le processus de sélection de son futur partenaire. Les dirigeants du groupe assurent que le jeu est totalement ouvert.

De gauche à droite : Vincent Archambeaud, vice-président de l'Association sommitale Réunica, Michel Enguelz, président de l'association, et Jean-Marc Robinet, directeur général.
De gauche à droite : Vincent Archambeaud, vice-président de l'Association sommitale Réunica, Michel Enguelz, président de l'association, et Jean-Marc Robinet, directeur général.
MORGAN DRESSE
INTERVIEW  

Comment expliquez-vous les bons résultats enregistrés en 2011 ?

Jean-Marc Robinet - Notre progression de 8,4% en assurance de personnes est effectivement atypique si on la compare aux chiffres du marché récemment publiés par le CTip (1%). Il faut bien se rappeler qu'en 2002, avec la fin du partenariat avec Gan, nous étions quasiment exclusivement centrés sur la gestion des retraites complémentaires. Nous avons donc dû redémarrer une activité d'assurance de personnes avec la volonté d'atteindre rapidement une taille significative. Notre chiffre d'affaires a d'ailleurs crû de 100% depuis 2005. L'objectif est donc atteint. Mais cette politique de développement a eu un impact sur notre résultat en assurance de personnes, en recul de 28 M€ en 2011. Ce dernier chiffre tient aussi à des produits financiers en baisse et à la volonté, pour la prévoyance, de lisser vis-à-vis des entreprises, dans certains cas, l'impact financier du recul de l'âge légal de la retraite. Dès cette année, nous avons pris les mesures nécessaires pour un retour à l'équilibre à fin 2013-2014.

 

Cette progression se retrouve-t-elle également sur l'épargne retraite ?

J.-M. R. - Nous sommes, vous le savez, numéro trois en France en retraite complémentaire, avec 6,9 Md€ de cotisations enregistrées en 2011. Les produits d'épargne retraite supplémentaire connaissent une progression encore modeste sur le marché. Le projet de coentreprise lancé en 2008 avec Groupama a été heurté de plein fouet par la crise financière. Cela nous a conduits à céder, fin juin, les 50% que nous détenions dans Réunima à Groupama Gan vie. Cependant, nous restons distributeurs des produits Groupama sous la marque Réunima, dont nous conservons la propriété.

 

Avez-vous subi l'impact de la crise de la dette ?

J.-M. R. - Non. Depuis l'été 2010, nous n'avons plus aucune obligation grecque, et notre exposition aux dettes souveraines italienne et espagnole ne dépasse pas 5%.

 

Vous avez relancé un processus de rapprochement avec un autre groupe paritaire : quels en sont les motifs ?

Vincent Archambeaud - Depuis vingt ans, le groupe a toujours su anticiper l'évolution de son environnement. Face à la concentration du secteur, et pour pallier le déséquilibre d'origine de Réunica entre ses activités d'assurance de personnes (620 M€) et celles de retraite complémentaire encaissées en Agirc-Arrco (6,9 Md€), nous avons décidé de trouver un partenaire qui nous permette de grandir sans perdre notre âme, c'est-à-dire en préservant nos valeurs paritaires et dans une logique de mutualisation des moyens.

 

Pourquoi avoir choisi cette démarche originale de présélection de trois groupes ?

Michel Enguelz - En octobre 2011, après avoir constaté que le projet avec Pro BTP était caduc, les administrateurs ont souhaité avancer différemment, en regardant quels étaient nos partenaires potentiels. Nous avons repris le processus de sélection engagé pour Pro BTP et abouti au final à la décision prise le 5 janvier de retenir trois groupes qui répondaient a priori à nos attentes : AG2R-La Mondiale, Apicil et Malakoff-Médéric.

 

Comment s'organise la suite du processus ?

V. A. - Fin juin, nous avons remis - en mains propres, c'était important à nos yeux - aux présidences paritaires des trois groupes présélectionnés une lettre d'intention, plus un questionnaire construit autour de six grandes thématiques et un état des lieux de notre groupe. Nous souhaitons un retour de ce questionnaire d'ici à la première quinzaine d'octobre, étant tout à fait ouverts à des demandes de précision. Soucieux d'examiner en profondeur toutes les réponses qui nous seront faites, nous pensons que le choix de notre groupe partenaire sera entériné par toutes les instances de Réunica à la fin du premier semestre 2013.

 

Pourquoi un délai si long ?

M. E. - C'est un projet qui a été préparé par les administrateurs, et l'association sommitale n'entend pas se précipiter : elle souhaite se donner le temps de la réflexion.

 

Pour certains, votre choix ne peut aller qu'en faveur d'AG2R-La Mondiale, afin de respecter les équilibres entre les quatre plates-formes retraite. Tous les deux, vous représenteriez ainsi 25% de l'ensemble Agirc-Arrco.

M. E. - Nous avons effectivement entendu ce raisonnement, mais il n'est pas sérieux. Imaginer que tout est joué d'avance, c'est faire bien peu de cas des administrateurs Réunica. Le poids de la retraite complémentaire n'est qu'un aspect du dossier, et l'association sommitale a bien d'autres préoccupations, notamment l'avenir du personnel du groupe, la qualité de service ou les valeurs paritaires. Il y a un objectif, nous devrons faire des choix, mais nous étudierons tous les paramètres.

Retrouvez la précédente constellation paritaire, parue dans l'Argus du 11 février 2011 sur www.argusdelassurance.com.


Jean-Marc Robinet

Jean-Marc Robinet

Directeur général du groupe Réunica

Jean-Marc Robinet est né en 1955. Études de gestion à L’Université Paris Dauphine. Diplôme d’expertise comptable. 1981-99 : Commissaire aux comptes et expert comptable au sein du cabinet [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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