L’assurance réoriente ses activités
Mots clés : - MAAF,
- BNP Paribas,
- Generali,
- Covéa,
- GMF
Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures
Orientation des activités vers la santé et la prévoyance, modification de la structure des revenus générés par l’assurance vie et baisse générale de la rentabilité : les évolutions réglementaires, les turbulences financières et la crise économique ont nettement modifié le paysage de l’assurance en France, entre 2005 et 2010, selon l'étude du cabinet d’études Facts & Figures présentée le 24 août.
Entre 2005 et 2010, plusieurs facteurs ont changé la donne dans le secteur de l’assurance qui a enregistré une croissance annuelle moyenne de 3,9%. Pour préserver leurs fonds propres dans la perspective de Solvabilité 2 et en vue d'améliorer leur rentabilité dans un contexte de crise, la plupart des opérateurs régis par le code des assurances ont eu tendance à réorienter leurs activités vers la santé et la prévoyance, segments qui pesaient 15,1% du chiffre d’affaires du secteur contre 12,3% cinq ans plus tôt, selon le baromètre « croissance x rentabilité » de Facts & Figures rendu public le 24 août.
Le mouvement est particulièrement marqué du côté des bancassureurs qui délaissent l’épargne au profit des « activités d’assurance à risques ». Dans cette famille d’acteurs, le Crédit Mutuel est celui qui mise le plus sur ces activités (26% de son chiffre d’affaires). Mais pour Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures, la dynamique observée sur le marché de la santé et de la prévoyance risque de s’affaiblir du fait de la crise. « Les assurés ne pourront plus supporter des hausses de tarifs de 5 à 7% tous les ans en santé », estime-t-il. La perte de pouvoir d’achats pourrait se traduire à l’avenir par des réductions de couverture ou des résiliations, en santé comme en prévoyance.
Les lignes bougent en épargne
Selon Cyrille Chartier-Kastler, « les assureurs ne doivent pas abandonner l’épargne ». Cette branche est pénalisée par la crise économique et financière. Mais elle a tout de même généré un produit net d’assurance de 19,7 Md€ en 2010, « soit un poids comparable à celui de l’assurance automobile » et enregistré une croissance annuelle moyenne de 2,8%. En cinq ans, selon Facts & Figures, la part du produit net d’assurance provenant de la collecte a diminué du fait de la baisse des frais d’entrée (14% contre 22% en 2012). Le revenu provenant des encours, lui, augmente, y compris pour les unités de compte.
Rentabilité : les compagnies traditionnelles se démarquent
Globalement, le secteur a vu son niveau de rentabilité diminué en cinq ans. Son ROE comptable est passé de 11,1% à 7% entre 2005 et 2010. Mais Facts & Figures observe de fortes disparités selon les typologies d’acteurs. Les agents généraux et les courtiers affichent le plus fort niveau de rentabilité sur cinq ans (13,6% et 13,2%), alors que les mutuelles sans intermédiaires (MSI) se situent en deçà de la moyenne à 5,9%.
Au sein d’une même famille aussi, les écarts peuvent être importants. Parmi les MSI, GMF et Maaf profitent des synergies mises en œuvre au sein du groupe Covea et affichent les plus forts niveaux de rentabilité (10,4% et 9,6%). D'après l’étude de Facts & Figures, Axa France se démarque nettement du reste des acteurs avec un ROE comptable de 18,9% sur cinq ans. Dans sa catégorie, il devance Generali (13,8%) et Allianz (13,6%). BNP Paribas arrive en tête des bancassureurs et se place en 2ème position du panel général avec un ROE comptable de 14,2%.
Estelle Durand






