L’épargne retraite collective se développe lentement
Mots clés : - épargne retraite,
- épargne salariale,
- Plans d'épargne pour la retraite collectifs (Perco),
- Sénat,
- réforme des retraites
La situation était savoureuse : alors que les débats sur la réforme des retraites battaient leur plein au Sénat, sous fond de contestations populaires, le Club de l’Epargne Salariale (CES) présentait au même moment, à quelques mètres de là, dans une des salles du Palais du Luxembourg, son sondage annuel sur l’épargne salariale. Normal, dans ces conditions, que la huitième édition de cette étude, effectuée auprès de 102 entreprises adhérentes au CES et de 781 salariés, consacre cette année une large place à l’épargne retraite.
Il en ressort qu’il y a encore du chemin à parcourir : seules 38% des entreprises interrogées ont mis en place un plan d’épargne retraite collective (Perco). Et encore, ce résultat aurait pu être pire, sachant que le panel comprend seulement une vingtaine de sociétés de moins de 500 salariés et aucune de moins de 50 salariés. Or, il est admis que les PME sont en retard en matière d’épargne retraite. Pire : parmi les entreprises sondées qui proposent un Perco, seulement 48% l’abondent. Un abondement qui s’élève en moyenne à 1 613 € par an et par salarié, loin du maximum autorisé (5 200 €). « Une partie des entreprises n’ont pas encore ouvert de Perco alors que ce dispositif est attendu des salariés, y compris de la part de la nouvelle génération », souligne Henri Alline, le président du CES.
es salariés sont, il est vrai, inquiets sur le montant de leur future pension : 82% d’entre eux pensent qu’il sera insuffisant pour leur assurer une vie confortable pendant tout ou partie de leur retraite (88% chez les femmes), toujours d’après le CES. Et 42% avouent, dans le même temps, ne pas épargner à titre individuel pour leur retraite (en excluant l’immobilier), en grande partie à cause de leur faible pouvoir d’achat. D’où l’importance de l’épargne retraite collective, qui devait être hier soir au cœur des débats au Sénat. « La réforme des retraites devrait accélérer le développement du Perco », espère Henri Alline. Le fléchage automatique d’une partie de l’intéressement et de la participation vers le Perco, prévu dans le projet de loi, pourrait avoir un effet dopant.
Jean-Philippe Dubosc









