La concurrence contrebalance la hausse de sinistralité
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- Grands risques
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En dépit d'une sinistralité en forte hausse, tant en matière de catastrophes naturelles que de fréquence, « les tarifs ne remontent pas aujourd'hui à la vitesse prévue », observe Anne Charon, directeur général de RSA en France. « Sans parler du Chili, il y a eu plusieurs catastrophes naturelles d'ampleur ces derniers mois en Europe, en Espagne et dans le Var notamment. La dégradation climatique est désormais palpable et elle impacte les comptes des assureurs. En outre, les sinistres sont beaucoup plus intenses que par le passé », ajoute-t-elle. Les dommages consécutifs au tremblement de terre de février dernier au Chili sont estimés à quelque 8 Md$, et même si la région du Var ne dispose pas d'un tissu industriel très développé, bon nombre de magasins de distributeurs se sont retrouvés sous les eaux.
En outre, la sinistralité récurrente repart à la hausse après son repli concomitant à la baisse d'activité des entreprises du fait de la crise. Selon Thierry van Santen, directeur général d'AGCS France, « cette dérive est comprise entre 5 et 10 % par rapport à 2009 au niveau mondial ».
La qualité des risques s'améliore, mais les lignes sont disparates
Dans un cycle classique, cette hausse marquée de la sinistralité devrait entraîner l'augmentation des tarifs d'assurances des entreprises. Jusqu'à maintenant, il n'en est rien. « Le marché reste aujourd'hui en transition. Le cycle n'est pas clairement haussier mais les mauvais risques sont délaissés et les affaires techniquement déséquilibrées sont exposées », explique Hervé Houdard, directeur général du courtier Siaci Saint-Honoré (S2H). En outre, la rétention des grandes entreprises a eu tendance à augmenter ces dernières années et la fréquence n'est plus que rarement transférée au marché d'assurance. Globalement, « la qualité des risques des assurés continue de s'améliorer. Chez l'un de nos principaux clients, la prévention et le risk-management marquent des points et contribuent à bien orienter les statistiques de l'entreprise », confirme Anne Charon.
Assureurs, courtiers et réasureurs : c'est la bataille !
Toutes les lignes d'assurances ne sont toutefois pas logées à la même enseigne. Si, en RC comme en marchandises transportées, les marchés restent surcapacitaires et le cycle baissier, en dommages aux biens, en corps de navires comme sur la RCMS des institutions financières, les prix sont stables, voire légèrement haussiers. Ce dernier cas de figure s'applique aussi aux « PME qui évoluent dans des secteurs économiques à risque », remarque Hervé Houdard, qui ajoute : « la coassurance retrouve actuellement des couleurs. Un signe avant-coureur du resserrement de marché ».Mais le principal élément contributif à la stabilité des prix constatée par l'Amrae (interview ci-contre) est sans doute à chercher du côté de la vive concurrence que se livrent actuellement assureurs, courtiers et réassureurs pour conquérir ou conserver les risques des entreprises françaises.
Actuellement, « en dommages, les grands apériteurs se concentrent sur leur part de marché et défendent leur portefeuille. La souscription d'affaires nouvelles s'effectue au cas par cas et seuls les bons risques trouvent preneurs », remarque le directeur général de S2H.
Si « RSA s'attache actuellement à défendre ses positions et ne va pas sur toutes les affaires nouvelles », selon Anne Charon, de nombreux acteurs cherchent aujourd'hui à remplir leur portefeuille avec des risques français. L'offensive de l'américain Liberty, du japonais Mitsui, de l'allemand HDI, de HCC ou encore de Torus contribue largement à exacerber la compétition.
Même la réassurance, traditionnellement oligopolistique, prend part à la bataille des parts de marché. L'Association des professionnels de la réassurance en France (Apref), qui présentait cette semaine les résultats 2009 de la profession, est venue corroborer la thèse d'une concurrence exacerbée contribuant à stabiliser les prix. Ainsi, de nouveaux acteurs et de nouvelles places fortes de la réassurance font leur apparition. En Europe, l'Irlande et bientôt le Luxembourg, très attractifs pour la réassurance, « redistribuent les cartes et accentuent la compétitivité. La conséquence étant la baisse des taux », selon le président de l'institution, François Vilnet.
2 Questions à
Gérard Lancner, président de l'Amrae
Quel mouvement constatez-vous aujourd'hui en matière tarifaire ?
L'Amrae vient de publier son second point annuel sur les tendances constatées lors des derniers renouvellements. Il en ressort un maître mot : stabilité. Cette grande tendance a plusieurs causes. D'abord, les catastrophes naturelles récentes n'ont pas suffisamment pesé sur le marché des risques d'entreprise pour le modifier. Ensuite, la capacité de réassurance reste élevée, à des coûts favorables aux cédantes. Enfin, la concurrence est très vive entre acteurs, et c'est une grande satisfaction pour nous, risk-managers de sociétés françaises, de voir qu'assureurs et réassureurs restent attachés à dynamiser le marché français.
Y a-t-il des évolutions notables depuis l'échéance du 1er janvier ?
De plus en plus, les sociétés avec une politique de risk-management claire et identifiée se voient mieux tarifées que celles sans. En cat', le marché dommages s'est indubitablement resserré depuis les renouvellements du 1er janvier. Enfin, la réorganisation à l'oeuvre dans le courtage est en passe de s'achever et contribue de plus en plus au dynamisme du marché. Grâce à l'émergence de poids lourds français du secteur ainsi qu'aux organisations désormais très abouties des Anglo-Saxons, l'offre de services se renouvelle et atteint un bon niveau.







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