Les assureurs reviennent aux fondamentaux

Par - Mis à jour le 26 octobre 2012, à 14h 40 - Publié le
Maxime Letribot, associé chez Eurogroup Consulting

Maxime Letribot, associé chez Eurogroup Consulting

Selon le baromètre des décideurs de l’assurance, réalisé par Eurogroup et dont la 9ème édition est présentée ce 26 octobre, les acteurs du marché veulent en priorité, face aux incertitudes économiques et à la décollecte de l’assurance vie, redynamiser leurs forces commerciales et réduire leurs coûts en 2013.

C’est ce qui s’appelle faire le dos rond. Face à un environnement plus qu’incertain, les assureurs ont décidé de revenir aux fondamentaux. D’après la 9ème édition du baromètre des décideurs de l’assurance, réalisée par le cabinet Eurogroup Consulting France auprès d’une trentaine d’acteurs de toutes natures (compagnies, mutuelles d’assurance, bancassureurs, mutuelles 45, IP, courtiers) et rendue public ce 26 octobre, la dynamisation des forces commerciales arrive en tête des priorités des assureurs pour 2013, devant l’amélioration de la qualité du service client. Dans la précédente édition, c’était l’inverse.

Grande incertitude

En outre, la réduction des coûts passe du quatrième au troisième rang des axes stratégiques envisagés. « Les décideurs de l’assurance expriment une grande incertitude à la fois réglementaire, vis-à-vis des marchés financiers et des décisions politiques. Les consommateurs, aussi, sont très prudents », explique Maxime Letribot, associé chez Eurogroup.

La décollecte de 14 Md€ sur un an (soit plus de 1% des encours totaux) ne pousse pas, il est vrai, à l’optimisme. Compte tenu de la baisse des rendements et de la hausse des prélèvements sociaux, 52% des décideurs d’assurance (présidents, directeurs généraux, directeurs financiers, directeurs marketing…) interrogés prévoient une baisse de la rentabilité de l’assurance vie par rapport à l’an passé. Certains même vont jusqu’à parler de fin de « l’âge d’or » du placement préféré des Français.

Santé et prévoyance en forme

Côté Iard, le défi va être de conserver les équilibres retrouvés depuis deux ans. « Le dommages est très impacté par la crise, observe Maxime Letribot. En habitation, on constate une progression des cambriolages. En auto, si les assurés roulent moins, le coût des pièces détachées et surtout des dommages corporels s’envolent. La hausse tarifaire devrait donc se poursuivre, même si elle sera moins marquée que ces deux dernières années. » Du coup, 40% des sondés s’attendent à une baisse de la rentabilité.

En réalité, il n’y a qu’en santé et en prévoyance que les assureurs affichent une certaine sérénité. 70% prévoient un taux de croissance des cotisations en prévoyance de 3% ou plus en 2013. De nouveaux accords de branche devraient être conclus. En outre, la crise favoriserait le besoin de « se couvrir » davantage. Près de 80% des sondés tablent aussi sur une croissance de 4% à 5% du marché de la complémentaire santé. De nouvelles hausses tarifaires sont en effet à prévoir d’autant que la suppression de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA) sur les contrats responsables ne semble plus être à l’ordre du jour.

Jean-Philippe Dubosc

 

Synthèse_EUROGROUP_CONSULTING_Barometre_Assurance_2012


 


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