Les dettes souveraines s’invitent aux journées du courtage
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Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff Médéric
Les sujets d’actualité ne manquent pas en cette rentrée 2011, pour les courtiers et leurs fournisseurs. Interrogés en premier lieu sur la crise des dettes souveraines et son impact pour le secteur de l’assurance et de la réassurance - immédiatement après l’annonce par l’agence de notation Standard & Poor’s de la dégradation de la note de crédit italienne-, les trois patrons invités à la traditionnelle conférence « Quoi de neuf, madame et messieurs les présidents ? », Nicolas Moreau – directeur général d’Axa France -, Stéphane Pallez – PDG de CCR - et Guillaume Sarkozy – délégué général de Malakoff Mederic-, se sont montrés relativement optimistes. « Nous ne sommes pas là pour rajouter de l’anxiété à la volatilité, a résumé Stéphane Pallez. Les assureurs et les réassureurs sont des investisseurs de long terme, une ancre de stabilité. CCR a toujours eu un profil d’investisseur prudent, ne serait-ce que par la volonté de son actionnaire (l’Etat à 100%). La situation ne nous amène donc pas, pour l’instant, à changer le pilotage de notre politique d’investissement ».
Selon Guillaume sarkozy : "la grece ne pourra jamais rembourser sa dette"
De son côté, depuis quelques années seulement (mais depuis 2008, donc le début de la crise) dans le secteur de l’assurance après avoir œuvré dans l’industrie textile, Guillaume Sarkozy a estimé avoir la chance, depuis, de vivre une « période passionnante ». Selon lui, l’Europe, conçue pour éviter les guerres, a été bâtie ensuite « à marche forcée » dans un contexte de mondialisation, sans en prévoir les conséquences, créant un déséquilibre. « Les dettes des Etats ont pris tout le monde à contre-courant. On ne peut pas laisser tomber la Grèce, même si je pense qu’elle ne pourra jamais rembourser sa dette, surtout dans un contexte de récession. Si le problème est circonscrit à la Grèce, ce ne sera pas une difficulté pour notre secteur, car les sommes en jeu sont ridicules. Mais il faut sauver l’Europe et l’euro car sinon la situation serait catastrophique », selon Guillaume Sarkozy.
Le délégué génral du groupe paritaire a plaidé pour que la concentration dans le secteur des mutuelles et de l’économie sociale s’accélère, entrevoyant dans quelques années un nombre d’acteurs se comptant sur « les doigts des deux mains », contre encore 8 000 il y a quelques années. « Nous avons besoin en France d’acteurs puissants ». « La concentration des acteurs est un vrai sujet en France, mais celle-ci doit se faire de manière coordonnée, non en période de crise », a estimé Stéphane Pallez (CCR). « Il y a un problème de déconnexion complète entre les discussions politiques et les marchés financiers. D’ici à la prochaine échéance pour la dette grecque du 28 septembre, toutes les rumeurs qui courent sont néfastes pour les marchés, avec en plus la crise bancaire, les banques européennes n’ayant pas assez provisionné la dette grecque au 30 juin 2011 aux yeux des anglo-saxons. Pour nous, le sujet plus important est le contrecoup lié aux banques, dont l’attitude pourrait entraîner un ralentissement de l’activité. Les régulateurs nous ont amenés à investir dans les emprunts d’Etat ces dernières années ; aujourd’hui les banques cèdent ces emprunts à la BCE. Il y aura quelques années de purge qui vont être compliquées à gérer », a conclu Nicolas Moreau.
Dans ce contexte, tous ont plaidé pour que le projet de réforme prudentiel Solvabilité 2 prenne en compte les enseignements de cette crise « nouvelle version » liée aux dettes souveraines.
Pour Nicolas Moreau, chaque acteur devra décider ou non de la répercussion de la taxe
Autre sujet fort du moment pour le marché : la TSCA, passée à 7% pour les complémentaires santé. Questions qui taraudent les intermédiaires : est-ce que les compagnies l’appliqueront dès le 1er octobre ou au 1er janvier 2012, et dans quelle mesure elles le répercuteront dans leurs tarifs, histoire pour les courtiers de préparer l’esprit de leurs clients ? « Nous sommes collecteurs de taxes depuis longtemps. Nos tarifs sont nets de taxe ; ce sera à chaque acteur de décider s’il répercute, ou pas», a répondu Nicolas Moreau (Axa France). « Les hausses de tarifs sont décidées en conseil d’administration. Personnellement, je leur proposerai d’appliquer des tarifs non taxés. Les complémentaires santé doivent devenir des gestionnaires de risques ; nos clients ne peuvent pas supporter indéfiniment des hausses », a ajouté Guillaume Sarkozy, affirmant qu'il avait été surpris, en arrivant dans le secteur de l’assurance, de découvrir combien la gestion des risques y était peu développée comparativement au secteur industriel...
Il a aussi été, bien sûr, question de dépendance. Tous les intervenants ont salué les vertus pédagogiques du débat public qui s’est engagé avant que le projet gouvernemental ne soit reporté sine die. La CCR, peu présente sur ce marché, a dit qu’elle se tenait en veille sur le sujet, afin, le cas échéant, de pouvoir intervenir rapidement si ses services devaient être sollicités. Guillaume Sarkozy a toutefois déclaré ne pas avoir très bien compris le débat public, qui visait davantage à ses yeux à trouver un complément financier à l’APA (allocation personnalisée d'autonomie) de 2 à 3 Md€ sans réellement chercher à entrer dans les détails des couvertures possibles, et que le vrai problème selon lui concerne le maintien à domicile (outils existants, etc). « Mais le débat a créé une attente, et nous poursuivons nos réflexions sur des solutions possibles. Aujourd’hui, nous avons très peu de demandes de couvertures dépendance en collectives, qui posent le problème de la transférabilité », a-t-il observé.
Catherine Dufrêne











