Les Français perdent confiance dans l’assurance vie
Mots clés : - Gestion de patrimoine,
- Conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI),
- contrat multisupports,
- fonds en euros,
- SCPI
Conséquence de la crise financière, les épargnants se détournent des multisupports, selon une récente étude. Même les fonds en euros ne figurent, désormais, plus en tête de leurs investissements.
L’assurance vie n’est, semble-t-il, plus le placement préféré des Français. Selon une étude présentée le 11 octobre et réalisée en septembre par l’Ifop pour le compte de la banque spécialisée dans la gestion de patrimoine UFF, seuls 36% de la clientèle dite « patrimoniale » (plus de 30 000€ de patrimoine hors immobilier) comptent investir dans un contrat multisupports dans les mois à venir. Ce qui place ce produit au huitième rang des investissements prévus par les particuliers alors qu’il occupait, il y a encore trois ans, la quatrième place, derrière l’assurance vie en euros, les produits à capital garanti (comptes à terme…) et l’immobilier. La chute des marchés financiers, qui affecte le rendement de ces assurances vie investies en partie en actions, est, il est vrai, passée par là.
Plus de concurrence
Même les fonds en euros n’échappent pas à ce désamour. Toujours d’après cette enquête, effectuée auprès de 301 Français et de 151 clients de l’UFF et dont c’est la troisième édition, les monosupports ne figurent plus en tête des placements à venir. 66% des personnes sondées envisagent ainsi d’investir dans une assurance vie en euros, contre 69% dans un compte à terme. « Les fonds en euros constituent un marché qui est arrivé à maturité et qui atteint aujourd’hui un certain plafond. D’autant que sont apparus de nouvelles classes d’actifs qui viennent les concurrencer », estime Nicolas Schimel, PDG de l’UFF et ex-directeur général par intérim d’Aviva France, la maison mère de la banque. Et de citer notamment les Sociétés civiles de placements immobiliers (SCPI), dont le rendement net (hors impôts) se situe entre 4,5% et 5,8%, d’après les calculs de l’UFF.
Attentes déçues
Reste que, d’une manière générale, les Français n’ont guère envie d’investir dans les mois à venir. La faute, là encore, à la crise des dettes souveraines qui fait plonger les Bourses. 79% des clients patrimoniaux se déclarent ainsi pessimistes quant à l’évolution des marchés financiers. « Les épargnants sont devenus statistiques : ils préfèrent attendre avant de placer leur argent et garder de la liquidité », constate Nicolas Schimel. Et ce n’est pas leur conseiller en gestion de patrimoine (CGP) qui va leur faire changer d’avis. Car autre enseignement de l’étude de l’UFF : après s’être tournés vers eux suite à la crise de 2008 et par défiance à l’égard des banques, les épargnants semblent également déçus par ces professionnels. 21% se déclarent même insatisfaits de leur CGP, contre 9% en 2009. Pire : ce taux d’insatisfaction dépasse celui des conseillers bancaires (19%). « Comme les performances promises par les CGP n’ont pas toujours été au rendez-vous, la déception des clients n’en a été que plus grande », avance Nicolas Schimel. Dure rentrée.
Jean-Philippe Dubosc










