Les mutuelles venues défendre leurs spécificités devant le Parlement européen

Par - Publié le

,

,

,

,

,

,

Les représentants de mutuelles ont été entendus le 20 juin à Bruxelles. Cette audition était organisée dans le cadre de l'examen de l'opinion de l'eurodéputée (PPE) portugaise Regina Bastos pour un statut européen de la Mutuelle. La Commission Emploi a auditionné les experts venus évoquer l’importance que peut jouer le Parlement européen dans la reconnaissance de la spécificité des mutuelles.

Le 20 juin fût un jour important pour les mutuelles, attachées à défendre leur mode de gouvernance, et leur valeur démocratique. Pour la première fois, le sujet était porté devant les parlementaires européens. Invité au titre de président du groupe Macif, Gérard Andreck – qui est aussi président du Gema - a insisté sur la nécessité d’un statut européen commun à toutes les mutuelles des Etats membres et mis en avant les atouts de ce modèle entrepreneurial. « Le chemin est encore long pour que les mutuelles sécurisent leur avenir en Europe. Mais dans un contexte difficile, les mutuelles sont créatrices d’emplois et de richesses économiques » a-t-il argumenté.

Or, il lui semble nécessaire, pour qu’elles puissent poursuivre leur développement, d’être « sur un terrain d’égalité avec les sociétés de capitaux qui disposent d’un statut européen ». Selon lui, pour un groupe comme la Macif, ce statut consoliderait ses positions et favoriserait les regroupements transfrontaliers. Gérard Andreck a également évoqué le rôle des mutuelles appelées à prendre la suite dans certains secteurs, là où les Etats pourraient se désengager.

Assurer la pérennité

Pour certains, la défense d’un statut européen pour les mutuelles répond à des arguments commerciaux (pouvoir faciliter les échanges avec d’autres structures sans en faire des filiales ou des coopératives), pour d’autres, règlementaires (être reconnues comme telles sous Solvabilité 2) , ou encore « philosophiques ». A savoir défendre coûte que coûte un modèle dit démocratique mais surtout sa pérennité.

Pedro Bleck da Silva, président d’un groupe de travail à l’Association internationale de la mutualité (AIM) a poursuivi sur la même ligne en prévenant que, sans statut commun, le marché pourrait être scindé en deux : d’un coté ceux qui auraient la liberté d’établissement avec les outils européens, de l'autre ceux qui seraient alors exclus de cette possibilité.

Pas de court-termisme

Parmi les trois experts appelés à partager leur expérience, Gregor Pozniak, secrétaire général de l’Association des assureurs mutuels et coopératifs en Europe (Amice), a redit l’intérêt du modèle mutualiste, où « il n’y a pas d’actionnaire qui tape sur la table et attends des résultats à court terme ». Mais tout en se disant favorable pour que le modèle mutualiste soit diffusé, il a nuancé l’atout d’un statut européen, en évoquant les craintes de certains pays de voir leur identité sacrifiée sur l’autel d’une harmonie européenne.

Madeleine Vatel


Gérard Andreck

Gérard Andreck

Ex-Président du groupe Macif et du Gema

Gérard Andreck est né le 16 juillet 1944 à Pamiers (Ariège).   Géologue. 1969 : Il intègre l’administration générale de la Macif. Jusqu’en 1972 : [...]

Lire la suite

Effectuer une autre recherche

Rechercher