MNH et Groupe Pasteur mutualité créent l'union Viverem pour les professionnels de santé

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La Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH) et le Groupe Pasteur mutualité (GPM) créent l’union mutualiste de groupe Viverem. Sylvain Chapuis et Thierry Lorente, leurs DG, affichent l’ambition d’une offre affinitaire auprès des professionnels de santé du public et du privé dépassant largement l’assurance.

Sylvain Chapuis, DG de MNH (à gauche) et Thierry Lorente,
dg du groupe
Pasteur Mutualité (à droite).
Sylvain Chapuis, DG de MNH (à gauche) et Thierry Lorente, dg du groupe Pasteur Mutualité (à droite).
photos : Sylvie Humbert

Il y a deux ans, vous aviez créé une société commune, Orsane, Pourquoi constituer une union mutualiste de groupe aujourd’hui ?

Sylvain Chapuis : En fait, nous avons commen­cé à travailler avec Groupe Pasteur Mutualité il y a plus de trois ans, en menant des actions liées à la maternité, au handicap, en réalisant un film. La création d’Orsane, une société de courtage dédiée au collectif que nous détenons à parité, est intervenue au moment de l’ANI, puis nous avons lancé un appel d’offres en commun sur l’Iard. De fil en aiguille, toujours dans cette volonté d’aller plus loin, il nous a paru nécessaire d’entrer dans une logique plus intégratrice, et la création de notre union mutualiste de groupe, baptisée Viverem, s’est imposée comme une évidence.

Viverem, en chiffres

  • 1,1 Md€ : De chiffre d’affaires. (Source : MNH et GPM)
  • 1,3 million : De personnes protégées. (Source : MNH et GPM)
  • 1 Md€ : De fonds propores environ. (Source : MNH et GPM)
  • 306% : De marge de solvabilité. (Source : MNH et GPM )

A propos d’intégration, votre UMG est aussi un des tout premiers groupes prudentiels au sens de Solvabilité 2. Cela implique-t-il un abandon de souveraineté de part et d’autre ?

Thierry Lorente : Pas de souveraineté. Mais notre objectif est structurant. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) nous a demandé un certain nombre d’engagements forts, au travers des statuts et de la convention d’affiliation, en insistant sur cette notion de groupe prudentiel. Par exemple, les liens de solidarité financière sont plus forts et leur déclenchement peut même être automatique. On peut entrer et sortir facilement d’une UMG telle qu’on les connaissait jusqu’alors, il n’en va pas de même dans un groupe prudentiel.

S.C. : Les discussions avec l’ACPR ont été denses, puisque MNH est actionnaire majoritaire de la Banque française mutualiste (BFM), tant et si bien que nous sommes aussi un conglomérat financier. à ce titre, nous sommes soumis à des contraintes plus strictes qu’un organisme d’assurance, avec une surveillance complémentaire de l’ACPR. Nous devons ainsi respecter les règles, la réglementation bancaire Bâle 3, et rendre des états trimestriels.

Malgré cette intégration poussée, vos deux noms vont-ils continuer à exister ?

S.C. : Oui. Groupe Pasteur Mutualité et la MNH ont une histoire et des territoires bien identifiés. Les infirmiers, aides-soignants, personnels administratifs connaissent MNH. Les médecins et les professionnels de santé libéraux connaissent GPM. Il n’est donc pas question de faire disparaître nos noms. Pour l’UMG, Viverem sera d’abord une marque institutionnelle. Quant à Orsane, elle restera notre marque pour le collectif sur le segment de l’hospitalisation privée, dans les secteurs lucratifs (FHP) et non lucratifs (FEHAP).

Justement, vous aviez créé Orsane fin 2013 pour vous développer en santé et prévoyance collectives dans le contexte de l’ANI. Comment vous positionnez-vous par rapport à ces branches aujourd’hui ?

T.L. : Les négociations de branches ont tout juste commencé. Il semble que les partenaires sociaux ne sont pas dans une logique de recomman­dation mais plutôt de labellisation d’opérateurs. Les plus petits établissements attendent les décisions de leurs fédérations. Les plus grands commencent à bouger. Nous avons déjà remporté une vingtaine de consultations.

Anticipez-vous, comme d’autres opérateurs, un basculement de la répartition de votre chiffre d’affaires santé individuel vers le collectif ?

T.L. : Environ 85 % de notre chiffre d’affaires cumulé provient de l’assurance individuelle, et cela ne devrait pas changer énormément. La proportion entre individuel et collectif pourra certes varier à l’avenir selon les affaires que nous réalisons avec Orsane, mais le collectif n’est pas notre objectif majeur. La très grande partie de nos adhérents à titre individuel le restera parce qu’ils sont libéraux et bénéficient du dispositif « Madelin ». Nous visons plutôt une amélioration du multiéquipement, en vie, épargne, retraite et Iard, dans une mesure qui compensera largement l’éventuelle perte de contrats santé individuels.

Et du côté de la MNH ?

S.C. : De notre côté, nous avons évalué l’impact potentiel de l’ANI à 5 % de nos adhérents. Les hospitaliers ont des conjoints qui le sont aussi souvent, ou alors fréquemment fonctionnaires. C’est pour cela que nous privilégions une appro­che que j’appellerais « 360° », visant à couvrir l’ensemble des besoins de nos adhérents, incluant un maximum de services. Depuis octobre 2014, nous distribuons auprès de nos adhérents les produits d’assurance vie de GPM. Pour le moment, nous nous limitons aux fonds euros, et au vu de l’appétence de nos adhérents, nous réfléchissons à la distribution d’unités de compte. Nous pensons qu’il y aura de la demande.

Vous vous êtes aussi diversifiés dans la banque avec la BFM, la communication et la formation avec Izeos. Avec quels résultats, et surtout quelles perspectives ?

S.C. : Au départ, nous nous sommes interrogés sur notre légitimité à nous diversifier dans ces domaines. Aujourd’hui, nous considérons que nous l’avons. Des adhérents disent nous être fidèles car nous ne leur fournissons pas que des prestations d’assurance, mais aussi des services bancaires, une crèche, de la préparation aux concours. Nous sommes en capacité de répondre aux besoins de nos adhérents avant leur entrée dans la vie active jusqu’à leur retraite. Comme nos adhérents soutiennent cette stratégie, nous sommes en perpétuelle réflexion sur l’extension du périmètre de nos services. C’est ainsi, qu’avec la BFM, nous avons pris en mars une participation majoritaire au capital de ITL, une société dont une des activités principales est la location financière de matériel médical, en particulier d’imagerie. Aujourd’hui, l’offre d’ITL est aussi diffusée par Orsane auprès des cliniques, ainsi que des hôpitaux, qui sont de plus en plus intéressés par la location. Nous avons plusieurs projets d’acquisition pour les prochains mois.

Quel est le premier bilan de votre partenariat annoncé avec Thelem Assurances en juin 2014 ?

T.L. : Vu notre taille, il aurait été un peu présomptueux et surtout chronophage de vouloir devenir assureur automobile. Nous avons choisi de fonctionner comme une centrale d’achats en assurance de dommages. Bien avant la création de l’UMG, nous avons lancé un appel d’offres pour sélectionner un partenaire, Thelem Assurances, dont nous vendons les produits auto et MRH en marque blanche. Ils sont sous marque GPM et MNH et c’est notre stratégie pour tous les produits que nous vendons. Le lancement est réussi puisque nous sommes une fois et demie au-dessus de nos objectifs. La loi « Hamon » nous y a bien aidés et Thélem nous a réellement accompagnés.

Avez-vous les moyens de vos ambitions en termes de réseaux de distribution ? Vous n’avez pas d’agences à tous les coins de rue…

T.L. : Demain, avec 1 500 collaborateurs, se posera la question de l’opportunité d’avoir des lieux à notre enseigne, notamment dans les endroits stratégiques comme les CHU qui regroupent aussi les internats dont nous sommes partenaires. Sur les réseaux existants, entre les conseillers de proximité de GPM et les conseillers commerciaux de la MNH, ceux de nos autres structures comme la BFM, ITL ou ACCEFIL, nous totalisons près de 500 personnes. Demain, notre enjeu sera le partage. Tous nos conseillers devront être capables de vendre ou de prescrire tous les produits de l’UMG. Peu d’opérateurs concurrents ont une telle force commerciale auprès des professionnels de santé.

Vous évoquiez aussi les services. Dans quels domaines se situent vos ambitions ?

S.C. : Dans les cinq ans qui viennent, nous voulons devenir un des trois premiers opérateurs de crèches dans le monde hospitalier. Nous sommes aussi dans l’immobilier et le logement social pour les étudiants. Nous venons de réaliser des programmes au Mans et à Nice et nous en étudions d’autres. Nous sommes très présents dans la formation : avec Izeos, nous sommes déjà dans la préparation aux écoles d’infirmiers, et une acquisition est en cours pour nous développer dans le domaine de la formation continue, auprès des hôpitaux comme des cliniques. Nous nous renforçons dans le recrutement pour les infirmiers et aides-soignants, ainsi que les médecins. Nous réfléchissons à d’autres métiers de services comme la prise de rendez-vous pour les médecins.

Une stratégie originale

  • Une cible uniquement sectorielle, l’ensemble des professionnels de santé, fonction publique hospitalière et secteur privé, soit un potentiel de deux millions de personnes.
  • Une approche affinitaire très large, englobant assurance de personnes, banques et services (logement, crèches, formation, financement de matériel médical...).

 

 


Sylvain Chapuis

Sylvain Chapuis

Directeur général de la Mutuelle nationale des hospitaliers et des professionnels de la santé et du social (MNH)

Sylvain Chapuis est né en 1971. Maîtrise en droit des affaires. Formation en management de l'école des hautes études commerciales (HEC) . Diplôme d'études supérieures [...]

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Thierry Lorente

Thierry Lorente

Directeur général du groupe Pasteur Mutualité

  Thierry Lorente est né le 03 mars 1965.   2002-04 : Responsable des assurances collectives et du courtage au sein du groupe Pasteur Mutualité. 2004-12 : Directeur du développement au sein du [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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