Pièces détachées : l’Autorité de la Concurrence s'étonne du « silence » des assureurs

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S. Falkner-Fotolia

L’Autorité de la concurrence a évoqué lors de sa conférence annuelle son enquête sectorielle sur la hausse du prix des pièces détachées et des prestations de réparation des véhicules. Son président est surpris que les assureurs, sollicités lors de l'élaboration de cette étude, soient restés silencieux. Une déclaration qui a fait réagir les organisations professionnelles.

 

Que faire, face à la hausse importante du prix des pièces détachées et des prestations de réparation et d’entretien des véhicules depuis la fin des années 90 ? C'est tout l'enjeu du rapport que l'Autorité de la Concurrence doit rendre à la rentrée sur le marché des pièces automobiles de rechange.

En attendant, lAutorité a établi un premier diagnostic, en avril dernier, dans lequel elle identifie plusieurs points de blocage potentiels. Sa principale observation porte sur les réseaux constructeurs, qui sont prépondérants par rapport aux réseaux indépendants, notamment sur les prestations de réparation et d'entretien pour les véhicules récents.

Silence incompréhensible

L'Autorité a ensuite invité les parties intéressées à lui soumettre leurs observations avant le 24 mai 2012. Après avoir analysé les réponses, un premier bilan a été dressé lors de la conférence de presse annuelle de l'institution, le 9 juillet. Bruno Lasserre, le président de l'Autorité de la Concurrence, s’est étonné que les assureurs soient restés « étrangement silencieux »

Selon lui, ces derniers auraient pourtant tout à gagner d'une baisse des tarifs des prestations et pièces, qu'ils remboursent à leurs assurés. « A croire qu'il n'y a pas suffisamment de concurrence dans le secteur de l'assurance et que [les assureurs auto] peuvent sans difficulté répercuter les surcoûts dans les primes d'assurance que paient les assurés », a t'il déclaré, tout en ajoutant, « c'est assez douteux, mais il est assez difficile de parler d'entente,  faute de preuve. »

Réaction conjointe

La FFSA et le Gema ont réagi conjointement à cette attaque, déclarant que « les assureurs s’étonnent de cette déclaration qui vient contredire et le pré-rapport de l’Autorité de la concurrence d’avril 2012 et l’instruction de la DGCCRF de janvier 2011, ainsi qu’un autre rapport de l’autorité de la concurrence de 2010 ». Les deux organisations professionnelles précisent qu’elles ont répondu au questionnaire qui leur avait été adressé. Le rapport mentionne la participation « d'une fédération de mutuelles », sans préciser laquelle. Le Gema confirme qu'il soutient l'analyse de l'Autorité sur la clause de réparation.

S’agissant de la concurrence accrue sur le segment des opérations de carrosserie, la FFSA avait participé à la campagne européenne pour la liberté du marché des pièces de rechange et de la réparation automobile (ECAR), menée auprès de Bruxelles dès 1993.

Economies de coûts

Le premier diagnostic de l'Autorité de la Concurrence souligne le rôle des organismes d’assurance sur le segment des opérations de carrosserie, dont ils assurent près de 85% du chiffre d’affaires. Il indique que les assureurs parviennent à négocier des taux horaires beaucoup plus bas que ceux pratiqués sur les autres segments de l’entretien-réparation. Et que ces économies de coût « ont de fortes chances d’être retransmises à travers une baisse des primes d’assurances ou des montants de franchises ».

L’Autorité y précise les incitations utilisées par les assureurs pour orienter leur client vers le réseau agréé : le bénéfice du tiers payant, les services de prêt de véhicule, et l’assurance d’une qualité technique. Au final, le taux de fréquentation du réseau agréé-assureurs s’élève en moyenne à 55% pour la réparation-collision, et à 65% pour le bris de glace.

Madeleine Vatel

 


 


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2 réactions

youri42 | 17/07/2012 - 09H47

lorsque l'autorité de la concurrence dit " les assureurs auraient pourtant tout à gagner d'une baisse des tarifs des prestations et pièces......" et qu'ils les trouvent étrangement silencieux, je pense qu'au vue des tarifs et des services gratuits que les assureurs imposent à leur réseau de carrossiers agréés , ils ont intérêt à rester silencieux.

En effet, les taux de main d'oeuvre négociés par les assureurs sont en dessous des prix de revient des entreprises de carrosserie.

Les réparations en carrosserie étant de moins en moins fréquente due à une baisse de la sinistralité, les carrossiers qui ont un ou plusieurs agréments peuvent difficilement s'en passer. Il y a un gros déséquilibre entre assureur et carrossier et l'on peut parler d'abus de position dominante de la part des assureurs.

Les augmentations de tarifs ( lorsqu'il y en a), accordées par les assureurs, sont à prendre ou à laisser !

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ldxmarc | 11/07/2012 - 10H48

Il s'agit là d'un mauvais procés.La réparation automobile n'échappe pas à la concurrence comme toute autre activité économique, que ce soit la téléphonie,les billets d'avion,l'électoménager,l'habillement,les matériaux de consruction... Je réside dans une ville de 20.000 habitants où il y a plus de 20 professionnels de l'automobile. Sur les operations d'entretien courantes vous avez des écarts du simple au double. A chacun de choisir.

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