Accès aux soins : les délais d’attente pour les rendez-vous médicaux s'allongent encore

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La nouvelle édition de l’étude de l’observatoire de l’accès aux soins, réalisée par l’Ifop pour le cabinet Jalma, souligne l’aggravation perçue de l’attente des Français pour obtenir des rendez-vous médicaux.

72% des Français interrogés dans le cadre de cet observatoire disent avoir renoncé à des soins chez un médecin spécialiste (67% chez un généraliste) - et ce, pour trois raisons principales.
72% des Français interrogés dans le cadre de cet observatoire disent avoir renoncé à des soins chez un médecin spécialiste (67% chez un généraliste) - et ce, pour trois raisons principales.
D.R.

La thématique de l’accès aux soins (financier comme géographique) est le principal enjeu apparu jusqu’à présent, durant cette campagne présidentielle, dès lors que les questions de santé étaient abordées. C’est sur le second aspect que se focalise l'observatoire de l’accès aux soins réalisé par l’Ifop pour le cabinet Jalma*, observatoire lancé en 2011.

Constat : une nouvelle fois, les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous médical s’allongent, quelle que soit la spécialité. Le temps d’attente moyen est ainsi passé, entre 2012 et 2017, de 48 à 61 jours pour un médecin spécialiste : ce constat s’opère également pour les généralistes, de 4 à 8 jours.

Fortes inégalités géographiques

Sur les sept spécialités médicales testées, seul le délai pour obtenir une consultation chez un psychiatre n’évolue pas depuis 2012 (32 jours). L’ensemble des autres délais évolue à la hausse, plus ou moins sensible selon les spécialités : ORL (43 jours, +10), rhumatologue (51 jours, +15), cardiologue (53 jours, +15), dermatologue (64 jours, +23), gynécologue (68 jours, +13) et ophtalmologue (117 jours, +13).

Sans surprise, rappelant les constats tirés par d’autres études sur le sujet, cette difficulté d’accès aux soins obéit à des critères géographiques : cet observatoire s’accompagne d’un baromètre permettant d’estimer, selon la région, le délai d’attente en fonction de la spécialité. Sur le seul cas de l’ophtalmologue, si les Franciliens n’observent une attente moyenne "que" de 62 jours, ce délai est triplé (186 jours) en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Bourgogne-Franche-Comté.

Première cause de renoncement aux soins

Le même observatoire considère ainsi que cette question des délais d’attente est la première cause de renoncement aux soins, loin devant le coût de la consultation et l’éloignement géographique.

Mais, comme le souligne le président du cabinet jalma Mathias Matallah, cette perception de dégradation du système de santé va au-delà du seul enjeu des délais d’attente : «Cette perception de la dégradation des soins est plus forte encore au sein de l’hôpital public». Ainsi, 68% des Français interrogés estiment que l’accès aux soins s’est dégradé au sein de l’hôpital public (12% de mentions positives) et 62% pour la médecine de ville (13% pensant le contraire) : seules les cliniques privées conservent une image équilibrée (28% d’amélioration, 29% de dégradation, 43% ne constatant pas d’évolution).

* Méthodologie : échantillon de 1010 personnes, représentatif de la population française, interrogées via l’administration de questionnaires en ligne du 26 au 30 janvier 2017.



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