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Achats : De la réduction à la maîtrise

Le 11 juin 2010 par Anne Lavaud
* Mots clés :  indemnisation, Formation


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La période que nous traversons rend plus que jamais indispensable une bonne gestion des coûts. Réaliser des économies ne suffit plus, il faut intégrer le plus en amont possible ce paramètre afin de passer de la réduction à la maîtrise. Achats, formation et indemnisation : trois exemples qui illustrent parfaitement les tendances à venir.

Qui dit « maîtrise des coûts » pense immédiatement « direction des achats ». Or, à en croire les experts, l'assurance est, avec le secteur public, l'un des deux secteurs les plus en retard dans l'organisation même de cette fonction. Le spécialiste des achats CKS et le cabinet de conseil R & B Partners ont conduit une étude pour mieux appréhender cette fonction dans le secteur de l'assurance et déterminer ses priorités pour 2010. Selon Olivier D. Picaud, vice-président de R & B Partners, « l'assurance vient de passer par quatre phases d'industrialisation : course à la "progicialisation" des coeurs de métier, course à la conformité réglementaire, aux outils décisionnels et à l'ajustement des modèles de gouvernance, puis course à la fidélisation des clients et, enfin, industrialisation de la fonction achats ».

Faisant suite à ces évolutions fondamentales, il resterait au secteur une grande marge de manoeuvre en matière de rationalisation des achats et, par voie de conséquence, de réduction des coûts. Mais attention, loin de n'avoir à gérer que les traditionnelles réductions de frais généraux, les directions achats du secteur de l'assurance doivent aujourd'hui faire face à de nouvelles problématiques, comme la définition de nouveaux modes d'organisation et la mise en commun de moyens entre établissements, ou la refonte des outils de gestion Internet.

Une réalité qui fait dire à Arnaud Salomon, directeur associé de CKS, qu'il y a fort à faire dans ce secteur d'activité, principalement dans les mutuelles, dont 72 % déclarent que la fonction achats n'existe pas chez elles ou est juste naissante. Néanmoins, 75 % des personnes interrogées lors de cette étude constatent une nette progression, ces deux dernières années, de son périmètre d'influence.

 

De sérieux tours de vis

Aujourd'hui, pas un groupe n'annonce ses résultats sans promettre une optimisation des coûts, voire une réduction drastique, comme Swiss Life, qui s'engage sur une fonte de 350 à 400 MCHF (entre 250 et 300 M €) entre 2008 et 2012, affirmant, fin décembre 2009, que la moitié du chemin avait déjà été parcourue.

De son côté, Groupama avançait de substantielles économies, grâce à une politique des achats pointue permettant une réduction de 40 M €, sans parler de la rationalisation des systèmes d'information en France (avec une baisse de budget de 50 M € ces trois dernières années), ou encore de la fusion des activités bancaires et vie conduisant à la création de Groupama-Gan vie, générant des économies récurrentes de l'ordre de 80 M €.

Ces deux exemples, parmi d'autres, confirment les orientations pointées par l'étude.

INTERVIEW

Olivier D. Picaud Associé et vice-président de R et B Partners et Arnaud Salomon Directeur associé de CKS


La direction des achats doit-elle assumer seule la stratégie de réduction des coûts?

O. P. : Non, c’est un travail qui revient en premier lieu aux directions générales, voire financières. Ensuite, une fois la stratégie de réduction des coûts ou d’amélioration de la productivité fixée, une direction des achats devient un relais et un amplificateur de cette stratégie.

A.S. : Je pense qu’elle doit être «sponsorisée» par la direction générale. Mais la réduction des coûts d’achats ne peut être tangible et pérenne que si les directions opérationnel les acceptent d’engager un travail de redéfinition de leurs besoins et de maîtrise de leurs consommations.


Quels sont les moments propices dans l’histoire d’une entreprise pour intensifier la stratégie de maîtrise des coûts?

O. P. : Lorsqu’elle commence à atteindre une certaine taille critique à la suite d’une forte croissance organique ou de l’intégration de nouvelles entités.

A.S. : Les périodes de fusion-acquisition autorisent l’identification et le déploiement des meilleures pratiques. Dans un contexte de pression concurrentielle croissante, Les entreprises sont à la recherche de leviers de compétitivité. La maîtrise des coûts d’achats en est indéniablement un.


Le développement durable est-il une opportunité dans le déploiement d’une telle stratégie?

O. P. : Très franchement, oui ! par exemple : Bien acheter, ce n’est pas seulement bien négocier les prix, c’est aussi mieux acheter, en tenant compte de critères liés à un niveau de qualité de services ou à des critères sociétaux. L’acte d’achat devient du coup, pour l’entreprise, une manière d’exprimer ses valeurs et son engagement au niveau d’un écosystème et de l’environnement.

A. S. : Les enjeux associés au développement durable sont principalement portés par la direction des achats. De facto, celle-ci est valorisée. Son mandat est compris à l’aune de sa contribution à la responsabilité sociale de l’entreprise. Une fonction achats qui crée de la valeur autrement que par la simple réduction des coûts, gagne en «légitimité ». Incidemment, elle est bien mieux accueillie pour engager, aux côtés des directions opérationnelles, les actions de changement utiles à une maîtrise des coûts.


 

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article extrait de l’argus de l’assurance

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