Allemagne : Allianz toujours à l’affût d’une acquisition

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Les recherches d'acquisition de la compagnie d'assurance afin de se développer à l'international sont restées vaines. Mais l'assureur qui a enregistré une hausse de ses bénéfices pour 2016 maintient son ob jectif de croissance externe.

Oliver Bäte, président du groupe Allianz : «Nous ne sommes pas obnubilés par une croissance externe. Nous sommes intéressés par une acquisition, oui, mais nous n’avons aucune obligation.»
Oliver Bäte, président du groupe Allianz : «Nous ne sommes pas obnubilés par une croissance externe. Nous sommes intéressés par une acquisition, oui, mais nous n’avons aucune obligation.»

Oliver Bäte n’a pas pu réaliser son premier rêve à la tête du numéro 1 de l’assurance en Europe : celle d’une grande acquisition pour développer le groupe à l’international. Quelques heures avant la conférence de presse sur les résultats 2016, vendredi 17 février, Allianz a annoncé un programme de rachat d’actions allant jusqu’à 3 Md€ ainsi qu'une augmentation du dividende des actionnaires, se privant ainsi des capitaux prévus pour financer une éventuelle acquisition. Le directoire s’était lui-même imposé cette date butoir du vendredi 17 février. Ce principe de racheter des actions et de servir les actionnaires si aucune acquisition n’était effectuée au cours des trois années précédentes, avait été édicté par le prédécesseur de Oliver Bäte, Michael Dieckmann.

Pas de discussions avec QBE Insurance

L’assureur allemand reste néanmoins toujours très intéressé par une acquisition. Mais il veut se «laisser le temps qu’il faudra» pour trouver le bon candidat. Oliver Bäte ne veut pas d’une acquisition à tous prix. «Ce n’est pas notre objectif principal. Nous ne sommes pas obnubilés par une croissance externe. Nous sommes intéressés par une acquisition, oui, mais nous n’avons aucune obligation.» Le patron a démenti les informations du quotidien économique allemand Handelsblatt relatant des discussions informelles avec son concurrent australien QBE Insurance sur un possible reprise. «Tout ce qui est écrit dans les journaux est faux», a martelé Oliver Bäte. Allianz a été également désigné par la presse italienne comme prétendant potentiel au rachat du groupe italien Banca Intesa.

«Nous prendrons notre temps»

Sans donner des noms ou des marchés précis, Allianz a précisé que le candidat devait être « de préférence » un acteur très actif dans le dommages, un secteur jugé très prometteur par l'Allemand. «Nous ne voulons pas d’un candidat qui soit dans l’assurance Vie traditionnelle», a insisté Oliver Bäte. Par ailleurs, il devra être actif sur des marchés rentables et devra être facile à intégrer au groupe. «Nous ne recherchons pas nécessairement une grande ou une petite structure. L’aspect financier ne joue aucun rôle. Il faut seulement que le profil soit le bon. Nous prendrons notre temps. Quand l’occasion se présentera nous agirons», a insisté le président.

Pour la présentation de son deuxième bilan à la tête du groupe, Oliver Bäte peut néanmoins se féliciter de bons résultats notamment grâce à des catastrophes naturelles moins importantes que les années précédentes. Malgré un chiffre d’affaires en recul de 2% (122,4 Md€), Allianz enregistre un résultat net en hausse de 4% (6,9 Md€) supérieur aux prévisions des analystes. Le résultat opérationnel a augmenté de 0,9% à 10,8 Md€ (avec une hausse de significative de 9,3% au 4e trimestre à 2,8 milliards d’euros). L’objectif 2017est  identique à 2016 avec une marge de plus ou moins 500 millions. Le dividende a été lui aussi supérieur aux attentes, à 7,60 € par titre, en hausse de 4,1%.

Une compagnie attachée à l'activité vie

Le bilan 2016 a été marqué par un très bon du résultat opérationnel dans la Vie/Santé avec une hausse de 9,3% (4,1 Md€) ce qui montre qu’Allianz résiste bien au contexte des taux nuls. «Si d’autres groupes ont pris la décision se séparer de leur portefeuille Vie (run-off), c’est que leur situation est très différente de celle d’Allianz qui reste attaché à cette activité», a insisté le directeur financier, Dieter Wemmer. Dans le secteur le plus important, celui du dommage/accident, le résultat opérationnel recule de 4,2% (5,4 Md€) en raison d’une baisse des rendements de capitaux. La collecte reste stable à 51,5 Md€ (2015: 51,6 Md€). Le ratio combiné s’améliore en revanche de 0,3 point à 94,3% (2°15 : 94,6%).
Enfin, le bénéfice de la division gestion d’actifs recule de 4%. Mais la décollecte chez Pimco, le gestionnaire obligataire américain Pimco (Pacific Investment Management Company) a cessé au deuxième semestre 2016 avec un premier retour de capitaux (+6 Md$).

Gardons notre  calme

Oliver Bäte n’a pas voulu commenté l’entrée en fonction de Donald Trump aux Etats-Unis, un pays qui représentent 30% du rendement du groupe. Mais il a rappelé les principes éthiques de l’entreprise : « Allianz reste favorable aux principes du libre-échange quel que soit le président élu. Par ailleurs, la diversité [d’origine du personnel] est une des grandes forces de notre groupe », a-t-il insisté avant d’ajouter : « Gardons notre calme et ne réagissons pas à chaque Tweet ».
 


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