Allemagne : tour de vis de Generali sur les retraites complémentaires

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Generali, numéro 4 de l'assurance sur le marché allemand, refuse, depuis 2015, d'indexer les revalorisations des retraites complémentaires d'entreprise de 5500 personnes sur celles des caisses publiques comme c'était le cas depuis des années. 

Giovanni Liverani, CEO de Generali Allemagne
Giovanni Liverani, CEO de Generali Allemagne

Environ 5500 retraités, intégrés dans les années 80 après une fusion avec l’assureur « Volksfürsorge », déplorent des hausses réduites du montant de leurs retraites complémentaires au cours des deux dernières années. « Generali pensait sans doute qu'ont y verrait que du feu », pense Klaus-Peter Kussmann, l’un des retraités touchés par cette décision sans précédent dans l'assurance allemande.

une faible indexation

Pour cette catégorie de personnel, Generali refuse dorénavant d'indexer les augmentations des retraites complémentaires d'entreprise sur celle des caisses publiques comme c’était le cas depuis des décennies. Les 5500 « anciens » du groupe ont reçu une lettre en 2015 annonçant une hausse de 0,5% au lieu des 2,1% pour les retraites légales. En 2016, même décision avec une hausse de 0,5 % contre 4,25% dans le public.

Generali a « brisé un tabou dans l’économie allemande », constate le quotidien économique allemand « Handelsblatt ». « D’autres entreprises dans d’autres branches tentent elles aussi de franchir le pas. Mais qu’un assureur de cette taille prenne une telle décision, c’est quand même inouï », ajoute Barbara Köckemann, une avocate du droit du travail au cabinet Ulrich Weber & Partner qui représente une partie des plaignants dans ce dossier. Plus de 650 plaintes ont déjà été déposées et la plupart ont obtenu gain de cause en première instance.

L'explication des taux bas

Malgré son coût en termes d’image, l’assureur estime être dans son bon droit. Generali se réfère à une clause de l'accord signé dans les années 80 avec les comités d’entreprise qui autorise le directoire à remettre en cause cette indexation automatique en cas de « nécessité opérationnelle » (comprenez : difficultés économiques). « Le contexte des taux bas est un des principaux facteurs qui nous a poussé à prendre cette décision », explique le porte-parole Stefan Göbel.

Le groupe Generali avait pourtant présenté en 2015 un bénéfice net en hausse de 21,6% à 2 Md€. « Nous parlons de la filiale allemande dans ce cas-là. En Allemagne, nous avons engagé un programme de réduction des coûts », insiste le porte-parole. On en déduit donc que Generali Allemagne était en difficulté cette année-là. Sans doute mais il est impossible de chiffrer cette « nécessité opérationnelle », l’assureur ne détaillant pas ses résultats pays par pays.

Un système très proche du modèle français

Le système de retraite en Allemagne est basé principalement sur la répartition, comme en France (les actifs financent les pensions des retraités). Par ailleurs, le système s’appuie sur deux autres piliers qui sont les régimes complémentaires d’entreprise et les dispositifs d’épargne de retraite individuelle par capitalisation subventionnée par l'Etat (Riester-Rente).

La réforme de fin 2016 n’a pas remis en cause ce principe puisqu’elle vise seulement à stabiliser le niveau des pensions d’ici 2045 à 46% des revenus nets (contre 48% aujourd’hui) et le niveau des cotisations de l'assurance retraite à un maximum de 25% (50/50 salariés et employeurs). Dorénavant, les déficits des caisses seront compensées pas un impôt supporté par les contribuables (estimés à 4,5 milliards d’euros à compter de 2030 et à 8 milliards à partir de 2040). L’âge légal de la retraite en Allemagne va passer progressivement de 65 à 67 ans. Une réforme adoptée en 2014 permet aux salariés ayant cotisé 45 ans de partir dès 63 ans.

 

 



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