Assurance récolte : «Impossible de commercialiser un produit en 2 mois !» (A. de Beaucaron)

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Alors que Stéphane Le Foll a confirmé le lancement du contrat socle « assurance coup dur » pour septembre 2015, Arnaud de Beaucaron, directeur général de l’Etoile Assurance, société d’assurance mutuelle spécialisée dans les risques climatiques et agricoles, estime que le calendrier n’est pas tenable et ne s’attend pas à un taux d’équipement élevé des agriculteurs.

Arnaud de Beaucaron, directeur général de l'Etoile Assurance, ne s'attend pas à un taux de pénétration élevé du nouveau contrat socle.
Arnaud de Beaucaron, directeur général de l'Etoile Assurance, ne s'attend pas à un taux de pénétration élevé du nouveau contrat socle.

Le Ministère de l’agriculture a fixé le lancement du contrat socle à septembre prochain. Les assureurs sont-ils prêts pour sa commercialisation ?

Comment les assureurs peuvent-ils être prêts alors que le cahier des charges, les barèmes de prix des cultures, les enveloppes budgétaires, les taux de subventions par niveau n’ont pas encore été fournis par les pouvoirs publics conformément à leurs engagements depuis février 2015 ? En effet, nos référentiels par famille de cultures sont prêts depuis décembre 2014, ce qui correspondait à un délai raisonnable pour mettre en place une nouvelle offre en septembre 2015. Certains assureurs ont annoncé être prêts à mettre en place ce nouveau dispositif, d’autres non comme l’Étoile. Les informations connues à ce jour, largement insuffisantes, ne peuvent permettre la conception d’un nouveau produit à commercialiser en 2 mois !

La refondation de l’assiette de calcul (prix de revient) dans le but de proposer un tarif compétitif sera-t-elle de nature à doper le taux de pénétration de ce contrat auprès des agriculteurs en particulier des viticulteurs, peu couverts ?

Le tarif sensiblement en baisse du fait de garanties réduites (franchise de 30% au lieu de 25%, suppression de la garantie qualité, etc. …) et la baisse des capitaux (prix de revient hors marge) devraient permettre de rendre l’offre plus compétitive. C’est le fondement même d’une assurance « coup dur ». De là à atteindre les 70% de la ferme France, nous en sommes encore loin d’autant plus qu’il faudra que l’enveloppe budgétaire de la subvention suive ce développement, et aussi dans la durée.

Propos recueillis par Sébastien Acedo

 

Le marché de l'assurance récolte en chiffres :
515 000 exploitations agricoles en France, pour une surface moyenne de 100 Ha.
32% des exploitations de grandes cultures couvertes contre le risque climatique.
20% des vignes couvertes contre le risque climatique.
122% : le rapport sinistre à prime multirisques climatiques enregistré sur les vignes en 2013. Un rapport qui a atteint un niveau record de 178% en 2008 (Source : FFSA)
1,2 Md€ : montant des sinistres réglés par les assureurs sur les dix dernières années.
Un contrat socle : pour quoi faire ?
Le contrat socle en cas de coup dur est attendu pour septembre 2015 pour une application à compter de la récolte 2016. Ce contrat, vise à offrir une garantie de base, commune à tous les assureurs, identique à l’assurance récolte actuelle mais à un tarif moindre (baisse des cotisations estimée à un tiers). Pour y parvenir, l’assiette de calcul ne reposera plus sur une indemnisation en fonction des pertes subies mais du coût de production (prix de revient).

Ayant reçu le soutien de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), ce contrat socle poursuit deux objectifs : améliorer le taux de couverture des agriculteurs et permettre le retour à l’équilibre technique d’une branche de l’assurance déficitaire depuis dix ans.


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