Assurance vie : « Le secteur est encore schizophrénique par rapport aux fonds en euros »

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Facts & Figures, conseil en stratégie et en management, publie la 7e édition de son baromètre de l’épargne vie individuelle. Et propose d’adapter les contrats en euros pour donner plus de flexibilité d’investissement aux assureurs.

Cyrille Chartier Kastler, fondateur de Facts &Figures
Cyrille Chartier Kastler, fondateur de Facts &Figures

Facts & Figures publie son 7e baromètre de l’épargne individuelle et livre ses premières estimations des rendements futurs des fonds euros. Pour 2016, sous réserve d’une poursuite des conditions actuelles de marché, Facts & Figures anticipe un taux de rendement moyen servi (net de frais et brut de prélèvements sociaux) de 1,95%. Un taux qui selon Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures, serait encore extrêmement élevé pour un placement sans risque, incitant encore les épargnants à investir.

Un paradoxe sur les fonds euros

« Le secteur est encore schizophrénique par rapport aux fonds en euros en ne jugulant pas la collecte alors même qu’il ne peut plus investir l’épargne collectée dans des conditions raisonnables », constate-t-il. Pourtant, bien conscient des effets néfastes de la poursuite d’une collecte massive sur les fonds euros, le marché a freiné sa collecte et poussé cette année la collecte en unités de compte.

Courtiers, CGPI et pArtenariats réalisent 41% de parts de marché en unités de compte

Et selon le baromètre, le mode de distribution a eu des conséquences sur l’évolution de la part des unités de compte des différents acteurs du marché. Si les bancassureurs captent 54% du flux du marché de l’assurance vie en euros, leur part de marché en unités de compte n’est que de 43%. Talonnés par les réseaux indépendants (courtiers, CGPI et partenariats) qui emportent 41% de part de marché sur la collecte en UC, les réseaux traditionnels tombant à 14% et les mutuelles à 2%. Pour Cyrille Chartier Kastler, « il est plus facile de pousser la collecte en UC en faisant évoluer les conventions de distribution que lorsqu’il s’agit de filiales en propre ».

En outre, les CGPI, courtiers vie et partenaires bénéficient d’un positionnement fort sur la clientèle haut de gamme. Or, toujours selon le baromètre 2016, l’épargne patrimoniale est le segment qui connait un taux d’UC de 23%, supérieur à la moyenne du marché.

Les français sont averses aux risques

Pour autant, pour Cyrille Chartier-Kastler, les français conservent une forte aversion aux risques qui rend le schéma d’une bascule vers 100% d’unités de compte « peu réaliste ». Il avance donc une solution : afin de permettre aux compagnies de pouvoir investir leur collecte dans des conditions de marché raisonnables, il faudrait davantage s’orienter vers le lancement de fonds euros dont le capital ne serait plus garanti à 100% mais uniquement à 98%, 95% voire moins, pour permettre de récupérer une certaine flexibilité dans les placements. Et d’ajouter que « des aménagements sont possibles sans avoir besoin de passer par une loi ».

Dans les conditions actuelles de marché, l'euro croissance ne peut pas être une réponse idoine pour les épargnants, même en essayent de doper son développement avec des artifices, estime-t'il enfin.


1 réaction

ALAIN | 13/05/2016 - 11H28

Les compagnies récoltent ce qu'elles ont semé. Il y a quelques années des frais d'entrée normaux étaient acceptés par les souscripteurs.Sous la pression des réseaux commerciaux et des souscripteurs, ces frais sont devenus dérisoires. Ils permettaient cependant de doper les fonds Euros, et créaient une stabilité dans les placements au moins sur les 1éres années. Nos gestionnaires de fonds seraient je pense heureux de disposer de versements dont ils peuvent attendre une certaine stabilité. Quand au fonds Euro croissance, ce n'est effectivement pas le moment de le proposer.

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