Assurance vie : Moody's salue la surveillance accrue des régulateurs

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Selon l’agence de notation Moody’s, les appels répétés et conjoints de l’ACPR et du Haut conseil de stabilité financière à la baisse du taux de rendement des contrats d’assurance vie ont une incidence positive sur la qualité de crédit des acteurs français.


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Le renforcement de la surveil­lance des régulateurs n’a pas que des inconvénients pour les assureurs vie français. Et pour cause : dans un rapport ­publié le 20 octobre, Moody’s ­estime que les appels de l’Autorité de contrôle prudentiel de résolution (ACPR) et du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) à abaisser les taux de rendement des contrats d’assurance vie constituent « un facteur favorable au profil de crédit des assureurs vie français ».

L’agence souligne également que le projet de loi Sapin 2, en nouvelle lecture au ­Sénat, améliorera la ­capacité de résistance du secteur de l’assurance vie dans l’hypothèse d’une brusque remontée des taux d’intérêt. L’arti­cle 21 bis du texte autorise notamment le HCSF, présidé par Michel Sapin, ministre de l’Économie et des ­Finances, à suspendre ou limiter les retraits des épargnants en cas de crise de ­nature systémique et pour une durée de trois mois maximum, renouvelable. Pour rappel, le ­placement préféré des Français atteint 1 620 Md€ d’encours à fin septembre 2016, selon les derniers chiffres de la Fédération française de l’assurance (FFA). « Si la solvabilité des assureurs vie français n’est pas menacée dans le contexte actuel de taux bas, leur rentabilité sera mise à mal en cas d’incapacité à diversifier leurs sources de revenus et de profits », souligne ­Moody’s.

Par ailleurs, les déclarations du régulateur visent à inciter les assureurs à différer de plus en plus la distribution des rendements aux assurés pour améliorer la capacité d’absorption des chocs du secteur. Le régulateur encourage également les assureurs à promouvoir de nouveaux types de produits d’épargne et à faire évoluer leur « mix produits ».

Vers une érosion progressive de la rentabilité

Un message bien reçu chez les principaux acteurs de l’Hexagone, au premier rang duquel, Axa France. « Dans un contexte de taux bas, nous encourageons la diver­sification de l’épargne dans l’intérêt du client, eu égard à son potentiel de gain à venir et dans l’intérêt de la compagnie, eu égard à ses fonds propres », confie Jacques de Peretti, son PDG, dans nos colonnes.

Malgré cela, ­Moody’s anticipe néanmoins une « érosion progressive de la rentabilité » des assureurs vie français. Au plan de la solvabilité, il y a moins de danger : « Le risque que les taux de rendement des actifs deviennent inférieurs aux taux garantis reste pour l’heure assez éloigné », analyse Benjamin Serra, l’analyste en charge du secteur chez Moody’s.

La preuve : à fin 2015, l’ACPR recensait environ 1 100 Md€ de contrats individuels ou collectifs à adhésion individuelle. Les trois quarts de ce stock présentaient un taux technique – lequel conditionne le taux garanti des fonds euros – de 0 % (11 % du stock entre 0 et 1 % et 13 % un taux de plus de 1 %). Selon l’agence de notation, le principal enjeu auquel est confronté le secteur est de « diversifier les sources de revenus et de profits pour compenser l’affaiblissement de leur rentabilité sur les contrats en euros résultant de la faiblesse des taux ». En attendant, Moody’s n’entrevoit toutefois pas de facteur susceptible d’impulser une mutation rapide du marché.


Jacques De Peretti

Jacques De Peretti

Président directeur général d'Axa France et membre du comité de direction du groupe AXA

Jacques de Peretti est né le 7 décembre 1960 à Marseille. 1983 : diplômé de l’Ecole Polytechnique 1985 : diplômé de l’institut Sciences Po Toulouse 1986 : [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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