Bancassurance – Stratégie – Diversification : L'assurance dope l'activité des banquiers

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Alors que leurs activités bancaires, notamment le crédit, se montrent moins dynamiques, les bancassureurs misent sur l'assurance, pourvoyeuse de commissions.

«Ancrage » de l'assurance et de la prévoyance pour le groupe BPCE, « puissant moteur de croissance » pour BNP Paribas, « deuxième métier du groupe » pour le Crédit mutuel-CIC. Plus que jamais, les résultats dévoilés début 2013 par les grands groupes bancaires attestent la montée en puissance de l'assurance dans leur modèle économique.

Si l'assurance vie reste un produit phare dans leur gamme, elle a dû faire face à un sérieux rival avec le livret A (lire encadré). La vente d'assurance dommages et de prévoyance devient tout autant stratégique pour générer des revenus à l'heure où les autres commissions des banques sont à la peine : c'est le cas des commissions sur titre et OPCVM du fait d'un marché défavorable en 2012, mais également de la baisse annoncée de commissions interbancaires liées à leur activité monétique, voire du possible plafonnement de commissions d'interventions en cas d'incident de paiement. Stables et récurrents, les revenus tirés de la vente de contrats d'assurance viennent donc à la rescousse d'un produit net bancaire parfois à la peine.

 


Parmi les bancassureurs, seul le crédit agricole voit sonPNB assurances baisser sur l’année, «en raison d’un effet de base défavorable», selon la banque.


 
La prime au plus ancien

Premier banquier à avoir appliqué cette stratégie de diversification dès 1971, comme l'a rappelé son président Michel Lucas, le groupe Crédit mutuel-CIC reste en tête des bancassureurs français, du moins en IARD. Le chiffre d'affaires de l'activité risques ressort à 3,7 Md€ (+ 5,2%) surtout dopée par les assurances auto (+ 7,7%) et habitation (+ 8,8%) ainsi que, dans une moindre mesure, par la prévoyance et l'assurance emprunteur (+ 3,3%).

Le Crédit mutuel touche 7,9 millions d'assurés en 2012, soit 230 000 de plus en un an, pour 24,8 millions de contrats (520 000 gagnés en un an, à 80% par la branche non-vie). Premier banquier à se diversifier vers l'assurance, il poursuit d'ailleurs dans cette voie avec la téléphonie mobile, mais également dans la télésurveillance - il détient 31% du marché en France, via sa filiale EPS (283 000 contrats en 2012).

Plus récente dans l'assurance, la Banque postale n'en démarre pas moins en trombe avec 440 000 nouveaux contrats IARD souscrits en 2012, 439 000 contrats de prévoyance individuelle, ainsi que 42 000 contrats santé, alors que l'activité a été lancée en octobre 2012. Et il reste quelque 10 millions de clients à équiper.

Autre acteur de taille, le Crédit agricole se targue d'afficher la « plus forte croissance du marché en termes de contrats en assurance automobile et MRH en 2012 ». Son chiffre d'affaires en assurance dommages a atteint près de 2,5 Md€ en 2012, soit une hausse de 7%. À l'inverse, celui de l'assurance emprunteur recule de 6% à 964 M€, en raison d'une chute du marché du crédit.

L'épargne réglementée marque des points
 

  • Avec un taux à 2,25% et des plafonds augmentés, l'épargne réglementée collectée par les banques (livret A et Livret de développement durable, LDD) a presque triplé en 2012 par rapport à 2011, à plus de 49 Mde (28 Md€ pour le livret A et 21 Md€ pour le LDD).
  • Face à ce puissant aspirateur de l'épargne, l'assurance vie a fait pâle figure, puisqu'elle a enregistré une décollecte de 3,4 Md€ en 2012. Certains réseaux ont misé sur les supports en unités de compte : au Crédit agricole, l'encours d'assurance vie (225 Md€) a fini l'année avec 18,5% d'UC. Au final, à part la Banque postale (650 M€) et la Société générale (165 M€), peu de banques ont réalisé une collecte positive. Toutefois, en 2013, avec un livret A à 1,75%, l'assurance vie pourrait prendre sa revanche.

La prévoyance, nouvel enjeu

Chez BNP Paribas, en France, la vente de contrats d'assurance prévoyance pour les particuliers a grimpé de 10,5% sur un an. Pour la banque, il s'agit d'un marché cible qu'il compte aussi développer chez sa filiale Cetelem.

La Société générale, qui a lancé en 2012 une assurance santé en France et une assurance auto en Russie, a vu ses revenus liés à l'assurance atteindre 684 M€, en hausse de 12,5% en 2012. De plus, son activité assurance dommages progressait de 8,5% au quatrième trimestre 2012 (avec des primes de 100 M€) par rapport à la même période de 2011, et la prévoyance de 22,6% sur un an (156 M€).

Enfin, dans le groupe BPCE, qui totalise 4,5 millions de contrats d'assurance, les ventes nettes de contrats IARD ont enregistré une hausse de 50% et ceux de prévoyance de 50%. À la mi-janvier, BPCE assurances avait annoncé que le nombre d'assurances vendues par les Caisses d'épargne et ses banques associées avait « dépassé le cap symbolique des 600 000 contrats d'assurance non-vie». Un dynamisme commercial révélateur des nouveaux enjeux autour de la vente d'assurances.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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