La Banque postale parie sur l'assurance

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Le patron des services financiers de La Poste se félicite des performances 2005, réalisées dans un environnement « peu favorable ».

Changement d'époque. Mardi 16 mai, Patrick Werner, le président du directoire de la toute nouvelle Banque postale, officiellement née le 1er janvier, présentait une dernière fois les résultats de feu les services financiers de La Poste pour 2005. Ce pôle a réalisé un produit net bancaire proche de 4,4 MdE, à + 1,7 % seulement. Retraitée de l'effet négatif des baisses de la rémunération versée au titre de la collecte sur le Livret A, la progression des revenus s'établit, elle, à 3,1 %, à un niveau plus comparable à celui de la concurrence bancaire. Baisse de la commission sur le Livret A, faiblesse des taux d'intérêt, concurrence exacerbée sur le marché immobilier : « Malgré un environnement peu favorable, l'année 2005 constitue un socle favorable pour 2006 », juge Patrick Werner, soucieux de faire taire ceux qui estiment que La Banque postale a trop de handicaps pour réussir.

C'est dans ce contexte que l'assurance a été prise en exemple. En 2005, la collecte brute d'assurance vie de La Poste a augmenté de 13,5 %, s'établissant à un peu moins de 9 MdE. Les encours totaux de l'assurance vie, portés par CNP assurances, s'inscrivent à fin 2005 à 73,7 MdE, en hausse de 8,7 %. La prévoyance individuelle, une activité développée plus récemment et logée chez Assurposte (filiale à égalité de la Banque postale et de la CNP), s'est aussi bien comportée avec un chiffre d'affaires de 113 ME, en hausse de 3 %. Cela malgré l'interruption obligée de la commercialisation d'un contrat obsèques entre janvier et novembre 2005, qui, habituellement, porte l'activité de la prévoyance individuelle.

Deux piliers à consolider

Au vu des premiers chiffres de 2006, l'assurance donne toujours autant de motifs de satisfaction au patron de La Banque postale, pour qui « l'assurance vie et le crédit immobilier constituent les deux piliers sur lesquels La Banque postale est entrée en scène ». La toute jeune banque a lancé en janvier, en même temps que sa gamme de crédit immobilier sans épargne préalable, une nouvelle palette de contrats d'assurance vie, Solesio. Un succès : à fin avril 2006, La Banque postale avait vendu 200 000 de ces nouveaux contrats, avec un âge moyen de souscription de 48 ans, contre 57 ans pour les anciens contrats GMO. À fin mars, la collecte en assurance vie s'établit en hausse de 12,2 % sur un an.

L'assurance sourit donc à La Banque postale, qui ne veut pas s'arrêter là. « J'ai vu fleurir beaucoup de publicité de bancassurance pour l'assurance dommages », a glissé Patrick Werner, pour qui ce produit est « moins essentiel que le crédit à la consommation, mais important pour amortir sa base de coûts ». Pas un mot, en revanche, sur le dossier CNP assurances (lire « L'Argus » du 12 mai 2006, p. 7), dont La Banque postale est actionnaire avec L'Écureuil et de la Caisse des dépôts et consignations et qui fait l'objet de tractations entre ces deux derniers



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article extrait de l’argus de l’assurance

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