Bernard Spitz (FFA) : «la première peur des Français, c'est le big data»

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Assureurs, agents, courtiers, experts et étudiants se sont réunis, le 10 mai 2017, à Marseille à l'occasion des rencontres de l'AIAM, l'association interprofessionnelle de l'assurance en Mediterranée. L'occasion de débattre du digital en présence de Bernard Spitz, président de la FFA, et de découvrir le nom du nouveau président de l'AIAM : Romain de Veyrac.

Romain de Veyrac, Philippe Lesbats, Bruno Pelissier, Bernard Spitz, Anthony Jouannau (+simple.fr) et Bertrand de Surmont aux rencontres de l'AIAM le 10 mai 2017
Romain de Veyrac, Philippe Lesbats, Bruno Pelissier, Bernard Spitz, Anthony Jouannau (+simple.fr) et Bertrand de Surmont aux rencontres de l'AIAM le 10 mai 2017

Tous les deux ans, l’association interprofessionnelle de l’assurance en Méditerranée (AIAM) se réunit quasiment au complet à la faveur de son changement de président. Créé en 1995, elle a vocation à permettre à chaque membre de la famille assurance de s’exprimer :

  • les courtiers via la CSCA Méditerranée (150 cabinets),
  • les compagnies via l’Adreca (Association des directeurs et responsables des compagnies d'assurances - une quinzaine, 5000 salariés),
  • les agents via l’Agea (Fédération nationale des syndicats à agents généraux d'assurance -800 agents généraux, hors salariés),
  • les universités du bassin méditerranéen (Ifpass, université d’Aix Marseille,…)
  • les experts (une centaine),

l’organisme a, dans cet esprit, institué une présidence tournante.

Changement de président sur fond de débat digital

Le 10 mai 2017, au Yatching Club de la Pointe Rouge, dans le 8e arrondissement de Marseille, Philippe Lesbats, délégué régional Gan Eurocourtage, a donc intronisé son successeur, Romain de Veyrac, agent Allianz et président régional d’Agea, en présence de Bernard Spitz, le président de la Fédération française de l’assurance (FFA), Bertrand de Surmont, président de la chambre syndicale des courtiers en assurance (CSCA) et Bruno Pelissier, président adjoint d’Agea. Le rôle du nouveau président de l’AIAM ? «Etre un vrai relais politique en région, pour permettre, notamment, à la profession de rebondir en cas de Cat’Nat, par exemple, car nous savons précisément où sont les compétences», explique Philippe Lesbats. Mais le rebond, durant ces rencontres marseillaises, a concerné la résilience à la... digitalisation. Car le rôle de l’AIAM est également de poser les enjeux communs sur la table. Or, entre les différentes parties-prenantes du monde de l’assurance, le digital en est un, sérieux.

Bernard Spitz ouvre le bal

«La FFA est une petite PME composée de 180 personnes qui se pose elle aussi la question du digital et essaie d’évoluer», entonne ainsi, en ouverture de séance, Bernard Spitz. «Le digital touche l’assurance de plein fouet car l’assurance touche à tout», poursuit le président de la FFA. «Il y a eu plusieurs âges du digital et aujourd’hui c’est devenu un sujet de place qui nous a amenés à créer une commission numérique pour traiter les problèmes du véhicule autonome comme des risques cyber», explique-t-il à l’assemblée, particulièrement attentive. Taquiné sur l’échec du e-constat (500 000 téléchargements à date) et, notamment, sur le fait que les représentants des agents et courtiers n’aient pas été conviés à participer à son élaboration, Bernard Spitz en reste fier et a demandé aux intermédiaires d’en faire la promotion auprès des consommateurs.

Nouvelle ère technologique et commerciale

Consommateur : le mot était lâché. Roi du royaume numérique, c’est lui qui, via la technologie, poussera à l’évolution de l’offre produit, créant, à termes, pour Bernard Spitz, un boom des couvertures sur-mesure. «On essaye de suivre les peurs des gens pour les atténuer. Or, la première peur, en France, ce n’est pas l’épidémie, le chômage ou la guerre, c’est le big data», a relaté le président des assureurs. Une peur partagée par les agents et les courtiers. Bertrand de Surmont a ainsi demandé à la FFA d’expliciter la définition que les assureurs donnent de la data qui appartient aux intermédiaires et, évidemment, à eux-seuls. «Le sujet n’est pas réglé », affirme-t-il. Même flou artistique pour Bruno Pelissier. «Dans nos agences, la nuit, nos ordinateurs restent allumés et connectés à nos mandantes en permanente, et on ne sait pas ce qui se passe…». Ce dernier a créé la structure Agea Digital afin, justement, de mettre des outils digitaux comme jeresiliemoncontrat.com, mais aussi des solutions de signature électronique, des formations à l’usage commercial des réseaux sociaux, etc. à disposition des agents. Un accompagnement qu’opère aussi la CSCA.

L’union pré-DDA

En filigrane, un point d’entente majeur a clairement émergé entre tous les acteurs présents, écoeurés par la récente boulimie règlementaire : la nouvelle directive distribution d’assurance (DDA) qui devient un sujet de place. «A l’heure où on dématérialise, comment nous demander de produire plus de paperasserie ?», a interrogé Bernard Spitz. Sourire entendu et appuyé dans l’auditoire. Une assemblée consciente que dans un monde de multi-distribution, elle doit revoir sa proposition de valeur. Si le digital apparaît comme une montagne d’opportunités pour les distributeurs interrogés à l'issue des débats, ils donnent néanmoins le sentiment de se sentir au pied de la colline.
 


Bernard Spitz

Bernard Spitz

Président de la Fédération Française de l'Assurance (FFA)

Bernard Spitz est né en 1959 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). 1983 : diplôme en finance de l'ESSEC Business School. 1984 : diplôme en service public de Sciences Po. 1986 : diplôme de [...]

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