BlaBlaCar veut devenir courtier

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Fort d’une équipe interne composée de 10 experts en assurance basés en France et surtout des données relatives à plus de 50 millions de membres collectées depuis 12 ans, le leader européen du covoiturage privé entend distribuer, comme un courtier, de l’assurance sur sa plateforme.

 

Il y a pile deux ans, BlaBlaCar renforçait son équipe chargée de la gestion et du développement de son offre assurantielle afin, dans un premier temps, de sécuriser et déployer sa pratique collaborative. Au côté de Chris Roig-Ramos, responsable des nouveaux marchés et partenariats de BlaBlaCar, qui a depuis quitté l’entreprise (en août dernier), Ronan Greyfié de Bellecombe était, entre autres, missionné pour créer une équipe « assurance ».

Ce diplômé de l’EM Lyon Business School, qui a travaillé chez EuroGroup Consulting France et Périclès Consulting et qui officie chez le champion de l'économie collaborative en qualité de business development manager Insurance confiait alors à l’Argus sa feuille de route, sans équivoque : « sécuriser le service dans un premier temps, pour ensuite développer un produit d'assurance ». Le second temps semble donc être venu. Après le lancement, avec Axa comme porteur de risques, de deux couvertures. La première ? L’arrivée à destination garantie (en cas d’immobilisation du véhicule lors d’un covoiturage, Axa prend en charge le dépannage, le remorquage et, si le véhicule ne peut être réparé dans un délai raisonnable ou s’il est volé, l’acheminement du conducteur et des passagers à leurs destinations respectives). La seconde ? Le « prêt du volant » à ses passagers (si le conducteur passe le volant à un passager et qu’un sinistre responsable se produit, Axa rembourse la surfranchise du contrat du conducteur). Mais désormais, BlaBlaCar veut aller plus loin en se positionnant franchement comme courtier.

Courtier de la nouvelle économie

Selon l’agence Bloomberg, l’équipe étoffée de 10 personnes et basée à Paris dont Gwenaël Moy, le General Manager Insurance, réfléchit à proposer plus de garanties additionnelles lors de chaque trajet. Les innombrables données collectées par le leader européen du covoiturage privé, présent dans 22 pays auprès de 50 millions de membres, constituent, à ce titre, une manne, depuis 12 ans d'exploitation, en terme de comportements de conduite et de connaissance des trajets empruntés.

« Nous pourrions devenir un courtier en assurance sur la base de nos statistiques de conduite et autres data collectées lors de chaque trajet », a confirmé le co-fondateur de BlaBlaCar Nicolas Brusson lors d’une interview relayée par Bloomberg. « Nous pourrions devenir un nouveau canal de distribution d’assurance sur notre plateforme et ce pan d’activité pourrait être prédominant dans nos revenus », a-t-il ajouté, sûr, via ses statistiques, de proposer un prix plus juste.

Interrogé par l’Argus, Gwenaël Moy expliquait récemment que le ratio sinistres sur primes de ­BlaBlaCar, avec 2,4 millions de trajets assurés et une moindre fréquence d’accidents « est aujourd’hui dans la zone ­normale ».

A l'heure où Amazon réfléchirait à se lancer dans l'assurance, il semble que les disrupteurs soient plus que jamais prêts.

 

 



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