BNP Paribas Cardif choisit Matmut en seconde noce

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Après plusieurs mois de recherches, BNP Paribas Cardif a jeté son dévolu sur le groupe Matmut. La signature d’un accord en assurance dommages, qui met un terme à l’alliance avec Axa dans Natio Assurance, se traduira par la création d’une nouvelle structure en 2018.

La volonté de BNP Paribas Cardif de reprendre la main sur l’assurance dommages aura eu raison d’un partenariat vieux d’un quart de siècle. BNP Paribas et le groupe Matmut viennent d’officialiser un partenariat dont le bruit courait depuis plusieurs semaines sur le marché.

L’avenir en commun

Les deux acteurs ont annon­cé la signature d’un protoco­le d’accord en vue de la création d’une socié­té d’assurance commune dont le lancement est prévu pour 2018. Cette structure, détenue à 66 % par BNP Paribas Cardif, la filiale assu­rance du Groupe BNP Paribas, et à 34 % par la Matmut, commercialisera une offre en assurance dommages : auto, habi­tation, scolaire, protection juridique et service d’assistance.

Au démarrage, l’offre sera proposée aux clients particuliers et profes­sionnels, associations et TPE de BNP Paribas en France, à commencer par ceux de la Banque de Détail (BDDF), puis de BNP Paribas Personal Finan­ce, et, à terme, de partenaires tiers dans une logique de multi­distribu­tion. « Notre objectif est d’attein­dre le taux d’équipement des meilleurs bancassureurs de la place, indique Virginie Korniloff, directrice générale adjointe, respon­sable des marchés domestiques de BNP Paribas Cardif. Notre offre, coconstruite avec Matmut, sera compétitive mais pas low cost. » Pour le bancassureur, l’enjeu est d’autant plus straté­gique qu’il traîne en queue de peloton, loin derrière son rival Crédit agricole Assurances qui réalise près de 9 fois plus de chiffre d’affaires en auto et MRH (voir classement ci-dessous). En avril dernier, Pierre de Villeneu­ve, président exécutif de BNP Paribas Cardif, expliquait dans nos colon­nes « réfléch[ir] aux moyens de développer ce segment ».

Un partenariat solide

Une consultation avait d’ailleurs été engagée auprès du marché huit mois plus tôt. Et le choix final n’a pas été guidé par le seul critè­re de la taille. « Un certain nombre de grands assureurs de la place ont répondu à notre appel d’offres. Nous avions besoin d’un partenaire renommé et reconnu pour sa qualité de services », préci­se Virginie Korniloff. Pour Nico­las Gomart, directeur général de la Matmut : « Qu’un groupe bancaire de la dimension de BNP Paribas fasse le choix de la Matmut pour développer son activité assurantielle est une recon­nais­sance de notre savoir-faire, du professionnalisme de nos équipes et de la qualité de nos offres. La force d’entraînement née de ce partenariat profitera au groupe Matmut dans nos propres projets de développement et d’inno­vation ». Le groupe Matmut, actuel­lement 7e assureur auto et 10e assureur en MRH en France, voit également dans ce partenariat l’occasion de se relancer dans un marché rendu plus disputé dans le contexte de la loi Hamon, qui incite à une plus grande rotation des portefeuilles. Pour la mutuelle d’assurance qui apportera dès 2018 son expertise technique via les équipes rouennaises, il s’agira de répondre aux attentes ambitieuses du bancassureur. Et ce d’autant plus que les résultats de la future joint-venture (dont le nom n’est pas encore connu) seront consolidés dans les comptes de Cardif. « Le résultat net sera toutefois réparti à due proportion dans BNP Paribas Cardif et Matmut », ajoute Virginie Korniloff.

Axa–BNP, un divorce à l’amiable

En devenant actionnaire majoritaire (66 %) de la future joint-venture avec Matmut, Cardif prend enfin un virage amorcé par nombre de ses concurrents depuis plusieurs années. « Nous n’avons pas encore atteint notre part de marché naturelle en IARD. Nous avons des ambitions fortes en dommages et une volonté de reprendre la main sur la stratégie », affirme Virginie Korniloff, directeur général adjoint, responsable des marchés domestiques du bancassureur. Les résistances d’Axa à devenir minoritaire dans Natio lui auront donc coûté cher face à la détermination du bancassureur. Le divorce prévoit une reprise à 100 % de Natio par BNP Paribas. Dans ce schéma, précise Godefroy de Colombe, PDG de Direct Assurance et président de Natio Assurance, « nous [Axa]conserverons à partir de 2018 la gestion du portefeuille en run-off en qualité de gestionnaire de sinistres pour compte de tiers ». Charge pour Axa d’anticiper l’attrition naturelle des portefeuilles. « Nous avons veillé à ce que les modalités de séparation ne nous contraignent pas à un plan social que nous refusions, concernant les 320 collaborateurs Axa qui sont aujourd’hui au service des clients de BNP. Nous avons le temps devant nous pour éviter un tel scénario », ajoute-t-il.

Refuser l’échec

Jusqu’à présent, BNP Paribas Cardif était engagé aux côtés d’Axa France, au sein de Natio Assurance, une coentreprise déte­nue à parts égales par les deux acteurs. Une alliance qui n’a pas produit les effets escomptés en termes de développement de BNP sur le marché Iard français. Dans le détail, selon le Top 20 des assureurs auto 2016 de L’Argus de l’assurance, BNP Paribas Cardif occupe la 19e place avec 72 M€ de chiffre d’affaires l’an dernier (-2,5 %). En MRH, le bancassureur, au 15e rang français, affiche un chiffre d’affaires de 92 M€ en 2015 (+3,40 %). « Nous ressentons une réelle volonté de BNP Paribas d’utiliser l’axe assurantiel comme un axe de développement à l’instar des autres bancassureurs. BNP Paribas aurait pu prendre ce virage il y a quelques années, il n’est pas impossible de rattraper ce retard », réagissait Daniel Havis, président du groupe Matmut lors d’une conférence de presse. Avec l’objectif de jouir des taux d’équipement des meilleurs bancassureurs de la place, BNP Paribas Cardif s’interdit tout nouvel échec. Charge à Matmut de se montrer à la hauteur.


Virginie Korniloff

Virginie Korniloff

Directeur général adjoint, responsable des marchés domestiques de BNP Paribas Cardif

Virginie Korniloff est née en novembre 1966. Diplômée de l'INT (Institut National des Télécommunications). 1989 : en poste à la gestion financière, au sein du groupe [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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