Brexit : le Lloyd’s opte pour Bruxelles

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L’annonce par le Lloyd's de l'implantation de sa filiale européenne à Bruxelles a coïncidé avec la publication de ses bénéfices nets qui sont stables en 2016 et... l'activation de l'article 50 déclenchant la procédure de divorce d'avec l'Union Européenne.

Le Lloyd's implante sa filiale européenne à Bruxelles
Le Lloyd's implante sa filiale européenne à Bruxelles

Ce ne sera finalement ni Dublin, ni Luxembourg. Après un passage en revue des différentes options, le Lloyd’s of London a finalement annoncé, le 30 mars 2017, son intention d’ouvrir une filiale européenne à Bruxelles. Motif : le régulateur y a une très bonne connaissance du marché de l’assurance londonien. De surcroît, la possibilité d’un lobbying plus efficace n’est pas exclue : « être au coeur de l’Europe continentale peut être utile », a ainsi confirmé John Parry, directeur financier du marché de l’assurance lors d’un point presse à Londres.

La filiale sera opérationnelle le 1er janvier 2019

Cette filiale, qui sera mise en place cette année, devra être opérationnelle au 1er janvier 2019, à temps pour la période des renouvellements. Les délocalisations devraient se compter en dizaines d’emplois plutôt qu’en centaines et les coûts devraient atteindre quelques dizaines de millions de livres, selon le marché : « Les opérations de réassurance devraient continuer à être traitées à Londres » a indiqué John Parry, « la filiale bruxelloise s’occupera d’assurance directe ». Pour le Lloyd’s of London, l’ouverture de cette filiale va lui permettre de continuer à offrir produits et services en Europe continentale après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Des résultats stables pour le marché

Dans l’intervalle, le marché a publié des résultats stables d’une année sur l’autre, avec des bénéfices imposables de 2,1 milliards de livres (2,5 milliards d’euros). « Si les résultats sont semblables d’une année sur l’autre, les  profil reste très différent » a estimé le directeur financier en pointant du doigt la hausse spectaculaire des revenus d'investissements (+235 %) à 1,345 milliards de livres (1,576 Md€)  et l’impact positif des mouvements de devises sur le bilan du marché. Les primes brutes ont progressé à hauteur de 12 % à 36,4 Md€ (29,9 Md£, soit 35 Md€) tandis que le ratio combiné subissait une détérioration, passant de 90 % en 2015 à 97,9 % l’année dernière. Le montant des sinistres s’est porté à 2,1 Md£ (2,5 Md€), conséquence principalement de l'ouragan Matthew et des incendies de Fort McMurray au Canada.

Le Royaume-Uni fait un saut dans l’inconnu

Au même moment, c'est surtout un moment « historique », qui se jouait, dixit la Première ministre britannique.Theresa May a, en effet, activé mercredi 29 mars l’article 50 du Traité de Lisbonne devant la Chambre des Communes. Presqu’au même moment, une lettre en ce sens parvenait à Donald Tusk, président du Conseil de l’Union européenne. Le déclenchement de l’article 50 marque ainsi le début d’une procédure de divorce qui va durer deux ans. Le secteur de l’assurance britannique par la voix de l’ABI, son association professionnelle, a immédiatement réagi en qualifiant ce moment de « majeur ». Néanmoins, Huw Evans, directeur général de l’ABI, a averti que les deux prochaines années n’« iraient pas de soi » tout en s’engageant à travailler dur pour « aider l’assurance et l’industrie de l’épargne à affronter les défis et saisir les opportunités offertes par le Brexit ».

 



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