Ce qui se passe à l'institut de formation de la profession de l'assurance (Ifpass)

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Selon les informations de l'Argus de l'assurance, l'organisme de formation de la branche - qui a vu partir au cours des deux dernières années plusieurs de ses dirigeants - serait confronté à des difficultés financières et à une concurrence accrue. Pour autant, son avenir ne serait pas en danger : un partenariat avec un acteur majeur de la formation pourrait, en effet, sauver l'Ifpass. 

 

L'immeuble loué par l'Ifpass à La Défense plomberait les comptes de l'organisme de formation.
L'immeuble loué par l'Ifpass à La Défense plomberait les comptes de l'organisme de formation.
© Pierre Vassal

Silence radio. Depuis la nomination de Laurent Arinchtingi au poste de directeur général de l'Ifpass en décembre 2014, ce dernier refuse toute demande d'interview. Quelques semaines plus tôt, José Milano, alors président de l'organisme, annonçait pourtant la couleur dans l'Argus de l'assurance«L'objectif (de l'école, NDLR) est de répondre désormais encore mieux aux besoins d'évolution de l'emploi, des métiers et des compétences de nos entreprises (...). On se doit d'être plus présent en formation continue ». Quinze mois plus tard, où en sont ces projets ? Bien que la direction ne souhaite pas communiquer, plusieurs sources - internes et externes à l'organisme - ont tout de même accepté de décrypter l'actualité de l'Ifpass, et de répondre aux questions que tout le monde se pose dans la branche. 

L’Ifpass est-il en déficit ?

« Ce problème est en train de se régler, mais nous avons effectivement des problèmes de trésorerie », confirme, sous le sceau de l’anonymat, un des membres du conseil d’administration de l'organisme. En cause notamment : la location du bâtiment de 5 étages dans lequel l’Ifpass est installé depuis 2008. Selon nos informations, cet immeuble de 5 000m² situé au cœur de la Défense couterait plusieurs millions d’euros chaque année à l’organisme. Or aujourd’hui, l’Ecole nationale d’assurances (Enass) – qui a quitté en partie les lieux fin 2013 – ne partage plus la facture du loyer avec l’Ifpass.  

Dans le même temps, l’école connaitrait une baisse des subventions qui lui sont versées. Chaque année, le Conseil régional soutient la formation des étudiants s'inscrivant aux filières du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). Or, suite à la restructuration du  Cnam, le propriétaire de la marque Enass n’a désormais plus de lien avec l’Ifpass. Mais ce n’est pas tout. Lors d’un dossier de l’Argus de l’assurance en janvier 2014 consacré à l’Ifpass, le directeur administratif et financier de l’organisme alors en place, Gilles Duval, s’inquiétait des impacts de la réforme de la taxe d’apprentissage, celle-ci risquant d’abaisser le financement du CFA de l’assurance et, de fait, de remettre en cause l’équilibre financier de l’Ifpass. Visiblement, il ne se serait pas trompé.

Pourquoi tant de départs ?

Pascal Lévêque (ex-directeur général), Dominique Cauvin (ex- directrice générale adjointe), Roxane Greco (ex-directrice générale adjointe), Françoise Odau (ex-responsable pédagogique)…depuis mai 2014, les départs au sein de l’organisme se sont succédé. Faut-il y voir un lien avec la nomination, quelques mois plus tôt, de José Milano, alors directeur des affaires sociales de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA), à la tête de l’Ifpass ? « Il y a eu, en effet, une volonté de pousser vers la porte ceux qui portaient les valeurs jusqu’alors de l’école, afin d’installer une nouvelle organisation. Un plan d’incitation a ainsi été déployé pour faire partir les cadres les plus anciens, ceux qui avaient les plus gros salaires », répond, aujourd’hui, une des personnes qui a quitté le navire.   

L’Ifpass perd-il des parts de marché ?

« Au cours des dernières années, nous n’avons pas réussi à gagner de nombreux appels d’offres. Sur le qualifiant notamment, la concurrence s’est renforcé et nous n’étions pas prêts à les affronter », explique un des ex-dirigeants. Un exemple : depuis janvier 2014, Cap Compétence, le dispositif de formation de la branche du personnel des agences général d’assurance, est opéré par AF2A. Cet organisme de formation a été sélectionné, à l’issue de l’appel d’offres lancé par les partenaires sociaux de la branche. Au détriment de l’Ifpass, qui ne proposait pas alors, «de classes virtuelles dans son offre», selon un participant aux négociations.  

L’avenir de l’organisme est-il menacé ?

Malgré ce contexte houleux, l’Ifpass serait sur le point d’être remis sur les rails. Comment ? Grâce à un partenariat avec le groupe IGS, acteur majeur de l’enseignement qui forme chaque année plus de 14 000 personnes en France.  Cela signifie-t-il que la gouvernance paritaire de l'organisme, qui dispose de deux collèges (employeurs et salariés), pourrait être remise en cause ? Quel serait le statut des quelque 80 salariés de l'Ifpass, si ce rapprochement - toujours en discussions - avec un groupe ayant une convention collective différente, devenait effectif ? Sur ces questions, comme sur toutes les autres, l’Ifpass – que nous avons contacté – s’est refusé à faire pour l'instant tout commentaire. 


Laurent  Arachtingi

Laurent Arachtingi

Directeur général de l’Institut de formation de la profession de l’assurance (IFPASS)

Maîtrise en droit des affaires. Diplôme d'études approfondies en droit social. 1994-97 : juriste chez le Groupe des Industries Métallurgiques (GIM) UIMM. 1997-99 : juriste chez [...]

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1 réaction

Marcoux | 08/02/2016 - 09H13

Il ne se passe plus rien dans cet organisme de formation que nous appelons dans la profession l'Impasse... pas de réponse aux messages ni aux demandes d'informations, tout le monde semble être dans la peur ou en pleine léthargie, à une époque ou les AGA se mobilisent pour une formation plus professionnelle (Cf l'Argus) l'Ifpass inquiète par son silence et son immobilisme.

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