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Christian Schmidt de la Brélie (Klésia) : « 2016 a confirmé notre stratégie affinitaire et partenariale »

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Très critique sur la réforme des contrats responsables, Christian Schmidt de la Brélie explicite la structuration du groupe prudentiel et de la nouvelle union mutualiste. Et ce, alors que le directeur général de Klésia annonce la fin du projet de rapprochement avec IRP auto.

Christian Schmidt de la Brélie, directeur général du groupe Klésia
Christian Schmidt de la Brélie, directeur général du groupe Klésia

Quels sont les résultats de Klésia pour 2016 ?

Le chiffre d’affaires a progressé de 3,4 % à 1 260 M€, hors congés de fin d’activité du transport et hors entrées de portefeuille l’année précédente, nous sommes sur une ­progression de 6,4 %, grâce notamment à l’intégration dans le groupe de la Mutuelle civile de la Défense (MCDef). 2016 a été une année de confirmation de notre modèle de groupe paritaire multiprofessionnel : clients et investisseurs ont affiché leur pleine confiance dans notre stratégie affinitaire et partenariale. Ainsi, notre taux de chute de portefeuille est inférieur à 2,5 % pour les affaires en cours, ce qui est deux fois moindre que ce que l’on peut constater sur le marché interprofessionnel. Et par ailleurs, l’émission de titres subordonnés en Tier 2 d’un montant de 160 M€ au quatrième trimestre a été saluée par un certain nombre d’investisseurs, puisque nous étions en sursouscription. Le groupe Klésia, qui a pour singularité de n’avoir aucune dette, a souhaité saisir cette opportunité pour renforcer sa marge de ­solvabilité qui s’établit à 168 % pour Klésia prévoyance en 2016.

Les chiffres du fonds CMU révèlent une faible croissance de la santé...

La réforme des contrats solidaires et responsables a eu un fort impact sur le chiffre ­d’affaires santé. Cette nouvelle réglementation a généré des travaux titanesques, sans créer un euro de valeur, et n’a pas conduit à diminuer les restes à charge puisque les tarifs des ­professionnels de santé n’ont pas baissé. Qui plus est, elle a pour le moins affaibli le dialogue social dans les entreprises où la couverture santé est assimilée par les salariés à du salaire quasi-direct.

La généralisation de la complémentaire santé a-t-elle transformé votre démarche commerciale, voire eu de l’impact sur vos résultats ?

Nous étions un peu absents de cet enjeu, dans la mesure où les partenaires sociaux de nos secteurs d’activité – pharmaciens d’officine, hôtels-cafés-restaurants (HCR), transports … – avaient opéré cette généralisation avant même l’ANI. La fin des clauses de désignation a eu plus d’impact dans la mesure où la relation client prend un poids qu’elle n’avait pas auparavant. Dans cette logique, nous avons été amenés à engager un important chantier de formation de l’encadrement à la notion de service client, un programme de 20 000 heures qui s’achèvera en 2018. Dans le même objectif, nous avons réduit les délais de conception de nos produits et faciliter les procédures de souscription.

Est-ce que vous bénéficiez de la nouvelle procédure de recommandation ?

Parmi nos branches « historiques », seuls les fleuristes ont eu recours à la recomman­dation et ont fait le choix de Klésia. Le transport et l’hôtels-cafés-restaurants n’ont pas ­souhaité recourir à cette procédure, tout en engageant pour autant des actions de ­prévention. Quand on regarde le marché, on s’aperçoit que la recommandation est un ­terreau peu fertile en matière de conquête de marché.

Comment se présente 2017 ?

Nous entendons continuer à fertiliser nos jardins affinitaires, sans vouloir défricher l’interprofessionnel. Ce qui exige notamment de poursuivre notre transformation, avec une prise en compte plus active des tendances lourdes que constituent les tensions sur les ratios sinistres sur primes et l’absence de ­produits financiers. Dans ce contexte, le levier privilégié est de rationaliser nos frais de ­gestion. Notre plan de transformation Ambition 2018 poursuit un objectif de baisse de ces frais de 10 % en assurance de personnes sur la période 2016-2018. Pour 2017, nous avons inscrit au budget un recul de 5,7 %.

Que donne votre partenariat avec CNP Assurances ?

Ce partenariat, conclu l’an dernier avec CNP Assurances et son réseau Amétis, est opérationnel depuis septembre?2016, et son bilan est positif. Il répond à la nécessité d’accroître notre réseau de distribution, et de mieux ­toucher les entreprises de transport de moins de vingt salariés. Sur 9 000 entreprises ciblées, 1 500 rendez-vous ont déjà été pris, et 350 contrats ont été souscrits depuis.

Où en sont vos projets de rapprochement avec d’autres acteurs ?

Klésia a mis fin au processus de négociation exclusive avec IRP Auto récemment. En effet, les méthodes de travail se sont révélées être très différentes d’un groupe à l’autre, et cela aurait décalé dans le temps l’atteinte de nos objectifs, tant en matière de mise en place du régime ­unifié de retraite complémentaire, qu’en assurance de personnes. Force est de constater que le mode de développement de nos groupes par concentration des acteurs paritaires touche à sa fin. Afin de continuer notre développement dans le respect des ­valeurs que nous défendons, nous sommes toujours à l’écoute de partenariat ou d’alliance avec des acteurs issus de l’économie sociale et solidaire au sens large.

Comment se structure votre pôle mutualiste ?

Nous avons créé au 1er?mars 2017 l’union de groupe mutualiste (UGM) Klésia ­Mutualité qui représentera cette année plus de 500 M€ de cotisations pour 1,2 million de personnes protégées. Elle regroupe la FMP, les mutuelles UMC et Klésia Saint-Germain qui devraient fusionner pour donner naissan­ce à Klésia Mut’, MCDef, la mutuelle Carcept Prev, la mutuelle UFR implantée dans les Dom-Tom ainsi qu’un certain nombre de mutuelles ­d’entreprises. Klésia a, par rapport à d’autres groupes de protection sociale, une approche moins intégratrice et plus fédéraliste des mutuelles. Cette UGM a vocation à devenir un lieu d’échanges d’informations et de mutualisation de services entre ses membres. Union de représentation politique, elle siège au conseil d’administration de la Mutualité française et a pour but d’accompagner la Fédération dans ses réflexions sur la complémentaire santé.

Concernant la nouvelle réglementation des groupes prudentiels, pourquoi avoir fait le choix d’une Sgam et non d’une Sgaps ? Et quel est son périmètre ?

Les trois types de structures, Sgam, Sgaps et UMG (1), qui correspondent aux trois codes, assurance, sécurité sociale et mutualité, sont peu ou prou les mêmes du point de vue de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Notre Sgam, créée il y a deux ans est « Solva 2 certifiée » depuis l’an dernier. Elle représente une sorte de voie médiane entre la Sgaps paritaire et l’UMG mutualiste, et constitue la structure la plus ouverte. Nous ne sommes pas une singularité parmi les groupes paritaires. Les principales composantes du groupe Klésia figurent dans le ­périmètre prudentiel de la Sgam et nous avons fait le choix d’une solidarité financière à 100 %. Dans le cas contraire, nous aurions affaibli notre marge de solvabilité. Or, l’objectif d’un groupe prudentiel est bien de se ­réunir pour être plus fort.

Avez-vous retenu différents scénarios concernant les fonctions clefs ?

Tous les membres de la Sgam ont accepté de mutualiser les fonctions clefs. Dans cette ­logique, les mêmes personnes occupent ces fonctions, comme l’actuariat par exemple, dans les différentes structures du groupe. Nous sommes sans doute une des Sgams les plus opérationnelles dans son fonction­nement. Notre taille y a contribué, tout comme les singularités de notre portefeuille : il n’y a aucune crainte de non-respect des champs de compétence entre nos différentes composantes.

Qu’attendez-vous du prochain gouvernement ?

Tout d’abord qu’il arrête le surcroît de réglementation. Ensuite, nous avons atteint, en matière de régime obligatoire, un niveau ­record de prélèvements obligatoires. Notre métier est d’être complémentaire, pas de nous substituer à l’assurance maladie ­obligatoire, mais en ­revanche d’occuper toute notre place en tant que complémentaire. Nous savons faire des choses que le régime obligatoire ne sait pas accomplir, en accompa­gnement et prévention, par exemple, mais nous n’avons pas vocation à être des payeurs aveugles et inactifs.

son PARCOURS


Diplômé de l’Institut de préparation à l’administration et à la gestion (Ipag), Christian Schmidt de la Brélie est directeur général du groupe de protection sociale Klésia depuis 2012.

1992 Collaborateur du secrétaire général des Sicav au groupe Axa.

1993 Responsable du contrôle de gestion à l’Association de prévoyance Bayard.

1997 Directeur du contrôle de gestion, de l’audit et de la comptabilité et membre du comité de direction au groupe AG2R.

2005 Directeur général du groupe D&O, devenu Klésia en 2012.

 


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Christian Schmidt de La Brélie

Christian Schmidt de La Brélie

Directeur général du groupe Klesia

Christian Schmidt de La Brélie est né le 24 juin 1969. Diplôme de l'Institut de préparation à l'administration  et à la gestion (IPAG). 1992 -1993 : collaborateur du [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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