Comment Axa entend améliorer sa rentabilité malgré la persistance de taux d’intérêt bas

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La nouvelle équipe dirigeante d’Axa s’est montrée « réaliste » dans la définition des objectifs fixés pour 2020. Mais des efforts importants seront à faire, notamment en termes de réduction des dépenses, pour compenser l’effet défavorable de la baisse des taux d’intérêt.

Pour atteindre les objectifs de rentabilité de ses opérations à l'horizon 2020,le groupe Axa qui sera dirigé à partir du 1er septembre 2016 par Thomas Buberl, compte actionner quatre leviers, dont des réductions des coûts plus importantes que par le passé.
Pour atteindre les objectifs de rentabilité de ses opérations à l'horizon 2020,le groupe Axa qui sera dirigé à partir du 1er septembre 2016 par Thomas Buberl, compte actionner quatre leviers, dont des réductions des coûts plus importantes que par le passé.
L. Castel/AXA

La transformation des activités d’assurance est au cœur du plan stratégique 2016-2020 présenté, ce mardi 21 juin 2016, par la nouvelle équipe dirigeante d’Axa. « Mais cette transformation va se faire dans un environnement difficile : les taux d’intérêt sont bas et vont le rester, il nous faut adapter notre modèle à cette nouvelle norme », a rappelé Thomas Buberl, qui prendra la direction générale du groupe le 1er septembre 2016.

Dans ce contexte, le deuxième assureur européen fait preuve d’une certaine prudence dans la définition de ses objectifs financiers. Entre 2016 et 2020, le groupe table ainsi sur une croissance moyenne annuelle de son résultat opérationnel comprise entre 3% et 7%, inférieure à la cible définie dans le cadre du précédent plan. Au cours des cinq dernières années, le groupe visait entre 5% et 10% de croissance de son résultat opérationnel par an en moyenne. En 2015, elle a été de 7%.

Taux d'intérêt : des scénarios réalistes

« Nous avons souhaité que ce plan soit réaliste », a précisé Gérald Harlin, le directeur financier d’Axa en détaillant les deux scénarios appliqués par le groupe pour fixer cet objectif. Un maintien des taux d'intérêt actuels au cours des cinq prochaines années conduirait à une croissance négative de -5% en moyenne sur la durée du plan, selon lui. « Si on prend une hypothèse plus positive - avec des taux européens de l’ordre de 2% et des taux aux Etats-Unis de l’ordre de 4%, l’impact de ne serait que de -1% », précise-t-il. 

Pour compenser cet effet négatif et atteindre les objectifs fixés en termes de rentabilité, le groupe compte accroître ses efforts en matière d’efficacité. Après avoir réduit ses dépenses de 1,9 Md€ ces cinq dernières années, Axa vise 2,1 Md€ d’économies d’ici à 2020 (1,5 Md€ sur les frais administratifs, 200 M€ en gestion de sinistres et 400 M€ sur les coûts d’acquisition des contrats).

Baisse des effectifs de 1% à 2% en Europe

Cette recherche d’efficacité qui doit permettre au groupe d’investir 3 Md€ dans sa transformation et contribuer à une croissance annuelle moyenne de 3% du résultat opérationnel se fera sans baisse des effectifs à l’échelle du groupe. « Mais dans les pays européens, dans lesquels la pyramide des âges fait qu’il y a beaucoup de départs naturels, on peut s’attendre à avoir en moyenne 1 à 2% de baisse des effectifs par an », prévient Gérald Harlin.

Croissance sélective

Pour dégager 2% supplémentaires de croissance de son résultat opérationnel, Axa mise aussi sur le développement ciblé de certaines activités. « La règle consistant à dire, il y a 20 ans, que les pays émergents sont des marchés à forte croissance et que les pays matures sont des marchés à faible croissance n’est plus vraie », constate Thomas Buberl. 

A l’avenir, il faudra selon lui être plus sélectif et créer davantage de synergies en déployant à grande échelle des initiatives qui ont fait leur preuve localement dans le groupe. Ces gisements de croissance résident notamment dans les risques d’entreprises, la santé et la prévoyance, l’épargne - en sortant du modèle basé sur des taux garantis -, et l’Asie, marché dont le résultat opérationnel doit croître de 10 à 12% en moyenne par an entre 2016 et 2020.

Amélioration des marges et acquisitions ciblées

Autre levier que le groupe compte actionner pour accroître son résultat opérationnel de 2% par an en moyenne : l’amélioration de ses marges. Pour ce faire, le ratio combiné cible est fixé à 94% à l’horizon 2020 en assurance dommages (contre 96,2% en 2015) et à 93% en santé et en prévoyance (contre 95,4% en 2015).

Enfin, les acquisitions seront aussi pour le groupe un moyen d’accroître sa rentabilité. Un budget de 1Md€ par an a été programmé pour réaliser des opérations de croissance externes ciblées dans les pays émergents comme dans les pays matures. Des opérations qui pourraient contribuer à une augmentation de 1% du résultat opérationnel en moyenne par an.

Qu’en pensent les investisseurs ?
La présentation des objectifs financiers d’Axa à horizon 2020 a été globalement bien accueillie par les investisseurs. En fin de séance, le titre de l’assureur français gagne 1,05% à 20,72 euros, surperformant légèrement le CAC 40 qui progresse de 0,65% à 4 368,96 points. Les annonces apparaissent comme « solides et en ligne avec les attentes des analystes », précise Olivier Pauchaut, analyste assurance et responsable de la recherche chez Bryan, Garnier & Co dans une note à laquelle L’Argus de l’assurance a eu accès. Et d’ajouter : « Les principaux objectifs financiers du plan Ambition 2020 sont plutôt réalistes à première vue. »
En matière de dividende, le groupe a maintenu son objectif d’un taux de distribution dans une fourchette cible comprise entre 45% et 55%. « L’objectif de croissance du résultat opérationnel par action et de plus-values nettes réalisées entre 300 et 500 M€ nous donne de la marge pour augmenter le dividende », souligne Gérald Harlin, directeur financier d’Axa. Depuis le début de l'année 2016, l'action Axa a perdu plus de 15% de sa valeur après un gain de 31,37% en 2015.
Sébastien Acedo

 


Thomas  Buberl

Thomas Buberl

Directeur général du groupe Axa

Thomas Buberl est né le 24 mars 1973, en Allemagne. 1998 : Master of Business Administration de l’Université Lancaster (Royaume-Uni). 1999 : diplôme de commerce d’Otto Beisheim School of Management – [...]

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