Allemagne : l’assurance vie change de cap

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Faibles marges, coûts de gestion astronomiques, législation contraignante...  L’assurance vie, le produit financier préféré des Allemands pour leur retraite, a perdu de son attrait. Certes, les clients restent fidèles. «Le taux des rachats de contrats a atteint son plus bas niveau historique en 2012, avec 1,9%», se rassure Markus Faulhaber, directeur vie au sein du groupe Allianz.

Mais les assureurs ont compris que le vent avait tourné et qu’il fallait réagir vite, notamment à l’approche de Solvabilité 2 qu’ils vivent comme une menace permanente. Selon les chiffres de l’agence de notation Assekurata, près de 25% des contrats vie courent à des taux de 4%, tandis que les emprunts d’Etat sur dix ans rapportent actuellement 1,7%.

Pour améliorer leur rendement, les assureurs diversifient leurs placements dans l’immobilier ou la transition énergétique. Mais ils manquent de capitaux propres. Plus qu’ailleurs, les assureurs allemands ont mis leur activité vie en péril.

Tabou brisé par Allianz

Un tabou a été brisé par Allianz, cet été. Le major allemand s’est lancé dans la commercialisation d’un produit à taux flexible rompant ainsi avec la grande tradition allemande des taux garantis sur le long terme. Le concurrent Ergo a suivi quelques semaines plus tard avec une police sans taux fixe...

Ils réfléchissent par ailleurs à des solutions pour se débarrasser de leurs anciens contrats vie négociés il y a 10 ou 20 ans. Talanx, numéro 3 allemand, pourrait annoncer en fin d’année la liquidation de sa filiale assurance vie HDI (10% du chiffre d’affaires). Quant au Suisse Zurich, il a déjà complètement abandonné cette activité en Allemagne. D’autres devraient suivre.

Stratégie de consolidation chez Heidelberger Leben

Certains y voient en revanche des opportunités. L’assureur Heidelberger Leben - acquis cet été à Lloyds Banking groupe pour 300 M€ par le fonds Cinven (80%) et Hannover Re (20%) - a ainsi annoncé sa claire intention de récupérer certains de ces portefeuilles vie à taux garantis élevés, dans une sorte de «bad bank» de l’assurance. Michael Sattler, le PDG, pense pouvoir réaliser des économies d’échelle et jouer la carte de la consolidation en regroupant de gros portefeuilles dans son nouveau système informatique. «Nous avons besoin pour cela d’un grand volume», a-t-il précisé dans une interview récente au quotidien «Handelsblatt». Et d’ajouter : «Dans le contexte actuel, la vie ne représente plus une priorité pour beaucoup d’assureurs.»  La stratégie se veut résolument opportuniste. «Nous étudierons tous les portefeuilles. Nous reprendrons les polices en fonction du volume et de l’intérêt qu’elles représentent pour nous», dit Irene Meier, porte-parole de Heidelberger Leben.

 



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