Assurance dommages : « la question du coût des agents généraux va finir par se poser », selon Facts & Figures

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Le 7e baromètre de l’assurance dommages présenté par Facts & Figures met les assureurs en garde contre leur propension à privilégier le marché des professionnels et des entreprises, à gonfler certains tarifs et à sous-estimer l’offensive des bancassureurs sur le marché des particuliers.

Cyrille Chartier-Kastler
Cyrille Chartier-Kastler

Sur le marché des dommages, tous les assureurs ont fait de la cible des professionnels et des entreprises leur priorité stratégique. Ce segment n’a pourtant pas progressé d’un iota entre 2011 et 2015. Dans le même temps, le marché des particuliers a augmenté de 11,6 %, soit une croissance de 2,8 % par an. Résultat logique : la part des Pro et Entreprises dans le mix d’activités des compagnies s’est érodée, passant de 30,7 % en 2011 à 28,4 % en 2015.

En revanche, leur part dans le résultat technique de l’assurance dommages a progressé : la rentabilité technique des contrats Pros et entreprises est de 12,4 %, contre seulement 5,1 % pour les Particuliers. « On comprend mieux pourquoi les compagnies visent toutes cette cible !, sourit Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures. Mais sur un marché en stagnation, les parts de marché se gagnent forcément sur la concurrence. On peut donc s’attendre à une érosion des marges. »

Stratégie mortifère

Quant au marché des particuliers, il est tiré par l’augmentation de la masse assurable, bien sûr. Mais aussi et surtout par la montée des « risques divers » : « Ces garanties de poche ne représentent que 14 % du volume des cotisations mais génèrent 24 % des résultats », commente Cyrille Chartier-Kastler. C’est une bouffée d’oxygène sur un marché des particuliers certes en croissance, mais dont les marges sont fortement contraintes par une concurrence exacerbée

De ce point de vue, Cyrille Chartier-Kastler se montre plus convaincu par la stratégie des mutuelles sans intermédiaires, qui ont bloqué leurs tarifs pendant deux ans, que par les compagnies avec réseau : « La courbe de chiffre d’affaires des agents généraux n’a que très légèrement chuté (de 26,3 % du marché des particuliers en 2011 à 25,1 % en 2015), observe Cyrille Chartier-Kastler. Mais cela tient avant tout à des hausses tarifaires : les agents généraux ont perdu 535 000 contrats Auto et 430 000 contrats MRH alors que les MSI en ont gagné 1 165 000 en Auto et 760 000 en MRH. A long terme, cette stratégie “vache à lait” me semble mortifère. »

La razzia des bancassureurs

Quant aux bancassureurs, ils ont capté 1,5 million de nouveaux contrats en MRH : parmi les 10 meilleures crroisances nettes de portefeuille se trouvent six bancassureurs (le Crédit agricole, la Banque postale et Crédit Mutuel en tête du classement). Sur le marché de l’auto, la croissance des bancassureurs est moins spectaculaire (avec « seulement » 805 000 nouveaux contrats) : « Il faut avoir une véritable culture du risque pour vendre de l’assurance Auto, estime Cyrille Chartier-Kastler. Les bancassureurs sont juste en train de l’acquérir. » Ce qui amène l’expert à considérer que Crédit agricole ne devrait pas tarder à être le premier bancassureur à intégrer le Top 3 des assureurs.

Prévisions tarifaires

En étudiant pour la première fois la structure de coûts des assurances Auto et MRH, le cabinet Fact & Figures réitère sa mise en garde : « Les bancassureurs et les MSI sont de loin les plus performants, estime Cyrille Chartier-Kastler, qui met en garde les compagnies à réseau : « La question du coût des agents généraux va finir par se poser… »

En attendant, cette analyse des coûts permet d’anticiper pour 2018 des hausses tarifaires de l’ordre de 2 à 3 % en assurance Auto : « La croissance du volume des primes (14,1 % entre 2009 et 2015) a tout juste permis aux assureurs de restaurer leur rentabilité technique. Ils n’ont plus de gras ! Pour aborber la hausses des sous-jacents (augmentation de la sinistralité, du corporel et du coût des pièces détachées), ils devront augmenter les tarifs. »

Du côté de l’habitat, en revanche, le volume de primes a augmenté de 28,6 % entre 2009 et 2016. « C’est considérable !, estime Cyrille Chartier-Kastler. Les assureurs ont accumulé environ 600 000 € de réserves qui leur permettront d’absorber des événéments climatiques. » Etant entendu que le cyclone Irma –intervenu dans des régions régulirèrement exposées - ne devrait pas avoir d’impact significatif.

 



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