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Axa accélère son développement

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L'assureur tricolore se positionne sur la santé et les grands chantiers. Il entend mener sa croissance sur le continent en jouant sur tous les leviers : faire grandir ses filiales, racheter des compagnies et en créer de nouvelles.

En janvier, le PDG d’Axa, Henri de Castries, a rendu visite aux quatre filiales du groupe dans la zone Fanaf. Il est ici avec le premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan (à droite) et le dg d’Axa Côte-d’Ivoire, Roger Boa Johnson.
En janvier, le PDG d’Axa, Henri de Castries, a rendu visite aux quatre filiales du groupe dans la zone Fanaf. Il est ici avec le premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan (à droite) et le dg d’Axa Côte-d’Ivoire, Roger Boa Johnson.

Janvier 2013. Le PDG du groupe Axa, Henri de Castries, entreprend une tournée auprès des filiales africaines. Successivement au Sénégal, en Côte-d'Ivoire, au Cameroun et au Gabon, le patron du groupe rend visite aux collaborateurs d'Axa, aux clients, aux officiels. Pour l'occasion, il troque même son costume-cravate pour de belles chemises aux motifs colorés ! Loin de l'Europe et de son état proche de la récession qui déprime les assureurs, l'Afrique serait-elle devenue une place stratégique pour le développement de l'industrie mondiale de l'assurance, et pour Axa en particulier ? « C'est un continent d'opportunités », tempère Michel Hascoët, PDG d'Axa assurances Maroc, qui pilote depuis Casablanca le développement des activités d'Axa en Afrique subsaharienne.

Héritée de la fusion avec l'UAP, la présence d'Axa est ancienne et s'est recentrée depuis 2004 sur les quatre marchés phares de la zone Cima (Conférence interafricaine des marchés d'assurances), à savoir les pays cités plus haut. Le chiffre d'affaires réalisé par ces filiales s'établit à 63 M€ en 2012. Rien à voir, bien sûr, avec les 90 Md€ de primes collectées aux quatre coins du monde par le groupe. Pourtant, sur chacun de ses marchés, Axa affiche une position de leader. Il est numéro un au Sénégal, à la troisième place au Cameroun et le quatrième assureur de la Côte-d'Ivoire et du Gabon. D'une année sur l'autre, le taux de croissance des filiales d'Axa en Afrique subsaharienne s'élève en moyenne à 10%.

À ces progressions remarquables s'ajoute le rendement des fonds propres qui, en 2012, s'est établi à 32,3% pour la filiale sénégalaise et à 20,4% pour la Côte-d'Ivoire !

En 2012, dans les quatre pays phares d'Afrique suivants, Axa a réalisé un chiffre d'affaires de 63 M€ qui se décompose ainsi :

  • 17,8 M€ au Sénégal
  • 16,9 M€ au Cameroun
  • 16,1 M€ au Gabon
  • 12,2 M€ en Côte-d'Ivoire

D'un pays à l'autre, l'auto représente de 24% (au Cameroun) à 44% (au Gabon) des primes émises.

Un voyage « inaugural »

De quoi reconsidérer les positions d'Axa dans la région ? « Le voyage d'Henri de Castries au début de l'année est un signe fort pour le développement d'Axa en Afrique subsaharienne. Le groupe nous a donné son feu vert pour regarder toutes les opportunités d'acquisitions qui se présenteraient dans l'un des marchés de la zone Cima, et en particulier dans les pays où nous sommes déjà présents », confirme Michel Hascoët.

De fait, en cette fin de mois de mars, sous la chaleur écrasante de Kribi, station paradisiaque de la côte Sud du Cameroun, l'enthousiasme est perceptible parmi les cadres dirigeants des différentes entités africaines réunies à l'occasion de la publication de leurs résultats. Tous ont pour mot d'ordre de faire grandir leur filiale ! Le défi s'avère de taille, car le marché, à l'image du taux de pénétration de l'assurance d'à peine 1% dans certains pays de l'ouest et du centre du continent, reste modeste.

En outre, la concurrence est rude, parce que les assureurs marocains, dans le sillage de leurs cousins banquiers, ont fait de l'Afrique subsaharienne leur terrain de chasse naturelle. Et cela sans compter la place ancienne et inévitable dans la région des courtiers Ascoma et Gras Savoye auprès des grands comptes.

Ces difficultés ne sauraient faire reculer Axa. Depuis quelques mois, l'assureur s'est attaché les services d'une banque d'affaires et de spécialistes de la région pour accélérer son développement. Les regards se tournent en particulier vers le Ghana et ses 25 millions d'habitants. Au bord du golfe de Guinée, le pays frontalier à l'est de la Côte-d'Ivoire, au sud du Burkina Faso et à l'ouest du Togo, remplit tous les critères que s'est fixés Axa. « Il s'agit d'un pays politiquement stable, doté d'un système judiciaire établi. Le niveau de vie relativement élevé de la population permet l'existence d'un véritable marché de l'assurance », détaille Michel Hascoët.

 

Unifier et mutualiser

Au Ghana comme dans les autres pays de la zone Cima, l'assureur privilégie l'acquisition ou même la création d'une compagnie. Le développement de partenariats avec des opérateurs bancaires stratégiques est également envisagé. À l'image de cette prise de participation de 10% dans une filiale de la BMCE au Cameroun, la Bank of Africa, réalisée en mars et qui doit permettre à l'assureur de commercialiser un certain nombre de produits.

Dans tous les cas, l'assureur mise sur la mutualisation de ses moyens pour asseoir son développement en Afrique. Les filiales du continent sont en effet dotées du même système informatique, des mêmes procédures et commercialisent d'un pays à l'autre les mêmes produits. De quoi aller plus loin et, surtout, plus vite, espère Michel Hascoët.

L'Afrique, c'est rentable !

  • Pas question de se cacher derrière son petit doigt, les assureurs s'intéressent à l'Afrique, car c'est également une terre d'investissement très rentable. Axa n'en fait pas mystère. En 2012, le rendement des fonds propres de ses filiales a atteint 10,5% au Cameroun, 20,4% en Côte-d'Ivoire, 13% au Gabon et 32,3% au Sénégal.
  • Ces très bons résultats financiers s'expliquent, selon Michel Hascoët, PDG d'Axa assurances Maroc, par l'activité d'assurance, mais également par des placements en actions effectués de longue date dans des secteurs aujourd'hui porteurs, notamment les télécoms et les banques. Prudent, l'assureur s'est fixé depuis un an et demi pour ligne de conduite de multiplier par trois la part des emprunts obligataires dans ses placements financiers.

Les collectives et les infrastructures

  • L'assurance santé collective et les risques d'entreprise constituent les deux marchés prioritaires pour Axa en Afrique subsaharienne. En l'absence de sécurité sociale, les compagnies jouent le rôle d'assureur au premier franc CFA. La santé est aussi un produit d'appel qui permet d'attirer les clients pour leur proposer d'autres produits d'assurance.
  • La construction de routes et de barrages, le secteur minier et les activités pétrolières constituent une véritable manne pour le développement de l'assurance dans la région. Axa entend se positionner sur les risques chantiers. La prudence est tout de même de mise. Si les activités dérivées du pétrole sont regardées de près, pas question d'assurer une plate-forme dont un sinistre pourrait engloutir trente années de primes.


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article extrait de l’argus de l’assurance

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