Axa, Allianz, Aviva : la diversification, mais pas à n’importe quel prix

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Selon Standard and Poor’s, les grands assureurs diversifiés sont mieux positionnés pour amortir l’impact des taux bas. Mais ils privilégient les activités peu gourmandes en capital.

Dans l’environnement de taux bas, tous les assureurs ne sont pas logés à la même enseigne. Les assureurs globaux multilignes, au premier rang desquels Axa, Allianz, Aviva et AIG, tirent leur force de leur diversification… mais surtout de la solidité de leur capital, estime l’agence de notation Standard and Poor’s.

Ces assureurs, notés de AA à A+, peuvent amortir l’impact des taux bas sur leur profitabilité en tirant parti de leur diversification, tant en termes géographiques que de lignes d’activité, et en ralentissant sur les segments les moins rentables. Alors que les rémunérations de l’assurance-vie sont au plancher, mieux vaut ainsi miser sur l’assurance dommages. Bien que la sinistralité en termes de cat’ nat’ a retrouvé en 2016 un niveau « normal », note Standard and Poor’s, certains segments de marché restent encore plus profitables en non-vie.

Mais la diversification ne peut pas tout. En effet, ces grands assureurs n’échappent que partiellement aux taux bas : leur retour sur investissement (ROI) a reculé de 10 points de base en moyenne au cours des 5 dernières années (là où d’autres assureurs locaux, moins diversifiés, ont connu le double).

Optimisation du capital

L’entrée en vigueur de Solvabilité 2, qui a renforcé les exigences de fonds propres, a considérablement réduit leurs marges de manœuvre. Standard and Poor’s s’attend donc à ce que ces grands assureurs poursuivent une stratégie d’optimisation de leur capital, plutôt qu’une diversification à tout prix. Ainsi, Axa a annoncé en mai dernier le lancement d’une IPO (introduction en Bourse) d’une part minoritaire dans ses activités d’assurance-vie aux Etats-Unis. Selon Standard and Poor’s, « Axa devrait utiliser le produit de l'introduction en bourse pour se développer dans des activités moins gourmandes en capital telles que la santé, la protection sociale et l'assurance de biens et de responsabilité. » De même, AIG a mis en vente son activité de prêt hypothécaire United Guarantee Corp en décembre 2016 ainsi qu’un syndicat du Lloyd’s, Ascot Underwriting Holdings Ltd.

Malgré des perspectives de croissance économique faibles, des taux bas et des contraintes réglementaires plus fortes, les grands assureurs ont résisté à la tentation d’aller chercher du rendement au moyen d’investissements plus risqués, note encore l’agence. Leur portefeuille d’actifs reste en majorité composé de titres de bonne qualité notés du AAA au BBB (« investment grade »). Standard and Poor’s maintient les notes de ces assureurs sous perspective stable, à l’exception de l’américain AIG et du néerlandais AEGON placés sous perspective négative.



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