Fusions-acquisitions dans l’assurance : une compétition accrue (Willis-Towers Watson)

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Le visage de l’assurance mondiale a fortement évolué en 2015 et cette dynamique ne serait pas prête de s’arrêter. Selon l’enquête Willis-Towers Watson menée auprès des dirigeants de compagnies d’assurance, la compétition pour les actifs attrayants va s’intensifier au cours des trois prochaines années.

82% des dirigeants de compagnies d'assurance dans le monde prévoient de procéder à des acquisitions dans les trois prochaines années
82% des dirigeants de compagnies d'assurance dans le monde prévoient de procéder à des acquisitions dans les trois prochaines années

L’année 2015 a été marquée par de profonds bouleversements pour l’assurance mondiale. Ainsi, sur les trois premiers trimestres de l’année, les opérations de fusions-acquisitions ont totalisé quelques 111,4 Md€, soit près de trois fois plus qu’en 2014. Une dynamique qui devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2019. Ainsi, selon l’enquête Willis Towers Watson menée auprès des dirigeants de compagnies d’assurance, 82% d'entre eux prévoient de procéder à des acquisitions dans les trois prochaines années et 33% déclarent projeter de céder certaines de leurs activités.

La croissance du CA, principal moteur des fusions-acquisitions

Près de la moitié des sociétés interrogées ont assuré que leur dernière acquisition majeure avait pour objectif de renforcer leur position sur le marché et d’accroître leur base de clientèle. L’étude rappelle que la consolidation – notamment aux Etats-Unis et sur les lignes spécialisées – a entraîné une hausse du nombre de méga-opérations, soit des fusions acquisitions chiffrées à plus de 5 Md $: quatre en 2015 contre une seule en 2014.

- Anthem / Cigna pour 49,5 Md€

- Aetna / Humana pour 37 Md€

- Ace/Chubb pour 25,7 Md€

- Willis/Towers Watson pour 16,5 Md€

 

Signe de ce fort dynamisme, 25 opérations dont le montant était compris entre 300 M€ et 5 Md€ ont également été enregistrées en 2015.

Et ce mouvement permet aux compagnies de se montrer exigeantes : les entreprises interrogées n’ont pas l’intention d’examiner des opérations offrant, à terme, une rémunération du capital de moins de 13,8% en assurance non vie et 14,2% en assurance vie. Willis-Towers Watson assure toutefois que si les assureurs s’en tiennent à ces critères de rémunération minimale, « ils devront se montrer plus sélectifs dès le départ, dans la mesure où la concurrence devrait s’intensifier, accentuant ainsi la pression exercée sur les prix. »

Les pays émergents en appétit

Quelque 90% des compagnies situées sur un marché émergent ont prévu de procéder à des opérations dans les trois ans à venir et elles ont le regard tourné vers les marchés matures. Plus de la moitié des compagnies en Europe de l’Ouest, Amérique du Nord et Australie, ainsi que le marché du Lloyd’s, prévoient de procéder à au moins un désinvestissement avant 2018 pour tenir leurs objectifs d’efficacité. « Si les compagnies asiatiques ciblent des entreprises en Europe, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un marché en pleine expansion, commente Frédéric Traimond, directeur de l’activité gestion des risques pour la France et l’Europe du Sud chez Willis-Towers Watson. Mais plutôt pour l’avantage technologique comparatif qu’il procure. » Il cite ainsi les innovations digitales en IARD : structures informatiques, algorithmes de tarification et outils de distribution.

Aiguiser ses armes pour l’intensification de la concurrence

« La plupart des analystes semblent estimer que le secteur est encore en situation de survente, poursuit Frédéric Traimond. Les valorisations demeurent attrayantes, bien que les prix augmentent à mesure que les capitaux affluent et que le sentiment des investisseurs envers les actions du secteur de l’assurance s’améliore. Etant donné l’ampleur de la menace concurrentielle et sa diversité, les assureurs engagés dans des opérations de fusions-acquisitions devront établir des stratégies claires pour se frotter à leurs rivaux potentiels. »

80% des répondants indiquent qu’ils prévoient de concentrer leur activité de fusions-acquisitions sur les principaux marchés et 8 % des dirigeants n’étaient pas encore présents sur les marchés où ils réalisent des acquisitions ciblés. L’étude souligne enfin que la distribution, qui compte déjà parmi les principales raisons d’être de plus d’un tiers des fusions-acquisitions, devrait prendre de l’importance, les assureurs recherchant de nouvelles voies d’accès au marché et une hausse de leurs revenus.



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