Generali, le feuilleton italien de l’hiver

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Après les bruits de décembre sur un rachat de sa filiale française par Allianz, l’avenir du premier assureur italien est à nouveau en suspens alors que les rumeurs s’intensifient sur une prise de contrôle de Generali par la banque Intesa Sanpaolo.

L’assureur italien était redevenu une cible potentielle après l’arrivée à sa tête du français Philippe Donnet et des signes d’instabilité de son tour de table.
L’assureur italien était redevenu une cible potentielle après l’arrivée à sa tête du français Philippe Donnet et des signes d’instabilité de son tour de table.

Les mois se suivent et se ressemblent pour Generali. Quelques semaines seulement après l’ébruitement d’un potentiel rachat (aussitôt démenti) de sa filiale française par l’Allemand Allianz, voilà que l’assureur de Trieste suscite l’appétit de la banque italienne Intesa Sanpaolo. L’information, d’abord diffusée à l’état de rumeur pendant le week-end par la presse italienne, a pris une autre ampleur à la suite de la publication d’un communiqué par Generali lundi soir, indiquant que l’assureur italien a acquis 3,01 % du capital d’Intesa.

Manoeuvre défensive

Une montée aussitôt perçue comme une manœuvre défensive contre une éventuelle offre hostile. Comme l’a relevé Le Figaro dans son édition datée du 25 janvier 2017, la règlementation italienne sur les participations croisées interdit à une société de détenir plus de 3 % des droits de vote d’une autre entité si celle-ci détient déjà une participation de plus de 3 % dans son capital. La seule manière de s’emparer de Generali pour Intesa Sanpaolo serait dès lors de lancer une offre publique sur au moins 60 % du capital de l’assureur, soit une opération d'un montant de 14,5 milliards d’euros au cours actuel.

Intesa confirme son intérêt

L’annonce n’a cependant pas calmé les velléités d’Intesa. Mardi soir, la banque italienne a en effet confirmé étudier un éventuel rapprochement avec Generali. Dans un communiqué, la direction d’Intesa a précisé que sa direction « examine attentivement et examinera toute possibilité de renforcer sa position et sa performance (…) y compris d’éventuelles combinaisons sectorielles avec Assicurazioni Generali ». D’après des sources proches du dossiers citées par l’agence de presse Reuters, Intesa projetterait une offre par échange de titre sur la majorité du capital de Generali, dont la capitalisation boursière est de 24 milliards.

Allianz en embuscade ?

La banque numéro un sur le marché italien de l’assurance-vie envisagerait de construire un grand pôle de la banque et de l’assurance en unissant ses activités à celles de Generali. Dans le même temps, Inesta céderait certaines filiales étrangères à l’assureur allemand Allianz qui pourrait alors racheter les actifs de Generali en Suisse, en Espagne ainsi qu’en France.

Une cible potentielle

L’assureur italien était redevenu une cible potentielle après l’arrivée à sa tête du français Philippe Donnet et des signes d’instabilité de son tour de table. Le fait que le nouveau pdg ait travaillé pour Axa pendant l’essentiel de sa carrière avait notamment ravivé l’hypothèse (là encore aussitôt démentie) d’un rachat de l’assureur italien par le français. Les rumeurs avaient été relancées par la suite avec les déclarations faites en novembre dernier par Mediobanca, l’actionnaire principal de Generali, sur sa volonté de faire baisser sa participation de 13 à 10 % à court terme. Mercredi soir, interrogé par l'agence de presse allemande DPA, en marge d'une conférence en Allemagne, Thomas Buberl, directeur général d'Axa, a déclaré que jouer un grand rôle dans la consolidation du secteur n'était toutefois « pas la stratégie » de l'assureur français.

Les marchés en faveur du mariage

Les marchés, eux, semblent pencher pour le scénario du mariage avec Intesa. Depuis lundi l’action de l’assureur italien a littéralement bondi. Après avoir déjà grimpé à 14,30 euros lundi soir, sa valeur a atteint 15,57 euros mercredi.

Le départ du numéro deux de Generali

Enième coup de théâtre : mercredi soir, Generali a annoncé le départ de son numéro deux, Alberto Minali, et son remplacement au poste de directeur financier par Luigi Lubelli. Le conseil d'administration, réuni dans la soirée  « a décidé d'interrompre le contrat de travail du directeur général et directeur financier Alberto Minali », a indiqué Generali dans un communiqué. Un accord a ainsi été passé avec Alberto Minali qui quittera ses fonctions le 31 janvier. Cet accord prévoit le versement d'au moins 5,7 millions d'euros bruts, via différents bonus et en compensation d'une clause de non-concurrence. « Pour le moment il ne sera pas remplacé dans son rôle de directeur général », a fait savoir l'assureur italien, indiquant que « toutes les fonctions de premier niveau de l'entreprise qui revenaient précédemment à Minali sont remises, avec effet immédiat, en rapport direct avec le PDG », le français Philippe Donnet.



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