Gestion d’actifs : des rumeurs de vente d’Axa IM inquiètent les syndicats

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Les partenaires sociaux redoutent l’impact sur l’emploi alors que la presse financière évoque un possible rapprochement de la filiale d’Axa avec Natixis, BNP Paribas ou Deutsche Bank.

Ce n’est qu’une rumeur de marché : selon les agences Bloomberg et Reuters, Axa aurait engagé une réflexion sur l’avenir de sa filiale de gestion d’actifs Axa IM. A l’heure où ce marché se consolide, le groupe d’assurance français aurait entrepris des discussions en vue d’un rapprochement de ses activités de gestion d’actifs avec celles de Natixis, filiale du groupe BPCE, et de BNP Paribas. D’autres sources évoquent également des discussions avec Deutsche Bank Asset Management, dont le patron n’est autre que Nicolas Moreau, l’ancien PDG d’Axa France.

Axa se refuse à tout commentaire sur ces rumeurs. Selon une source syndicale, l’avenir d’Axa IM aurait pourtant été évoqué en comité de groupe France avec le PDG d’Axa France Jacques de Peretti. « Si demain il y a une vente ou une fusion avec le groupe BNP, Natixis ou un autre opérateur, nous craignons qu’il y ait des économies d’échelle réalisées et des réductions d’effectifs », indique une source syndicale. Axa IM dispose, en effet, de 1400 salariés en France, dont 500 occupent des fonctions de support et de gestion, qui seraient les premières concernées en cas de rapprochement ou d’adossement à un concurrent.

"Des bijoux de famille"

Une stratégie à rebours de celle de l’assureur italien Generali qui a décidé, au contraire, de renforcer sa stratégie d’asset management en recrutant des équipes de gestion, expliquait son directeur général Philippe Donnet à l’Argus de l’Assurance. « Aujourd’hui, nous abandonnons trop de valeur aux autres asset managers », souligne-t-il. L’internalisation d’une plus grande partie de la gestion de portefeuilles devrait rapporter au groupe 150 M€ de résultat net par an d’ici 2020, espère-t-il.

« Alors que Generali et Allianz ont leur propre gestion d’actifs, nous voudrions nous séparer des bijoux de famille du groupe. Pour quelle stratégie ? », s’interroge ainsi une source syndicale qui évoque « des marges faibles » sur cette activité. La gestion d’actifs chez Axa, qui regroupe l’activité d’Axa IM et son gestionnaire d’actifs américain AB (Alliance Bernstein), a vu en 2016 ses revenus baisser de 3% pour atteindre 3,7 milliards d'euros.

Créer un géant

Le projet de rapprochement ou d’adossement d’Axa IM s’inscrit dans un contexte de consolidation du secteur, où les gestionnaires d’actifs européens fusionnent pour amortir leurs coûts fixes grâce à des économies d’échelle. La tendance est ainsi à la création de mastodontes comme le français Amundi, qui vient de s’offrir l’italien Pioneer Investment pour 3,5 Mds€. Axa IM gère un portefeuille de 735 milliards d'euros d'actifs, dont 60% sont gérés pour son compte propre. Natixis Global Asset Management gère, de son côté, 834 milliards d'euros et BNP Paribas Asset Management 566 milliards d'euros. Un rapprochement permettrait ainsi de créer un géant qui pourrait rivaliser avec les 1.342 Mds€ d’actifs gérés par Amundi.

Axa a, par ailleurs, déjà annoncé l’introduction en Bourse d’une part minoritaire d’AB, qui gère 517 Mds $ d'encours (435 Mds€). Ces activités seront réunies au sein d’une même structure cotée avec sa filiale d’assurance-vie et épargne aux Etats-Unis. Une opération qui vise à réduire le risque financier du groupe et à générer du cash pour l’investir dans d’autres activités comme le P&C (dommages et RC) et la santé.



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