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Le Cameroun porté par les grands chantiers

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Le port en eaux profondes de Kribi est l’un des projets phares du Cameroun. Les autres chantiers constituent autant de locomotives à même de faire progresser un marché de l’assurance encore balbutiant.

À deux heures et demie de Douala, dans le sud du Cameroun, Kribi a tous les attributs de la petite station balnéaire paradisiaque. Mais il s’agit aussi d’un point stratégique du trafic maritime dans le golfe de Guinée, et du terminal de l’oléoduc Tchad-Cameroun. Un peu plus au Sud, la construction d’un port en eaux profondes est à l’oeuvre.

« Kribi va jouer un rôle majeur dans les projets d’industrialisation du Cameroun », affirme fièrement Aurélien Mbonjo, premier adjoint préfectoral de la ville. « La construction de ponts, de routes, de barrages hydroélectriques doit permettre au pays de rattraper son retard en matière d’infrastructures et d’accélérer son développement », confirme Narcisse Palissy Chassem, économiste au Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), évoquant le plan de développement ambitieux adopté en 2010 par le président Paul Biya.

Le contexte est donc porteur pour l’assurance. « À terme, l’élévation générale du niveau de vie générera des besoins nouveaux, y compris en assurances. Dans l’immédiat, le pays attire de nombreuses entreprises, qui ont besoin de s’assurer. Les risques liés aux chantiers vont générer une croissance du chiffre d’affaires des assurances non-vie », parie Martin N. Foncha, directeur général de Colina Cameroun et président de l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (Asac).

Le deuxième marché après la Côte-d’Ivoire

214 M€ Le chiffre d’affaires global de l’assurance en 2011 au Cameroun, soit 161 M€ en dommages et 53 M€ en vie.

24 compagnies dont 7 en vie et 17 en non-vie

Source : Association des sociétés d’assurances du Cameroun (Asac)

Grands comptes, gros enjeux

À Douala, Thierry Keppeden, directeur général d’Axa Cameroun, confirme : « Notre chiffre d’affaires a progressé de 2,4% en 2012, grâce à la réalisation d’affaires nouvelles importantes, notamment en automobile et en incendie. » La filiale camerounaise, qui réalise 30% de son chiffre d’affaires en santé, s’affirme numéro un sur ce marché. Parmi ses clients, figurent de grands comptes : Lafarge et Orange pour la partie dommages, ou encore les Brasseries Castel. Sans oublier la flotte aérienne présidentielle, réassurée par Axa Corporate Solutions (ACS). La filiale camerounaise n’entend pas en rester là.

« Si nous parvenons à renforcer nos positions sur le marché, nous serons d’autant plus crédibles auprès d’interlocuteurs qui multiplient les investissements au Cameroun », poursuit Thierry Keppeden. Une allusion au groupe Bolloré et à ses 50 MdFCFA (76 M€) investis en 2012 et 2013 dans le port de Kribi, mais également dans un train rapide Douala- Yaoundé et dans la construction d’une ferme photovoltaïque. Même enthousiasme de la part d’Allianz.

Sa filiale camerounaise contribue à 27% du chiffre d’affaires de l’assureur allemand en Afrique. Selon Hervé Gloaguen, président d’Allianz Africa, les activités vie et non-vie cumulées font d’Allianz Cameroun l’un des acteurs majeurs du pays. « Le poids de plus en plus important pris par l’assurance vie reflète le développement du pays. Le marché de l’assurance est promis à de belles perspectives », poursuit-il.

 

La vieille dame du sommet

De fait, depuis ces cinq dernières années, son taux de croissance moyen annuel oscille entre 6 et 9%. Avec 214 M€ de primes, le Cameroun s’affirme comme le deuxième marché le plus important de la Conférence interafricaine des marchés de l’assurance (Cima, organisation réglementaire commune à 14 pays d’Afrique de l’Ouest et centrale), derrière la Côte-d’Ivoire (277 M€).

Ces perspectives aiguisent les appétits, « mais renforcer ses positions dans l’assurance au Cameroun est une sacrée paire de manches, car les opportunités ne sont pas si nombreuses et les acteurs restent de petite taille », prévient un spécialiste du marché. Chanas assurances concentre donc l’attention des acteurs engagés dans une course à la taille.

Numéro un au Cameroun, la compagnie est dirigée par une dame de 88 ans, Jacqueline Casalegno, et a pour partenaire – à hauteur de 43% du capital – la Société nationale des hydrocarbures. Mettre la main sur Chanas assurances reviendrait à prendre la tête du marché et à se positionner sur de grands risques, liés, notamment, aux activités pétrolières. Officiellement, la compagnie n’est pas à vendre…


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2 réactions

avemkoe | 06/06/2013 - 20H15

Dommage qu'aucune allusion ne soit faite sur la part des intermédiaires d'assurances (courtiers et agents généraux) surtout nationaux à cette joyeuse agape. il semblerait qu'ils sont tenus loin de la table avec les appels d'offres faits exclusivement aux compagnies...



cabinet-conseil-droit-communautaire-africain.com

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Lucien Tchapda | 06/06/2013 - 09H30

C’est les réalisations des grandes promesses du président Biya de transformer le paysage camerounais en vastes chantiers pour une émergence palpable et bien appréciable par tous pour le bien être de tous les camerounais.

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article extrait de l’argus de l’assurance

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