Risques d’entreprises : le top 10 Monde et France de 2017 (baromètre Allianz)

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Si l’interruption d’activité reste la principale préoccupation des entreprises, l’atteinte à la réputation et à l’image effraie moins que l’an dernier. Les nouvelles technologies (interconnectivité, nanotechnologies…) intègre le top 10 des risques les plus redoutés.

usine PSA de Mulhouse chaine de fabrication de la Peugeot 2008
usine PSA de Mulhouse chaine de fabrication de la Peugeot 2008
Guittet Pascal Guittet Pascal

A quelques semaines du lancement des 25ème rencontres du risk management, le baromètre annuel des risques d’Allianz publié par l’assureur des grands risques industriels et des spécialités Allianz Global Corporate & Specialty offre une lecture  des principaux risques que redoutent les entreprises dans le monde.

Couvrir des actifs de plus en plus incorporels

Résultat : les 1237 gestionnaires et experts du risque interrogés dans 55 pays craignent avant tout les dommages immatériels causés par une interruption d’activité. Une crainte d’autant plus fondée que les pertes indirectes qui résulteraient, par exemple, de la rupture d’une chaîne logistique, restent complexe à assurer et relève de l’ingénierie assurantielle. Ensuite, les entreprises s’inquiètent de l’évolution des marchés marquée par la volatilité, des conditions d’activité incertaines et surtout un accroissement des risques politiques après une année 2016 chahutée par le Brexit, l’élection de Donald Trump et les tensions géopolitiques avec la Russie. « Les entreprises encourent des pertes financières et craignent la montée du protectionnisme et de l’altermondialisme », souligne le rapport. Enfin, elles continuent de trembler face aux cyber-risques à l’heure où la data est à la fois reine et règlementée. La digitalisation leur offre, en effet, de nouvelles opportunités, mais elle modifie également la nature de leurs actifs d’exploitation qui passent majoritairement de l’état matériel à incorporel. Les entreprises doivent donc les valoriser pour mieux les couvrir.

L’interconnexion des risques

Les catastrophes naturelles – imprévisibles – figurent toujours en quatrième position de cette 6ème édition du baromètre (principale source d’inquiétude au Japon et à Hong Kong, ainsi que dans les secteurs de l’ingénierie/de la construction et de l’énergie/des services aux collectivités). « Nous devons tenir compte du fait que le réchauffement climatique au-dessus de 1,5°C accentuerait fortement les aléas climatiques, tels que les vagues de chaleur et la montée des eaux. En tant qu’assureur, il nous appartient de concevoir des solutions adaptées à ces scénarios », commente Axel Theis, membre du directoire d’Allianz SE. S’en suivent les évolutions législatives et règlementaires, puis macro-économiques.

Premier fléau des activités industrielles, l’incendie ou l’explosion remonte en 7ème place des risques (avérés!). Idem pour la guerre et le terrorisme qui inquiètent 14% des entreprises interrogées contre 11% l’an dernier. C’est l’atteinte à la réputation ou à l’image qui figure désormais au 9e rang alors que cette crainte était en 7e place en 2016. Les nouvelles technologies (impression 3D, clones…) intègrent le baromètre à la 10ème place.

 Autant de risques qui expliquent le premier d’entre eux. L’essor de l’Internet des Objets (IdO) et l’interconnectivité croissante des machines, des entreprises et de leurs chaînes d’approvisionnement peuvent facilement multiplier les pertes d’activité et donc de chiffre d’affaires en cas d’incident. Dans le cadre de la production digitalisée et de l’Industrie 4.0, l’incapacité à transmettre ou à interpréter correctement des données peut stopper la production. Idem en cas de violence politique, de cat’nat’ ou de pandémie, capables d’arrêter une activité dans une zone étendue.

Besoin de refondre les soutils de contrôle et de gestion des risques ?

« Partout dans le monde, les entreprises redoutent l’évolution imprévisible de l’environnement réglementaire et géopolitique ainsi que des conditions de marché à l’échelle mondiale. Une multitude de nouvelles menaces vient s’ajouter aux risques perpétuels d’incendie et de catastrophes naturelles, nécessitant une refonte des outils de contrôle et de gestion des risques », déclare Chris Fischer Hirs, CEO d’AGCS. Selon Euler Hermes, filiale d’Allianz SE spécialisée dans l’assurance-crédit destinée aux entreprises, entre 600 et 700 nouvelles barrières commerciales sont érigées chaque année dans le monde depuis 2014….

« Si l’interruption d’activité est la principale préoccupation, d’autres incertitudes pèsent sur les entreprises à court terme, comme l’évolution du cadre législatif-gouvernemental et du marché. Les sondés anticipent des changements majeurs », ajoute Thierry Van Santen, CEO d’AGCS France.

Les entreprises françaises sensibles à l'erreur humaine

En France, l’ordonnancement diffère. Si l'atteinte à la réputation ou à l’image recule également fortement de la 1er à la 9ème position ainsi que la crainte d'une baisse de la qualité et des rappels de produits qui figure en queue de classement, le cyber risque est le second aléa le plus redouté par les entreprises avant l’évolution de marchés. L’incendie reste un fléau prégnant, gagnant 3 places en 4ème position du classement, suivi par les risques politiques. Surtout de nouveaux risques font leur entrée en 6e place : les évolutions législatives (protectionnisme, sanctions économiques…), l’erreur humaine et les évolutions macro-économiques (programmes d’austérité…).

 

 


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