Courtage : des renouvellements contrastés avec les entreprises

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L’heure des renouvellements de contrats avec les entreprises a sonné pour les courtiers. Parmi ces derniers, Gras Savoye, Marsh, Aon et Siaci Saint Honoré pointent des démarches variées ainsi qu’une plus grande sélectivité des assureurs.


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«Les bons risques, ceux bien protégés, biens documentés, peuvent bénéficier de baisses toujours plus importantes », observe Léopold Larios, en charge de l’observatoire des primes et des assurances au sein de l’association des risk-managers (Amrae). Dans son viseur : la RCMS (responsabilité civile du mandataire social), la RC pro, le transport et la construction. Pour les risques sinistrés, le risk-manager a appelé l’assurance à ne pas se limiter à un ratio ­combiné et à un ratio des coûts pour rester un « partenaire ». L’idée ? Être plus qu’un « fournisseur de capacités ».

Trois approches pour la perte d’exploitation sans dommage

L’année 2016 a vu la mise en place de différentes approches sur le risque de perte d’exploitation sans dommage, donc sans fait générateur assurable, qui reste préoccupant. Marsh en a listé trois lors de la présentation de son état du marché : les assureurs qui ont cherché à bâtir des couvertures dédiées, comme Zurich ou AGCS, ceux qui ont étendu leur couverture à quelques garanties en premier risque, type accident du travail ou maladie transmissible, comme FM Global, et enfin ceux qui font du fronting (association de l’assureur et du risk-manager pour utiliser une captive) comme Axa qui propose des garanties pertes financières pour les captives de ses clients.

La tendance à l’augmentation de capacités en dommages, observée en 2014 et 2015, semble d’ailleurs ralentir, les quelques hausses ponctuelles d’acteurs existants étant compensées par la fusion des capacités, ­résultant de la concentration du secteur (Ace Chubb ou XL Catlin). En matière d’appétit, Léopold Larios observe que des assureurs traditionnels entrent sur des risques qui historiquement leur faisaient peur. « Je pense notamment à la garantie ­fournisseurs-clés ou à la couverture des évé­nements naturels, ­précise-t-il. Les assureurs sont désormais en mesure de répondre aux besoins des entreprises, ce qui est très ­positif. » En ­responsabilité civile, la souplesse dans la souscription connaît une certaine évolution. « Les assureurs sont plus sélectifs, plus réservés », ­observe Anne-­Marie Fournier, vice-­présidente de l’Amrae. « Une approche technique et actuarielle amène certains ­acteurs, animés par la volonté de réduire la volatilité du risque et de valoriser le coût des garanties sensibles, à limiter leur engagement en partageant le risque sur une même ligne », ajoute Sophie Rodier, directrice de la responsabilité civile chez Gras Savoye.

Les flottes automobiles

« L’équilibre technique reste difficile à atteindre, tant pour les assurés que pour les assureurs », témoigne Léopold Larios. Cependant, c’est bien de la branche automobile que vient le changement de l’année, constate Marsh, qui observe une démarche de défense de portefeuille et une concurrence assez vive avec parfois des prises d’affaires à perte. De son côté, Christian Danel, directeur flottes automobiles chez Gras Savoye, constate que « des écarts surprenants peuvent exister entre les approches des différents assureurs ». Le courtier précise que si le marché est ouvert et souple, il reste des activités pour lesquelles la souscription reste particulièrement difficile, voire impossible : location courte durée, transport public de voyageurs et, dans une moindre mesure, le transport public de marchandises.

Les risques cyber

Le constat est tout en contrastes pour l’assurance cyber, avec une concurrence vive et des taux à la baisse pour les ETI et PME, mais un marché plus exigeant pour les grandes entreprises, où les nouveaux acheteurs devraient avoir une tarification plus élevée que les assurés existants, selon les estimations de Marsh. Contraste également en matière d’approche : les risk-managers observent « une vraie dichotomie entre les acteurs qui ont un portefeuille, qui payent des sinistres et qui comprennent les risques, et ceux qui affichent des capacités importantes, n’ont jamais peur des chiffres, mais fuient dès que les entreprises présentent leurs risques », explique Léopold Larios.

La fraude

Sur ce sujet de préoccupation central des entreprises, en raison de la multiplication des escroqueries au faux président et au faux fournisseur, l’appétit du marché est en baisse. Christine Becue, directrice adjointe Finex pour Gras Savoye, observe que les capacités restent importantes (environ 250 M€), mais que le besoin d’information sur le risque est lui aussi élevé. « Certains assureurs se positionnent de façon sélective sur les lignes excess ou seulement en accompagnement d’autres lignes financières, voire uniquement sur le middle market », précise-t-elle, ajoutant que la coassurance s’est également fortement développée. Les franchises sont stables, mais élevées (le plus souvent entre 500 000 et 1 M€ pour les gros risques).



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article extrait de l’argus de l’assurance

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