Courtage : la nouvelle envergure de Siaci Saint Honoré

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La société d’investissement française Ardian contrôle désormais 57% du capital du cinquième courtier généraliste français, Siaci Saint Honoré.


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Ardian est désormais l’action­naire principal de Siaci Saint Honoré. La prise de participation est moins importante que l’objectif des 65% annon­cé en février, lorsque la société d’investissement était entrée en négociation exclusive avec les actionnaires de Siaci Saint Honoré, car les parts du management et des collaborateurs sont finalement passées de 15 à 23% du capital, mais elle vient appuyer les ambitions du courtier français.

Doubler la taille du groupe d’ici à cinq ans

Siaci Saint Honoré a bondi de 160 à 259 M€ de chiffre d’affaires entre 2009 et 2014. La croissance de 6% enregistrée entre l’exercice 2013 et 2014 est dans la lignée des 9,8% de 2013 et des 8,7% de 2012. D’où le qualificatif de « pépite du courtage en assurance » choisi par Philippe Poletti, responsable de l’activité Mid Cap Buyout chez Ardian. L’objectif du courtier, fixé par la société d’investissement, est maintenant de doubler la taille du groupe d’ici à cinq ans. En déroulant la liste des critères qui ont favorisé la proposition d’Ardian – en concurrence, pour rappel, avec JC Flowers sur la dernière ligne droite – Hervé Houdard, directeur général de Siaci Saint Honoré, évoque un « projet de développement ambitieux » et une « structuration de la dette qui nous laisse beaucoup de flexibilité pour l’investissement ». Les charges financières devraient être inférieures à celles que l’entreprise payait lors de la précédente composition du capital (Jardine Lloyd Thompson, Edmond de Rothschild, Paris Orléans). Pour combler les attentes de la société d’investissement, Siaci Saint Honoré va devoir maintenir un cap soutenu en tablant sur la croissance interne comme exter­ne.

Des leviers de croissance à l’international

Ces deux dernières années, Siaci Saint Honoré s’est fortement déve­loppé en Suisse. Une activité qui représentera près de 25 M€ de CA et plus de 200 collaborateurs fin 2015. « Ce marché est proche de la France, avec un courtage encore peu mature et source de forts leviers de développement sur tous nos métiers, notamment en IARD, transport et mobilité internationale », commente Hervé Houdard. Le courtier est résolument concentré sur la mobi­lité internationale. « Nous souhaitons continuer à nous développer en Asie, en Indonésie et en Malaisie par exemple. Avec notre filiale MSH International, nous suivons les flux migratoires qui se développent fortement de l’Asie à l’Afrique », assure Pierre Donnersberg, président du directoire de Siaci Saint Honoré. Des cibles intéressantes – « avec des petits cabinets spécialisés sur quelques pays qui arrivent à une certaine maturité et atteignent un plafond de développement » – ont été identifiées. En France, le marché s’avère plus difficile, dans l’attente des effets de la généralisation de la complémentaire santé.

Offensive sur la protection sociale

C’est justement la protection socia­le qui pourrait porter la croissance interne du courtier. Si Siaci Saint Honoré entend préser­ver l’équilibre entre ses diffé­rents métiers, l’assurance de personnes pour les entreprises dans le cadre des nouvelles recommandations des branches pourrait constituer l’un des leviers de développement du courtier. De source de marché, une plateforme de services serait notamment en projet... Du côté de la typologie de la clientèle, Siaci Saint Honoré souhaite conforter son positionnement sur les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et sur les entreprises spécialisées comme les bureaux d’études et d’ingénierie. « Ce sont des entreprises de taille intermédiaire qui ont besoin d’une très haute technicité et d’autant d’engagement et de capacité que les grands comptes », observe Hervé Houdard. Les risques très évolutifs de ces clients offrent de bonnes perspectives de développement et, accessoirement, mettent en avant la valeur ajoutée du courtier.

 

 

SIACI FACE AU TOP 5

Siaci Saint Honoré est le cinquième courtier millionnaire selon le classement 2014 réalisé par L’Argus et son ambition affichée – « devenir le premier courtier indépendant français des grandes entreprises sur toutes nos activités » – se heurte aux velléités de ses principaux concurrents. Au premier chef desquels le leader, Gras Savoye, passé dans le giron de Willis ce printemps, qui doit poursuivre son développement pour asseoir la légitimité de cette alliance dont l’officialisation se faisait attendre. En matière de croissance externe, le quatrième courtier millionnaire, Aon, n’a pas manqué, de son côté, d’afficher son appétit. « Nous sommes dans le trio de tête des pays dans lequel le groupe se dit qu’il faut investir, avec le Royaume-Uni et l’Allemagne. Donc si nous présentons un beau dossier, il a de bonnes chances d’aboutir », a ainsi expliqué Robert Leblanc, PDG d’Aon France. La configuration du groupe au logo rouge, coté à New York, est plutôt adaptée à des moyennes ou des grosses acquisitions. Cependant, Aon France a annoncé avoir en vue une cible de niche à la spécialité client intéressante. Marsh & Mc Lennan et Verspieren, respectivement en deuxième et troisième positions, étendent de leur côté leur maillage régional.

Il y a en Asie des cibles intéressantes avec des petits cabinets spécialisés sur quelques pays qui arrivent à une certaine maturité et atteignent un plafond de développement.

Pierre Donnersberg, président du directoire de Siaci Saint Honoré



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article extrait de l’argus de l’assurance

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