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Des tarifs stables, mais des relations sous tension

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Une année de durcissement et de revalorisation tarifaire, voilà comment étaient décrites les tendances pour 2011. Pourtant, le marché s'est révélé stable une nouvelle fois, même si, au cas par cas, les affaires se renouvellent à la hausse pour les entreprises exposées aux catastrophes naturelles.

Depuis des années, tout le monde s'accorde à dire que le temps de la hausse est arrivé. Mais depuis le retournement brutal du marché en 2001, les tarifs n'ont jamais réellement connu de mouvement haussier généralisé. Du côté des renouvellements du 1er janvier 2012, c'est bien la stabilité qui a été de mise sur le haut du marché des grands risques. En revanche, en ce qui concerne le bas et le milieu de segment, le dumping des prix est d'actualité, une fois de plus. « Sur les grands comptes, il n'y a pas de hausse. Il y a encore de la compétitivité entre les assureurs et une certaine souplesse, néanmoins moins forte que celle de l'an dernier », confirme Stanislas Chapron, président du directoire de Marsh. Et Pierre Bessé, président du cabinet éponyme, d'ajouter : « Contrairement aux annonces de certains, le marché des assureurs grands risques ne s'est pas retourné en 2011. Il n'y a toujours pas de crise de capacités en vue. »

 

«Stabilisation artificielle »

Toutefois, pour quelques acteurs, cette stabilité tarifaire n'est qu'apparente et, lors des renouvellements, il a fallu faire preuve de vigilance au niveau des couvertures accordées et l'apparition d'exclusions. « Pour moi, la stabilisation, annoncée et que l'on a eue, est artificielle. On garde les mêmes tarifs, mais on voit une volonté de rogner sur les capacités ou encore sur les couvertures. Avec Solvabilité 2, les assureurs auront aussi besoin de souscrire un peu différemment », confie Hervé Houdard, directeur général de Siaci Saint-Honoré (S2H). La tendance est confirmée par l'assureur FM Global, qui en fait même un argument de différenciation vis-à-vis de ses concurrents. « De notre côté, nous pensons sur du long terme. Ainsi, à l'inverse, nous ajoutons des extensions et mêmes des garanties à nos polices », appuie Thierry Masurel, directeur de la souscription et de la clientèle Europe du Sud de l'assureur américain.

Reste que certaines branches ont été évaluées à la loupe. Les assureurs comme Allianz Global Corporate et Speciality (AGCS) restent ainsi « très prudents sur la branche dommages aux biens ». Considérée comme l'une des lignes assurantielles les plus délicates lors des renouvellements du 1er janvier 2012, notamment pour les entreprises exposées aux catastrophes naturelles, elle a suscité quelques tensions au niveau des négociations même si, selon Thierry van Santen, directeur général d'AGCS, « il n'y a pas eu de remise en cause des programmes eux-mêmes ». « Néanmoins, les expositions cat' nat' font l'objet d'une vigilance accrue de la part des marchés, tant en termes d'identification que de capacité octroyée », précise Paul-Émile Leroy, directeur des grandes entreprises de Gras Savoye.

 

Pas de revirement brutal

Cette vigilance accrue des assureurs se ressent aussi sur le risque automobile. « Au niveau de cette branche, nous avons effectivement assisté à des hausses tarifaires », affirme François Leduc, directeur général adjoint de Verspieren. Marché de fréquence ayant enregistré une hausse de la sinistralité, il est normal, selon Pierre Bessé, qu'elle ait été « la branche la plus sensible » lors de ces renouvellements. Dans l'ensemble, même si les courtiers parlent d'une volonté des assureurs de sonner la fin de la récréation, « le marché reste concurrentiel », conclut Jean Couturié, président du directoire de Diot.

Alors, que prévoir pour 2012 ? Pour Patrick Werner, directeur général de Gras Savoye, « il ne faut pas s'attendre à un revirement brutal de tendance ». Ces propos sont confirmés par Robert Leblanc, président d'Aon France : « Actuellement, nous voyons se profiler une année fortement ressemblante à celle qui vient de s'écouler, c'est-à-dire un nouvel exercice de stabilisation tarifaire. » Pour les autres acteurs, on parle effectivement plus de petits ajustements que de hausses tarifaires significatives et généralisées. « Depuis 2001, les entreprises ont beaucoup investi en prévention, ce qui permet toujours de bien négocier avec un profil de risques de qualité », observe Éric Maumy, directeur général de Verlingue.


 

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article extrait de l’argus de l’assurance

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