Siaci-ACSH : LCF Rothschild fait monter la pression

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Les négociations en vue de constituer un nouveau groupe de courtage entre ACSH et Siaci avancent. Une offre a été déposée par LCF Rothschild pour reprendre Siaci.

Chez les Rothschild, la négociation est tout un art. Les discussions entre les deux branches de la famille en vue de créer un pôle industriel de courtage en rapprochant Assurances Saint-Honoré (ACSH) et Siaci ont été nourries. Mais désormais, l'offre de rachat est bien arrivée chez le courtier JLT, actionnaire de Siaci à 31 % et dernier maillon de la décision. Il y a quelques semaines encore, les pronostics étaient plus mitigés. Plusieurs scénarios ont été évoqués dans le cadre de l'initiative lancée par La Compagnie financière (LCF) Edmond de Rotschild pour prendre la majorité du capital de Siaci et créer un groupe de courtage plus diversifié (lire « l'Argus » du 7 avril et du 26 mai 2006, p. 7).

Convaincre le troisième et choisir le patron

Si le schéma final n'est pas encore arrêté, les grandes lignes de ce projet industriel, qui « fait sens » selon les deux parties, se dessinent. Les synergies entre les deux cabinets sont évidentes. Siaci, détenue à 35 % par David de Rothschild via la société Paris Orléans, est le pilier en assurances de dommages. Tandis qu'ACSH, appartenant très majoritairement à l'autre branche de la famille Rothschild, sous la coupe du groupe LCF Edmond de Rothschild que dirige Michel Cicurel, réalise plus des trois quarts de son activité en assurances de personnes. Reste que des incertitudes demeurent. D'abord, la décision de JLT, qui pourrait voir sa part réduite dans le nouvel ensemble, est toujours en suspens. Le courtier anglais souhaite en effet valoriser au maximum sa participation dans le cabinet français avant d'accepter l'offre de LCF Edmond de Rothschild.

Ensuite, il y a les incertitudes sur les personnes. Qui dirigera le groupe ? Robert Leblanc, qui a fait un joli parcours depuis son arrivée chez Siaci, n'est pourtant pas le mieux placé, le cercle des Rothschild ne lui étant pas ouvert. Reste à savoir quel rôle il jouera dans cette nouvelle partition. Pierre Donnersberg, patron-fondateur d'ACSH et pièce maîtresse dans le jeu des Rothschild, pèsera, lui, de tout son poids dans le dispositif.

Enfin, et surtout, reste l'épineuse question du prix. Aucun chiffre n'est encore avancé, même si les critères de la valorisation d'un cabinet fixent des coefficients de 2 à 2,5, ce qui porterait l'opération à plus de 200 ME. Auxquels il faudrait ajouter quelques dizaines de millions d'euros pour l'immeuble du 18, rue de Courcelles, siège de Siaci. Les jeux ne sont donc pas encore faits, mais les choses ne devraient plus traîner. En effet, si, côté LCF, on semble vouloir jouer les prolongations pour obtenir un prix d'acquisition le plus intéressant possible, en interne, les équipes d'ACSH commencent à s'impatienter.

Ascenseur vers le 5e rang

Chez Siaci, la volonté est également d'aboutir rapidement, d'autant que Robert Leblanc doit veiller à maintenir le moral des troupes et retenir les affaires. En 2005, Siaci a enregistré un chiffre d'affaires de 97 ME, en progression de 3 %, contre 61,5 ME (+ 13,2 %) pour ACSH. En cas de conclusion, le nouveau groupe passera devant Bessé et talonnera Verspieren avec un total de près de 160 ME de chiffre d'affaires.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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