Verlingue traverse la Manche

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Le courtier familial vient d'acquérir un cabinet en Grande-Bretagne. Une étape historique pour Verlingue, qui se hisse parmi les dix premiers du marché français.

Jacques Verlingue s'en frotte encore les mains. Cette semaine, il devait annoncer aux collaborateurs du cabinet anglais Finch de Manchester leur passage tout récent sous pavillon français. Fin 2006, le cabinet quimperois a en effet procédé à l'acquisition, pour un montant tenu secret, du cabinet de courtage Alec Finch Group Ltd. Acquisition financée en partie sur ses fonds propres. Comme souvent dans l'histoire du courtage, c'est une histoire d'hommes qui est à l'origine de l'opération. Jacques Verlingue et Alec Finch se connaissent en effet depuis très longtemps grâce au réseau international WBN dont le Français fut l'un des cofondateurs en 1989.

« Pour satisfaire notre objectif de croissance annuelle de 15 %, nous misons à la fois sur la croissance interne et sur la croissance externe. Courant 2006, nous nous sommes implantés à Rennes et à Lyon. En 2008, ce sera à Dijon. Nous sommes Bretons, la Grande-Bretagne est une région que nous connaissons bien ! » s'amuse Jacques Verlingue. Son désir latent d'expansion à l'étranger a été assouvi de manière inespérée par le besoin d'Alec Finch, 60 ans, d'assurer sa succession.

La carte du service et celle de l'international

Concrètement, le cabinet anglais, qui pèse 100 ME de volume de primes et qui est, comme Verlingue, spécialisé en risques d'entreprise, officiera sous sa propre marque et poursuivra son développement. Alec Finch en restera d'ailleurs le « chairman » (président). La holding Alec Finch Group Ltd comporte quatre sociétés : Alec Finch & Cie (structure de courtage généraliste), Alec Finch London (broker au Lloyd's), Alec Finch Risk Services (dédiée au risk management) et Oakley Finch (« employee benefits », les assurances collectives de personnes). « Nous achetons une entreprise extrêmement bien gérée, avec des collaborateurs de qualité. Il est donc important de préserver leur dynamisme commercial. Nous avons par ailleurs beaucoup à apprendre d'eux, car les Anglo-Saxons ont un sens du service et un professionnalisme plus développé qu'en France », explique Jacques Verlingue, qui précise que la mise en oeuvre des méthodes de conquête commerciale de son cabinet se mettront en place dès cette année. Cette acquisition lui donne en outre accès à « une ressource jusqu'ici très peu utilisée », à savoir les capacités du Lloyd's. « Cette opération va augmenter notre culture internationale et constitue une réelle opportunité pour un cabinet familial de taille moyenne comme le nôtre », se réjouit Jacques Verlingue.

L'art de choisir ses cibles d'abord en France...

De fait, avec cette acquisition, le cabinet Verlingue (créé en 1933) entre véritablement dans une nouvelle ère. Déjà, en l'espace de dix ans, le courtier avait discrètement, mais sûrement, construit sa réussite. Avec un chiffre d'affaires de 18,3 ME et 176 salariés en 1996, Verlingue se classait au 24e rang du classement des courtiers.

Cette année-là, Verlingue se lance dans une phase de croissance externe régulière et maîtrisée. D'abord en rachetant le courtier Favre Maurer et associés en juin 1996, à Mulhouse et Strasbourg. Suivront Secco France (à Paris) en décembre 1998 puis Ace en 2002 et Eurcap en septembre 2003. Entre-temps, Verlingue prend une participation de 49 % dans le capital de Dujardin à Tourcoing. Résultat : en 2006, le groupe Verlingue affiche 59,1 ME de chiffre d'affaires et compte 480 collaborateurs.

... puis à l'étranger

Devenu désormais 9e courtier français, Verlingue joue dans une autre cour. Et il ne compte pas en rester là. L'objectif premier est de doubler de taille tous les cinq ans, mais toujours en identifiant soigneusement ses cibles.

S'il n'en fait pas une priorité, Jacques Verlingue indique qu'il continuera de regarder les opportunités qui pourraient se présenter de nouveau à l'étranger. Une stratégie très peu adoptée par les sociétés familiales de courtage françaises. À l'instar de Verlingue, les courtiers français privilégiaient jusqu'à présent le pragmatisme, en intégrant des réseaux plutôt qu'en procédant à des acquisitions hors de leurs frontières. Diot a ainsi participé à la création d'un réseau européen dès 1994, qui devient officiellement Eos Risq en 2000. De son côté, Verspieren a créé Assurex Global en 1999 avec des confrères internationaux. L'initiative de Verlingue ne devrait pas rester sans suite.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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