CTip : les institutions de prévoyance stables en 2016

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Malgré des encaissements de cotisations contrastés selon les activités et un environnement contraint par les réformes, les institutions de prévoyance affichent un résultat en progression.

Jean-Paul Lacam, délégué général du CTip
Jean-Paul Lacam, délégué général du CTip
LAETITIA DUARTE

Même si le transfert massif vers le collectif n’a pas eu lieu, les institutions de prévoyance (IP) ont tout de même largement profité de la généralisation de la complémentaire santé au 1er janvier 2016, la couverture de 200000 salariés supplémentaires se traduisant par une progression des cotisations de 3,9%. Présentant mercredi 21 juin le bilan annuel du Centre technique des institutions de prévoyance (CTip), son délégué général Jean-Paul Lacam a toutefois souligné que ce résultat étaità  prendre avec précaution, le marché étant entré dans une phase de « mutation » après une succession de réformes (ANI, contrats responsables, Solvabilité 2).


Cette progression en santé apparait toutefois bienvenue pour les institutions de prévoyance, car elle vient compenser les reculs constatés sur leurs deux autres métiers, la prévoyance et la retraite supplémentaire. Bertrand Boivin Champeaux, directeur prévoyance et retraite supplémentaire au sein du CTIP, à « l’arrivée de nouveaux concurrents suite à la fin des clauses de désignation ». « La stabilité de l’activité sur l’assurance vie et d’autres segments du marché exacerbe la concurrence », a-t-il encore indiqué. A cela s’ajoute le fait que, pour conforter leur ratio de solvabilité, les IP ont réalisé des arbitrages sur leur portefeuille d’assurés. Quant à la retraite supplémentaire, la baisse s’explique par un environnement toujours défavorable.

Des paritaires solvables


Les autres indicateurs de l’activité des IP apparaissent tout aussi contrastés. La charge des prestations s’accroit en santé mais diminue en prévoyance ainsi qu’en retraite supplémentaire. Sur l’ensemble de leurs métiers, elle atteint 12,2 Md€, en baisse de 1,3%. Le résultat technique est négatif à -126 M€. Ce sont les résultats financiers qui permettent aux IP d’atteindre l’équilibre, avec un résultat net qui ressort à 103 M€ (+4%). Les IP ont aussi conforté leur assise financière, avec un ratio moyen de solvabilité de 286 %, nettement supérieur aux exigences réglementaires.

Quant aux groupes paritaires, leur situation est en ligne avec celle des IP. Leur chiffre d’affaire consolidé est stable par rapport à 2015 à 26,7 Md€, tandis que les cotisations santé progressent de 3,8% à 10,4 Md€, et celles de prévoyance reculent de 5,8% à 7,2 Md€. Le résultat net des groupes progresse légèrement à 662 M€ (+0,7%).

Pour une pause réglementaire


Si les institutions de prévoyance maintiennent leurs positions, elles n’en appellent pas moins, par la voix de leur délégué général, à une « pause réglementaire » après une succession de bouleversements législatifs et réglementaires. « Nous serons attentifs et constructifs vis-à-vis du nouveau gouvernement », a déclaré M. Lacam, faisant notamment allusion au développement de la prévention ou à une meilleure coordination entre l’assurance maladie obligatoire et complémentaire, dans lesquels le CTip est prêt à s'impliquer. En revanche, le CTip se montrera vigilant sur d’autres sujets, dont en premier lieu le maintien des exonérations fiscales et sociales. M. Lacam a indiqué souhaiter des « éclaircissements » sur un certain nombre d'autres points, dont les contrats types de complémentaires évoqués pendant la campagne présidentielle de M. Macron ou le reste à charge zéro en optique ainsi que pour les prothèses dentaires et auditives. 
 


Jean-Paul Lacam

Jean-Paul Lacam

Délégué général du CTip

Jean-Paul Lacam est né 2 décembre 1953 à Teyssieu, dans le Midi-Pyrénées. Diplôme de l'Institut de Statistique de l'université Pierre et Marie Curie (ISUP) à [...]

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