AMRAE 2017

« Du rêve à la douleur », l’alerte de Laurence Parisot aux professionnels du risque

Par - Publié le

,

,

,

,

,

,

VIDÉO. L’ex patronne des patrons a clôturé les 25e rencontres de l'Amrae avec un discours empli de gravité. Face à la montée des haines, Laurence Parisot a appelé à la prise de conscience.

« Jamais de mémoire d’homme nous n’avons été face à de tels risques que ce soit sociaux, politiques, militaires, technologiques. Jamais nous n’avons été avec une telle combinaison. Et il me semble que nous devons en être conscient dans notre action », a alerté Laurence Parisot.
« Jamais de mémoire d’homme nous n’avons été face à de tels risques que ce soit sociaux, politiques, militaires, technologiques. Jamais nous n’avons été avec une telle combinaison. Et il me semble que nous devons en être conscient dans notre action », a alerté Laurence Parisot.
(capture)

« Depuis quelques minutes vous êtes en train de vous dire mais qu’est ce que c’est que ce discours de clôture ? Qu’est ce que c’est que cette vision plus noire que noire qu’elle nous exprime ? » Laurence Parisot a surpris son auditoire ce vendredi 3 février 2017. Invitée à Deauville pour clôturer les 25e rencontres de l’Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae), l’ex-patronne du Medef a saisi l’occasion pour sonner l’alerte.

De l’espérance à la méfiance

« Les évènements récents tout à fait graves m’ont incité à vous dire un certain nombre de choses peut-être moins équilibrées de ce qu’avait été ma première intension »,  a commencé l’ex présidente de l’Ifop avant de préciser sur un ton grave : « Je me devais ce matin de m’adresser à vous spécialistes du risque. Je me devais de vous dire que dans le monde d’aujourd’hui nous pouvons passer à une vitesse aussi rapide que celle de la lumière de l’espérance à la méfiance et parfois du rêve à la douleur ».

« Jamais de mémoire d’homme nous n’avons été face à de tels risques »

Laurence Parisot s’est alarmé de la poussée des haines dans le monde. « Jamais il n’y a eu autant de territoires de haines », s’est-elle exclamée. Et l’ex présidente du Medef d’égrener les exemples : de Trump « qui en quelques jours crée un mouvement comme on n’en a pas vu aux Etats-Unis depuis les années 1960 », à « la violence inouïe et acharnée qui s’exprime dans les médias » à l’égard de François Fillon et son épouse, en passant par « le populisme qui suinte, qui transpire » et sans oublier la menace terroriste. « Jamais de mémoire d’homme nous n’avons été face à de tels risques que ce soit sociaux, politiques, militaires, technologiques. Jamais nous n’avons été avec une telle combinaison. Et il me semble que nous devons en être conscient dans notre action », a alerté Laurence Parisot.

Pour la création de comités des risques

Face à cette montée des risques de toute sorte, l’oratrice a émis plusieurs recommandations. En commençant par le dialogue. « Ne jamais perdre de vue la qualité, la force qu’un échange produit », a-t-elle martelé en préconisant également de « détabouiser » les discours. L’ex patronne des patrons a aussi recommandé à toutes les entreprises de se doter d’un code de conduite. « Le code of conduct doit être plus important que tous les règlements intérieurs et il doit être parfaitement maîtrisé. Et plus que ça, il doit être l’outil de pilotage non seulement de la direction exécutive mais de la pensée stratégique du conseil d’administration », a insisté Laurence Parisot. Elle a enfin appelé les grandes entreprises à se doter d’un comité des risques à part entière. « On ne peut pas aujourd’hui traiter les risques par une séance spécifique du comité d’audit », s’est indignée la chef d’entreprise.

Le spectre Le Pen

Laurence Parisot a conclu son discours par un dernier avertissement aux accents prémonitoires. « Avoir été présidente de l’Ifop pendant 26 ans me fait dire que la France court un très grand risque qui est celui de voir Marine Le Pen être élue présidente de la République dans trois mois. Je m’en serais voulu de ne pas vous l’avoir dit parce que j’espère qu’en vous le disant je contribue avec vous à l’éviter. »

 



Effectuer une autre recherche

Rechercher