Elite se retire du marché de l’assurance construction

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La décision de cette compagnie basée à Gibraltar inquiète les courtiers et professionnels du BTP. Et elle ne va pas forcément améliorer  l’image des assureurs européens intervenant en LPS, libre prestation de services.

En France, l'assureur Elite intervenait essentiellement auprès de TPE et PME du BTP
En France, l'assureur Elite intervenait essentiellement auprès de TPE et PME du BTP
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« A compter du 5 juillet 2017, Elite Insurance cessera la souscription d’affaires nouvelles et le renouvellement des contrats en cours à leur échéance». C’est en ces termes que Jason Smart, CEO de l’assureur basé à Gibraltar, a annoncé le « run-off » de son activité (littéralement « liquidation ») dans un bref communiqué.
Spécialisé dans l’assurance dommages, la RC Pro et la protection juridique, Elite réalise la majeure partie de son activité au Royaume-Uni. Ses contrats  étaient jusqu’ici distribués en France par cinq intermédiaires : SFS (mandataire d’assurance basé au Luxembourg), EISL (courtier britannique spécialiste de l’assurance construction), ProFirst (courtier en assurance professionnelle, filiale d’Assu2000), Acton Insurance (courtier grossiste basé à Nice) et le réseau United Brokers International. Dans l’Hexagone, Elite a essentiellement souscrit des garanties DO, RCD et RC pro, auprès d’une cible de professionnels du bâtiment, principalement des TPE-PME, affichant des chiffre d’affaires compris entre 200 et 300 K€.

Inquiétudes dans le secteur

En France, on estime à 10 000 le nombre de professionnels du BTP assurés chez Elite, et donc directement concernés. Inquiets, la plupart se sont logiquement tournés vers leurs intermédiaires pour savoir ce qui allait advenir de leurs contrats et surtout des garanties qu’ils avaient souscrites.

Dès l’annonce d’Elite, ses distributeurs en France ont tenu à rassurer leurs clients et partenaires, d’abord sur leur site puis par courrier. «Tous les engagements pris par la compagnie Elite au titre des contrats souscrits et renouvelés par l’intermédiaire de SFS EUROPE jusqu’à ce jour seront honorés (gestion des contrats et des sinistres, paiement des indemnités et exercice des recours). C’est la compagnie de réassurance néo-zélandaise CBL Insurance, notée « A » auprès de l’agence AM BEST, qui continuera de procéder aux règlements des sinistres comme c’est déjà le cas depuis 8 ans », a ainsi expliqué Antoine Guiguet, DG de SFS, avant d’ajouter : « Pour tous les contrats à échéance, nous proposerons leur basculement aux meilleures conditions possibles auprès des compagnies d’assurance CBL Insurance Europe et/ou Alpha ».

Même son de cloche du côté d’EISL, en la personne de Pierre Galeon, son DG : « Nous allons mettre en place une transition sur mesure pour chacun de nos courtiers partenaires pour remplacer leur portefeuille de polices d'assurance souscrit auprès d’Elite, par la compagnie CBL Europe, assurant ainsi une continuité pour les clients.».Quant à Hildegard Albers, dirigeante d’Acton Insurance, la solution se trouve pour elle outre-Manche : « Nous avons entrepris des démarches pour replacer l’ensemble des affaires à l’échéance auprès du Lloyd’s de Londres dont nous sommes coverholder.»

L’image de la LPS mise à mal

Après la mise en liquidation judiciaire de Gable Insurance AG, assureur basé au Liechtenstein, en décembre 2016, c’est un nouveau coup dur porté à la réputation des assureurs en LPS, qui souffrent déjà de suspicions quant à leur solvabilité et pérennité sur un marché de risques longs nécessitant des provisions importantes. Pourtant, dans le cas d’Elite, rien ne permet de présumer d’un défaut de fonds propres… Quoi qu’il en soit, sur un secteur en pleine reprise, aux capacités excédentaires, « aucune augmentation de prix ou instabilité de marché ne sont à redouter suite à la décision d’Elite », rappelle SFS. Nul doute que les courtiers et professionnels du BTP assurés chez Elite vont néanmoins attendre d’avoir entre les mains leur nouveau contrat à entête de CBL Insurance, d’Alpha ou du Lloyd’s pour être rassurés. Avant, peut-être, de revenir vers des assureurs français… ?



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