Finance islamique : l’Afrique, un nouveau relais de croissance

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En quête de nouveaux relais de croissance, les institutions financières islamiques commencent à s’intéresser à l’Afrique. Ses principaux représentants se sont réunis, mercredi 28 et jeudi 29 janvier à Casablanca, à l’occasion de la 6e édition du forum africain de la finance islamique.

Casablanca, Maroc.
Casablanca, Maroc.

Et si le continent africain devenait un nouvel eldorado pour la finance islamique ? A l’occasion de la sixième édition du Forum africain de la finance islamique, organisé par Finéopolis consulting, qui s’est tenu à Casablanca mercredi 28 et jeudi 29 janvier, plusieurs acteurs de la finance islamique sont revenus sur les perspectives de développement qu’offre le continent africain.

Sur le plan international, les actifs bancaires islamiques pèsent 1 800 Md$, soit à peine 1,3% du total des actifs financiers. Pour autant, depuis ces cinq dernières années, le taux de croissance de la finance islamique a fait un bond de 17%.

Les pays du Golfe et la Malaisie concentrent à eux seuls plus de 52% de ces actifs et restent les marchés de référence. La pression sur ces pays pour trouver des opportunités d’investissement qui respectent les règles de la charia et de nouveaux relais de croissance est, selon Finéopolis consulting, de plus en plus grande.

Taux de croissance de 4,8%

Dans ce contexte, plusieurs institutions financières islamiques commencent à regarder de nouveaux marchés, et notamment en Afrique. Ces institutions financières sont encore peu nombreuses à opérer sur le continent – à peine une vingtaine alors qu’on en dénombre au total près de 1000 –, mais la donne pourrait changer. Avec un taux de croissance estimé à 4,8%, et à plus de 7% en Afrique de l’Ouest, l’Afrique francophone ne laisse pas les investisseurs indifférents. Plus de 44% de la population est musulmane, mais le montant des actifs bancaires islamiques s’élèvent seulement à 400 M$ .

«Les infrastructures sont à construire ou à consolider, la population jeune et le taux de bancarisation encore faible», avance, enthousiaste, Youssef Baghdadi, président du directoire de Dar Assafaa, filiale du groupe bancaire marocain Attijari Wafa Bank, créé en 2010 pour distribuer des produits alternatifs.

Le Maroc nourrit une ambition régionale

Sur ce marché, le Maroc, qui a adopté en novembre 2014 un cadre réglementaire autorisant la création de banques islamiques et l’émission par les entreprises privées d’obligations conformes à la charia, nourrit une ambition régionale. «Le pays doit devenir le hub francophone pour le développement de la finance islamique», a ainsi lancé Youssef Baghdadi. Et de rappeler la présence des principaux groupes bancaires marocains dans la région, leurs connaissances des marchés africains et également le rôle joué par  Casablanca Finance City, qui permet de bénéficier  des conditions avantageuses, notamment sur le plan fiscal, pour accompagner les entreprises marocaines sur le continent.

«De nombreux pays du continent dépendent de leurs ressources naturelles. La finance islamique peut devenir un outil de diversification de leurs actifs. C’est une chance pour le continent», a insisté Abdelmalek Alaoui, fondateur du cabinet de conseil Global Intelligence Partners.

 



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