Gestion des risques climatiques : les assureurs peuvent mieux faire !

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Selon une étude d’Asset Owners Disclosure Project (AODP), les assureurs européens seraient  plus sensibles, en tant qu'investisseurs institutionnels, à la gestion des risques climatiques que dans d’autres régions géographiques. Mais il y a de nettes marges de progrès, notamment comparé aux fonds de pension.


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Peut beaucoup mieux faire. C’est en substance la conclusion à laquelle est parvenue l’association Asset Owners Disclosure Project (AODP) à l’occasion de la publication aujourd’hui de son indice annuel sur le changement climatique (Global Climate Change 500 Index 2016). Les leaders de l’assurance mondiale seraient ainsi à la traîne des fonds de pension lorsqu’il s’agit de gérer au mieux les risques climatiques. L’étude a comparé l’action de 116 assureurs mondiaux avec celle de 324 fonds de pensions, chacun des secteurs gérant respectivement plus de 15 milliards de milliards de dollars d’actifs. D’après l’étude qui classe les investisseurs institutionnels dans leur ensemble, les plus mauvais élèves européens seraient l’allemand Talanx et le belge Ageas. Le premier assureur du classement, Aviva, n'occupe que la 22ème place, tandis que le second, Axa, pointe à la 44ème.

Les fonds de pension font mieux

Au global, 1% des assureurs calculent l'impact des risques liés au changement climatique sur leurs actifs (15% chez les fonds de pension), et 5% mesurent les émissions de carbone générées par leurs actifs (13% chez les fonds de pension). Il ressort également que seuls 12% des assureurs gérant un quart des actifs de l’indice d’AODP prennent des mesures adéquates pour atténuer les risques climatiques, comparé à 23% des fonds de pension. Une tendance qui ressort aussi dans l’investissement en ressources dédiées : seuls 8% de l’ensemble des assureurs mondiaux disposent d’équipes dédiées à l’intégration du risque climatique dans le processus d’investissement, comparé à 16% chez les fonds de pension.

Inertie américaine

L’étude relève aussi une différence géographique notable : près d’un assureur européen sur quatre disposant de quelque 42% des actifs régionaux prend des mesures appropriées en matière de gestion du risque climatique. Aux Etats-Unis, seuls Hartford Financial Services Group et Prudential Insurance prendraient des mesures adaptées. En revanche, l’inertie de trois assureurs américains sur cinq, représentant 60% des actifs régionaux, ferait peser un risque important sur quelque 954 Md$, soit un tiers des actifs sur ce continent. La situation serait encore plus inquiétante en Asie où seule the People’s Insurance Company of China (PICC), prendrait des mesures de gestion du risque climatique adéquates. A l’inverse, 12 « retardataires », pour reprendre les termes de l’étude, n’agiraient pas. Une attitude, qui selon AODP, pourrait mettre en danger quelque 2,5 milliards de milliards de dollars d’actifs.



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