Humanis vante les bienfaits de la province

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Fermeture d’un site, mesures incitatives à la mobilité géographique... Depuis quelques mois, le groupe de protection sociale Humanis cherche à transférer une partie de son activité en province. Objectif : réduire ses coûts d’exploitation, mais aussi répondre à des problématiques d’emploi.


Robert Daly/ Getty images

Dans le cadre de son plan stratégique « Humanis en grand 2018 », le groupe de protection sociale annonçait en septembre 2015 avoir construit un programme d’efficacité et de compétitivité intitulé PEC’H pour réduire ses charges d’exploitation récurrentes de 10 % à 15 %, en misant notamment sur la rationalisation de l’immobilier. Douze mois plus tard, cet objectif est en passe d’être atteint. « À la suite des différentes fusions dans le groupe, nous avons deux sites configurés comme des sièges ­sociaux dans l’Est de Paris. Pour des raisons d’optimisation, nous allons en fermer un à partir de juillet 2017 », explique aujour­d’hui Ludovic Lézier, directeur des ressources humaines d’Humanis. En l’occurrence, il s’agit du site de Montreuil, ex-siège social de Novalis Taitbout.

Économies réalisées au travers de cette opération ? De 4 à 5 M€ par an, « qui correspondent à la différence de gestion entre un site de 650 personnes que nous quittons en repositionnant nos collaborateurs entre nos sites de ­Malakoff et Val-de-Fontenay, et un site temporaire de 250 positions que nous allons mettre en place », précise le DRH du groupe.

Des mesures stimulantes pour les salariés...

Si Humanis compte transférer des salariés travaillant à ­Montreuil sur d’autres sites parisiens, il table aussi sur le départ de certains de ses collaborateurs en région. Car en parallèle de ce programme d’efficacité, le groupe paritaire et mutualiste étudie depuis plus d’un an les options permettant de développer les opportunités d’emplois hors Île-de-France. Son objectif : créer 400 postes en province d’ici à 2018. Dans ce cadre-là, le 23 juillet 2015, la direction d’Humanis et deux organisations syndicales représentatives (CFDT, CFE-CGC) ont signé un accord de gestion prévisionnelle des emplois, des compétences et des carrières (GPE2C) pour inciter les salariés à la mobilité géographique volontaire.

Présent sur 70 sites en France, Humanis est aujourd’hui implanté principalement dans trois régions : l’Île-de-France (Paris, Malakoff, Garges, Montreuil et Val-de-Fontenay, soit environ 2 500 salariés), le Centre–Val de Loire (Blois, Olivet et Saran soit 2 000 salariés) et les Hauts-de-France (Lille et Arras, soit 1 000  salariés). « Or, notre objectif est de faire du transfert d’activité et de rééquilibrer nos bassins d’emplois au bénéfice des territoires », ­explique Ludovic Lézier. De fait, pour inciter ses salariés à quitter Paris, Humanis n’a pas hésité à mettre les moyens. Parmi les mesures d’accompagnement que le groupe de protection sociale a inscrit (voir ci-contre) dans son accord du 23 juillet, figurent ainsi un budget forfaitaire déménagement de 12 500 € bruts, ou encore des frais afférents au soutien à la recherche d’emploi ou à la formation pour le (ou la) conjoint(e) d’un montant de 3 000 € TTC maximum.

Inciter les salariés à quitter Paris

  • Un budget forfaitaire déménagement de 12 500 € bruts Ce montant est réservé aux salariés réalisant une mobilité géographique d’Île-de-France vers la province. Il est par ailleurs majoré de 500 € bruts par conjoint(e) et de 250 € bruts par personne à charge fiscalement.
  • Une aide à la recherche d’emploi pour le conjoint S’agissant du conjoint, concubin ou partenaire d’un Pacs, les frais afférents au soutien à la recherche d’emploi par un prestataire ou à la formation seront pris en charge dans la limite de 3 000 € TTC.
  • Une prise en charge des frais de déplacement Afin de découvrir son nouvel environnement géographique, le salarié en voie de mobilité peut bénéficier d’une prise en charge des frais de déplacement, d’hébergement pour une nuit et de restauration pour lui et son (ou sa) conjoint(e).
  • Un accompagnement dans la recherche d’un logement Les organismes d’action logement (tels que le 1 % logement) aident les salariés concernés par une mobilité géographique.

... qui soutiennent une logique de baisse des coûts

De quoi en faire réfléchir plus d’un. « Dans le cadre des entretiens annuels de performance de cette année, environ 150 franciliens ont exprimé leur intérêt pour une mobilité géographique hors Île-de-France », se félicite Ludovic Lézier. Car il faut bien voir une chose : ce dispositif s’inscrit dans une logique économique. « Entre Paris et la province, la différence du coût d’exploitation d’un immeuble peut être de 15 % », précise le DRH, qui réfute toutefois l’idée de vouloir accroître, par la même occasion, la productivité du groupe.

Et pourtant, l’accord du 23 juillet 2015 est on ne peut plus explicite. « Pour accéder aux mesures, le déménagement du salarié suite à changement de site doit conduire à la réduction du temps de trajet aller et retour d’au moins une heure par jour » précise le texte. « La gestion du temps des transports est souvent polluante pour le salarié. S’il est plus disponible, autrement dit s’il se sent mieux, car débarrassé de ses problèmes de déplacements travail-domicile, le salarié produira certainement davantage », reconnaît Marie-Claire Pelloie, déléguée syndicale centrale CFDT d’Humanis.

Pour elle, ce plan d’accompagnement à la mobilité est également une réponse à la gestion des ­effectifs en province, où certains postes sont difficiles à pourvoir du fait de leur situation géographique. Mais aussi à Paris, où le groupe prévoit de supprimer plusieurs postes. « Un exemple : Lille et Montreuil se partagent aujour­d’hui l’activité intitulée « Aide individuelle en action sociale ». Or, il est convenu que les personnes ­issues de ce service et qui partiront de Montreuil au cours des prochains mois, ne seront pas remplacées », précise Marie-Claire Pelloie.

Toujours est-il que cette stratégie fonctionne : sur les 539 postes pourvus depuis le début de l’année chez Humanis, 332 correspondent à de la mobilité interne, soit un taux de 62 %. Tant et si bien que le groupe réfléchit d’ores et déjà à la possibilité de mettre en place un accord de télé­travail dès le début de l’année prochaine. Histoire de pouvoir reconfigurer les bureaux et ainsi abaisser (encore) les charges d’exploitation.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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